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Commonwealth : Décès de la reine Elizabeth II, 21 pays africains perdent leur reine 

C’est à l’âge de 96 ans, que la monarque la plus célèbre du monde est décédée, le 8 septembre. Celle qui restera une légende, laissera aussi une marque indélébile en Afrique, terre chère à son cœur.

Par Mérième Alaoui

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Les drapeaux ont été mis en berne au-dessus du palais de Buckingham et les « God Save the Queen” ont raisonné sur la BBC. La monarque la plus populaire de la planète s’en est allée ce 8 septembre, “paisiblement” dans son château écossais de Balmoral. Symbole mondiale de stabilité, elle a marqué à jamais son pays et son siècle. Elle a connu les plus grands de ce monde de Nehru à Charles de Gaulle ou Mandela, elle a accompagné 15 premiers ministres, a rencontré 12 présidents américains, tous les présidents français de Ve République… Dès l’annonce de sa mort, partout dans le monde, les hommages et les condoléances des chefs d’États n’ont cessé de pleuvoir. Sans oublier les personnalités de la culture, des affaires et des millions d’anonymes. 

“une figure publique extraordinaire et à la renommée mondiale », Cyril Ramaphosa

Sur le continent, Macky Sall, le chef de l’Etat sénégalais et président en exercice de l’Union africaine (UA), a salué « la mémoire de l’illustre défunte », « au parcours exceptionnel ». De son côté le président sud-africain, Cyril Ramaphosa a rendu hommage à “une figure publique extraordinaire et à la renommée mondiale qui a mené une vie remarquable. Sa vie et son héritage resteront gravés dans les mémoires de nombreuses personnes à travers le monde ». 

Signature du manifeste de Lukasa, qui condamne l’apartheid sud-africain, en Zambie en 1974

1962-1962 Sa Majesté la Reine avec les chefs de gouvernement du Commonwealth-Commonwealth.org

La reine Elizabeth II était très attachée à l’Afrique, où elle s’est rendue plus de vingt fois. C’est en février 1947, qu’elle découvre le continent lors d’un voyage en Rhodésie et en Afrique du Sud. Mais c’est sûrement son voyage de 1952, qui resta marqué à jamais dans sa mémoire. Alors princesse, en tournée au Kenya, c’est le 6 février qu’elle apprend le décès prématuré de son père le roi Georges VI. Elle devient donc reine à l’âge de 25 ans. Deux ans plus tard, en tant que souveraine, son premier voyage se tiendra en Libye. Elle se rendra ensuite au Ghana en 1961, avant de procéder, accompagnée de sa Première ministre, Margaret Thatcher, à la signature du manifeste de Lukasa, qui condamne l’apartheid sud-africain, en Zambie en 1974. Elle ne retournera en Afrique du Sud voir son “ami” Mandela (l’un des seuls à l’appeler par son prénom) qu’en 1995, à l’occasion de la fin de l’apartheid. 

« La psychothérapeute du Commonwealth »

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Chaque voyage en Afrique est l’occasion pour la souveraine de tisser de nouveaux liens pour renforcer le commonwealth auquel elle tenait beaucoup. « Elle est devenue la psychothérapeute du Commonwealth », plaisantait son défunt mari, le prince Philip. L’organisation, née à la première moitié du 20e siècle des vestiges de l’Empire britannique, pour maintenir des relations privilégiées avec ses anciennes colonies, entend se moderniser et, en Afrique comme sur la scène internationale, retrouver son influence. En 1952, lorsque la Elizabeth II arrive au pouvoir, il n’est composé que de quatre pays membres. C’est elle qui, après les décolonisations, a usé de sa diplomatie légendaire pour que des liens étroits soient maintenus avec ces pays. En particulier pour faciliter les échanges économiques. 

« La reine est morte… vive le roi »

Elle n’aura pourtant pas participé, en raison de sa santé, fragile, à la dernière réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth (CHOGM), organisée en juin dernier à Kigali. La manifestation ne s’était pas tenue en Afrique depuis l’Ouganda, il y a une dizaine d’années. Une grande première pour le Rwanda, pays jadis francophone, entré dans le Commonwealth en 2009.

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Parmi les 56 pays, les Africains sont aujourd’hui les mieux représentés avec 21 pays membres dont le Gabon et le Togo, pourtant sans lien historique avec le Royaume-Uni, les ont rejoints cette année. Ils perdent désormais tous leur, cheffe du Commonwealth… Mais “la reine est morte, vive leur roi” veut la coutume. C’est désormais le prince Charles, proclamé roi de Grande-Bretagne qui prend la tête de l’organisation. 

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