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Climat : un new deal pour une transition énergétique africaine juste

Déterminés à lutter contre le changement climatique, les États africains et européens ont acté lors du dernier sommet UE-UA la mise en place d’une stratégie commune pour parvenir à une transition énergétique juste sur le continent. Revue de détail. 

Par la rédaction

Dans la continuité du Partenariat pour une transition énergétique juste entre l’Afrique du Sud et des bailleurs de fonds internationaux, annoncé lors de la COP26 à Glasgow (31 octobre-13 novembre 2021), un nouveau cadre collectif d’élaboration de partenariats similaires pour le reste du continent a été présenté au cours du dernier Sommet Union européenne-Union africaine, tenu les 17 et 18 février.  L’enjeu est, il est vrai, de taille pour le continent africain dans la mesure où celui-ci devrait être la région du monde la plus touchée par le changement climatique, selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec), et ce malgré sa faible part dans la production des émissions de CO2 (3 % des émissions mondiales pour 20 % de la population planétaire). 

Accélérer l’accès de tous à l’électricité  et augmenter les contributions nationales

Pour réussir sa transition énergétique et atteindre les objectifs de développement durable (ODD), le continent devra s’évertuer à atteindre deux objectifs majeurs, à savoir « accélérer l’accès de tous à l’électricité » (600 millions d’Africains sont privés d’accès à l’électricité ou subissent des délestages récurrents) et « augmenter les contributions déterminées au niveau national », ont rappelé les participants à la table ronde sur les changements climatiques et la transition énergétique du sommet. Les délégations africaines et européennes se sont de fait accordées sur la nécessité de donner aux pays africains « le temps et les financements concessionnels nécessaires pour leur permettre de réussir une transition énergétique juste ». 

Dans le détail, les stratégies de mise en place de ces nouveaux partenariats devaient reposer sur l’engagement renforcé de chaque pays à décarboner son bouquet énergétique, y compris en sortant progressivement du charbon ; sur l’accroissement des ressources financières et techniques, grâce à des instruments adaptés, y compris des prêts concessionnels, des garanties et des subventions ; et sur un dialogue pragmatique, porté par le pays et axé sur les solutions, s’appuyant notamment sur des évaluations nationales fiables. Les participants à la table ronde sur les changements climatiques et la transition énergétique du sommet ont également insisté sur le fait que ces partenariats devaient être axés sur la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), une attention particulière étant en particulier portée à « l’accès à l’énergie, aux possibilités d’emploi, y compris pour les jeunes et les femmes, ainsi qu’à la mobilisation de nouveaux secteurs industriels et d’incubateurs d’innovation ». 

Un secteur privé sollicité 

Pour relever ces ambitieux objectifs, le secteur privé a été appelé à la rescousse, les entreprises européennes et des pays du G7 étant notamment « encouragées, lorsqu’elles lancent des projets dans le cadre de l’initiative pour une transition énergétique juste, à renforcer leur partenariat avec le secteur privé africain et à développer les contenus locaux, y compris grâce à des transferts de technologie ». 

Autant d’initiatives qui mises bout à bout, pourraient changer la donne. De fait, nombre d’avancées ont d’ores et déjà été réalisés : 20 millions de personnes supplémentaires accèdent à l’électricité chaque année en Afrique, ce qui est deux fois plus qu’il y a dix ans. Une dynamique positive en partie portée par quelques grands pays tels que la Tanzanie, l’Ethiopie et le Kenya, qui a multiplié par trois son taux d’accès à l’électricité en cinq ans grâce à des programmes de raccordement au réseau et de développement de systèmes off grid (production énergétique hors-réseau). 

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