A la uneActualité

Climat : « La transition énergétique mondiale doit être inclusive, équitable et juste »

Dans la course pour atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050, le vice-président nigérian Yemi Osinbajo a appelé les pays en développement à tracer leur propre chemin en adoptant une transition juste, une action climatique et une prospérité future pour alimenter leurs voies de développement.

« La transition énergétique mondiale doit être inclusive, équitable et juste, en tenant compte des différentes réalités des diverses économies et en s’adaptant à diverses voies vers le zéro net d’ici 2050  » a déclaré le vice-président nigérian Yemi Osinbajo dans son discours d’ouverture au Forum mondial de l’énergie de l’Université de Columbia. « Alors, qu’en est-il de la justice, de la justice sociale, de l’équité ? Ce qui n’est souvent pas suffisamment pris en compte dans la réflexion sur la transition vers des émissions nettes nulles, c’est le rôle essentiel que joue l’énergie, dans notre cas le gaz, pour catalyser le développement économique et soutenir la santé et les moyens de subsistance des populations, en particulier dans les pays les plus pauvres. »

Et de poursuivre : « Le Nigéria et les pays d’Afrique s’engagent en faveur d’un avenir net zéro, compte tenu notamment de leur vulnérabilité aux effets néfastes du changement climatique, et tous ont exprimé leur engagement à l’égard de leurs contributions nationales au développement dans le cadre de l’Accord de Paris, mais un soutien accru pour l’élaboration et la mise en œuvre de plans de transition énergétique robustes est nécessaire. » Osinbajo a déclaré. « Il est clair que le continent aura besoin d’investissements d’une ampleur sans précédent. Un mix énergétique compatible avec une trajectoire de 1,5 degré Celsius nécessiterait d’injecter 40 milliards de dollars par an en Afrique subsaharienne ; soit une multiplication par quatre par rapport aux 10 milliards de dollars investis en 2018. »

La « transition juste » est une nouvelle tendance dans le discours sur le climat

Le changement climatique est apparu comme le défi le plus pressant et le plus urgent pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), les idéaux de l’Agenda 2063 et l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris. Selon Jean-Paul Adam, directeur de la division Technologie, changement climatique et ressources naturelles (TCND) de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), la « transition juste » est une nouvelle tendance dans le discours sur le climat, qui évolue rapidement et qui fait référence à la réorientation délibérée des investissements vers des économies durables sur le plan environnemental et social.

La transition juste a gagné en importance ces derniers temps, alors que les pays réalignent leurs mesures de rétablissement post-pandémie et se préparent, par l’adoption d’engagements d’adaptation accrus, aux négociations mondiales sur le climat (COP26) prévues à Glasgow, au Royaume-Uni, en novembre 2021.

« Des pays comme les États-Unis, la Chine, le Japon et une grande partie de l’Asie et de l’UE font du gaz un pilier majeur de leurs stratégies »

« Des pays comme les États-Unis, la Chine, le Japon et une grande partie de l’Asie et de l’UE font du gaz un pilier majeur de leurs stratégies de décarbonisation sur plusieurs décennies, notamment en développant activement le gaz africain dans des pays comme le Mozambique, le Ghana, le Sénégal et le Nigeria pour l’exporter vers l’Asie et l’Europe, tout en limitant le financement des projets gaziers à usage domestique dans ces pays. » M. Osinbajo a noté qu’il mettait au défi les nations développées d’intégrer des mesures équitables et justes lorsqu’elles adoptent des mesures climatiques.

Les remarques du vice-président nigérian, qui amplifient le message climatique de l’Afrique, continuent de susciter et de générer de nombreuses réactions et réponses de la part des principaux groupes de réflexion sur l’environnement et des défenseurs de la justice climatique. Selon Todd Moss, du groupe de réflexion sur l’énergie, Energy for Growth Hub, les remarques d’Osinbajo constituent « une percée majeure dans la conversation mondiale sur ce que la justice climatique et l’action climatique signifient pour les pays pauvres en énergie et à faibles émissions ».

« Il est important de considérer qu’une transition vers une économie à faible émission de carbone aura un impact sur les secteurs existants et les communautés »

Il est important de noter que le discours d’Osinbajo reflète les efforts continentaux plus larges menés par la CEA visant à rajeunir la restructuration économique post-pandémique de l’Afrique dans un avenir vert et intelligent sur le plan climatique. « Une énergie fiable pourrait soutenir à la fois l’approvisionnement alimentaire et le secteur des soins de santé en fournissant un accès à l’électricité et à des solutions de refroidissement. » Le rapport Building forward for African Green Recovery récemment publié par la CEA indique franchement dans sa série de mesures de grande envergure visant à faire entrer le continent dans un nouvel avenir audacieux. « Il est important de considérer qu’une transition vers une économie à faible émission de carbone aura un impact sur les secteurs existants et les communautés. Une transition juste doit prendre en compte les effets potentiels de l’action ou de l’inaction climatique sur les communautés vulnérables. »

Des mesures incessantes et ambitieuses d’adaptation et d’atténuation du climat sont nécessaires pour contenir le réchauffement de la planète en dessous de 2 degrés. Ces mesures audacieuses, telles que décrites dans l’accord de Paris, visent à faire passer l’économie mondiale de la dépendance aux combustibles fossiles à des émissions nettes de carbone nulles.

Ce message est également disponible en : AnglaisArabe