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Chronique du Week-end Production de vaccins anti-Covid19 : l’Afrique, usine du monde ?

Tous les week-ends, le journaliste Daouda Mbaye, revient sur une actualité marquante de la semaine. Aujourd’hui, il s’intéresse à la course mondiale aux vaccins anti-Covid. Une opportunité pour l’Afrique, si…

 

Par Daouda Mbaye

 

Daouda MBaye-DR

Au moment où des politiques de relance sont mises en place un peu partout, l’Afrique ne compte pas être en reste. L’optimisme, qui sous-tend cette relance, est fondé sur les dernières découvertes de vaccins contre la Covid-19. Après le duo américano-allemand Pfizer-Biontech, l’américain Moderna Pharmaceuticals, puis le Chinois Sinopharm, ou encore le britanno-suédois Oxford Astra Zeneca, le duo Sanofi-GSK… les bonnes nouvelles se suivent et se ressemblent.

Un enjeu mondial

Aujourd’hui, après les conclusions d’essais cliniques de phases III approuvés, une course folle à la production de centaines de millions, voire de milliards de vaccins est lancée. L’enjeu est mondial. Si l’Inde va produire 100 millions de doses du vaccin russe Spoutnik-V, un certain nombre de pays africains se positionnent dans l’approvisionnement.

L’Afrique peut saisir sa chance sur ce dessein de soigner le monde. L’Afrique, si présente dans cet objectif louable. Doit-on rappeler le rôle joué par le docteur Onyema Ogbuagu, d’origine nigériane, dans l’élaboration du vaccin de Pfizer ? La mission américaine au Nigéria ne s’y est d’ailleurs pas trompée et a soutenu dans un Tweet, en guise de reconnaissance : « Les Nigérians contribuent au monde à maintes reprises. Nous tirons nos chapeaux au docteur Onyema Ogbuagu de Yale qui a aidé à développer un vaccin anti-Covid-19 ».

Tanger Tech City

Au Maroc, Khalid Aït Taleb, ministre de la Santé, vient d’affirmer que son pays se positionnait en producteur de vaccins en tout genre grâce à une plateforme de production de vaccins dans la ville technologique Mohammed VI de Tanger. En effet, le pays ambitionne d’approvisionner sa population, ses voisins maghrébins et l’Afrique Sub-Saharienne en vaccins, à partir de fin avril 2021. Une tendance qui s’inscrit en droite ligne des laboratoires Sothema. Pour rappel, Lamia Tazi, PDG de Sothema, était présente à la signature des accords Maroc-Chine. Cette industrie pharmaceutique marocaine revendique d’être la seule en Afrique à produire des seringues pré-remplies utilisables pour des vaccins prêts à l’emploi (doses injectables adaptées au contexte africain).

Who is next ?

Maintenant, il reste à savoir, qui peut faire quoi en fonction des exigences de conservation, de l’efficacité et des coûts. De l’Astra-Zeneca, efficace à 70% et qui repart en tests, mais peu exigeant en conservation (un réfrigérateur domestique suffit) et ne vaut que 4 $, à celui de Pfizer, efficace à 95%, mais qui rend 33 $ et demande une conservation hautement technique, en passant par Moderna 20 $ et 94,5% d’efficacité, Spoutnik-V qui revendique 92% d’efficacité… les géants du Nigéria, d’Afrique du Sud, de l’Egypte ou de la Tunisie ne tarderont pas à se manifester. Les décisions du dernier G20 virtuel et les actions de l’initiative Covax, pilier des vaccins à l’Accélérateur d’accès aux outils Covid-19 (ACT), codirigée par Gavi, la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), et l’OMS, semblent définir un nouveau modèle de collaboration et de préparation des futures pandémies. A noter que Gavi (The Vaccine Alliance), qui promeut des instruments de financement innovants pour démocratiser le vaccin, est soutenue par l’OMS, l’Unicef, la Banque mondiale et la Fondation Bill & Melinda Gates. D’aucuns défendent le fameux « One World Protected »…

 

 Par Daouda Mbaye

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