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Cofina, des incubateurs

Pour créer des emplois, à destination des jeunes en premier lieu, chacun y va avec son mode… d’emploi. Cofina, spécialisé dans le financement des PME et des entrepreneurs en Afrique, « StartUp House », présenté comme le premier incubateur créé par une institution financière dans la sous-région…

A Dakar, Abidjan, Lagos, Kigali… les incubateurs d’entreprises poussent tel des champignons. A côté des politiques gouvernementales, des initiatives privées voient le jour. Celle de Cofina*, le groupe présent en Côte d’Ivoire, en Guinée et au Sénégal, qui se qualifie comme « la première institution de mésofinance en Afrique », a bénéficié d’un lancement officiel en marge des Assemblées annuelles de la BAD, en mai dernier, à Abidjan. Rusé. Surtout, Cofina s’insère dans une niche en vogue : les incubateurs pour start-up. Au croisement de la finance traditionnelle et du microcrédit, Cofina, qui opère dans le secteur de la mésofinance, Cofina, à travers son produit, « Start Up Hourse » : un incubateur créé par le Groupe Cofina « en partenariat avec de grands groupes et structures évoluant dans des domaines d’activité variés (systèmes d’information, télécommunications, expertise comptable, assistance juridique et fiscale, communication, social media, formation en entrepreneuriat, etc.) , peut-on lire sur leur site. Nous contribuons au rayonnement de l’écosystème africain de l’innovation à travers 4 missions : l’accompagnement et le développement de start-ups innovantes ; la mise en relation des start-ups et des grands comptes ; l’organisation d’événements business fédérateurs pour les start-ups/entrepreneurs ; l’expérimentation de solutions innovantes et la promotion de l’innovation et de la culture de l’agilité au sein du Groupe Cofina. ». La période d’incubation des startups sélectionnées est de 12 mois. « Avec le développement des nouvelles technologies, les start-ups sont en plein essor sur le continent. Pourtant, 40% d’entre elles font faillite durant leur première année d’existence, notamment en raison d’un manque de financement et de l’absence d’accompagnement, explique le groupe, dans un communiqué. Spécialisé dans le financement des PME et des entrepreneurs en Afrique, le groupe Cofina annonce le lancement de Cofina StartUp House, le premier incubateur créé par une institution financière dans la sous-région ». Qui peut prétendre à ce service ? « Tous les projets innovants à fort potentiel de développement ». C’est large.

 

« Une solution qui offre aux start-ups sélectionnées un écosystème leur permettant de passer la phase particulièrement critique de l’amorçage »

 

Jean-Luc Konan, PDG de Cofina, est plus explicite : « Pour résoudre le problème de l’hébergement, de l’accompagnement et du financement, nous avons décidé de lancer Cofina StartUp House, une solution qui offre aux start-up sélectionnées un écosystème leur permettant de passer la phase particulièrement critique de l’amorçage ».  « C’est à ce niveau qu’on se démarque des autres qui vont vous remettre un chèque et vous lâcher dans la nature, indique un responsable du groupe. Le problème que rencontrent les jeunes entrepreneurs ce n’est pas tant l’accès au financement mais le développement-même de leur structure. Nous nous sommes là pour les aider à consolider les fondations de leur entreprise pour la rendre solide et compétitive avant qu’elle ne vole de ses propres ailes ». « Avec Cofina StartUp House, nous voulons participer à l’essor des champions de demain. Une génération d’entrepreneurs brillants existe déjà : il suffit de bien l’accompagner et de bien la conseiller pour qu’elle donne du souffle à l’économie africaine », conclut Jean-Luc Konan. « C’est sûr qu’il y a un besoin à ce niveau auquel les Etats ne peuvent clairement pas répondre. Ceci dit, Cofina n’est pas le seul sur ce créneau, il y a par exemple Teranga Capital, le premier fonds d’amorçage sénégalais qui vient de lever 3 milliards de francs CFA pour soutenir les entrepreneurs, souligne un analyste financier. C’est aux jeunes de saisir ces opportunités quand elles se présentent, à condition de ne pas perdre leur temps non plus et d’opter pour les concepts qui se rapprochent le plus de leur activité… et qui ne vendent pas du vent ». Encore que pour le savoir, il faut tester le produit. Les premières candidatures ont été recueillies, sur internet, au cours de l’été.

 

* Cofina a financé, depuis son lancement en 2013, 3 500 projets auprès de 1 509 entreprises dans ses trois pays d’intervention. Il compte 17 500 clients pour un total de bilan de 19 milliards de F CFA (28,9 millions d’euros). Le Groupe Cofina prévoit de s’implanter dans trois nouveaux pays en 2015 : Congo-Brazzaville, Gabon et Mali.


 

Par DBM