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Chronique du week-end Pour une industrie aurifère intégrée en Afrique

Plus que d’ordinaire, l’économie a le vent en poupe en ces temps de pandémie. Dans un continent qui regorge de ressources hydriques, d’or, l’heure est à des stratégies de développement inclusif pour répondre au chômage des jeunes, au sous-emploi des femmes et des handicapés. 

 

Par Daouda Mbaye

 

Les filons des vallées du fleuve Sénégal (Ngalam et Bambouk), mais aussi en contrebas du Fouta Djallon en Guinée, en Sierra Leone, au Soudan, au Niger, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Tanzanie ou dans les régions centrales et australes du continent, sont légendaires. Des zones, logées dans des pays, presque tous PMA (Pays moins avancés).

Au moment où nous rédigeons ces quelques lignes, l’once d’or a coté 1 837,80 $, se bonifiant de 1,88% par rapport à la veille. Le métal jaune a d’ailleurs atteint un plus haut au début du mois d’août dernier, dépassant les 2000 $ l’once !  Face à cette très bonne santé et sa qualité de valeur-refuge, l’or, élément important dans les réserves de change et dans la psychologie économico-financière, peut-être un tremplin aux économies africaines ! Dr Mallence Bart-Williams, serial entrepreneure sierra-léonaise, soulignait naguère ce paradoxe du non accompagnement des acteurs locaux pour valoriser les process d’industrialisation minière.

Les solutions

Des solutions passeraient par inaugurer des marchés officiels bien organisés et de renommée internationale, des Bourses de Matières Premières, capaciter des raffineurs industriels d’or, … Réglementer, réglementer et réglementer ! Pour ce faire, nos Etats soutiendraient le secteur privé à acquérir les dernières technologies en matière de Fonderies d’or.

Les qualités de l’or ne sont plus à démonter, comme je le précisais plus haut. Par sa contribution à des monnaies aux fondamentaux solides, le métal jaune ragaillardirait nombre d’économies aujourd’hui moribondes. Les affres de l’informel et de la migration clandestine qui pondèrent le développement aussi bien au Sud qu’au Nord, n’en seraient que de vieux souvenirs. Parmi les fonderies au monde accréditées par la London Bullion Market Association, quelques-unes accepteraient, sur l’autel d’une paix mondiale durable, un transfert de technologies. A défaut, conserver les meilleurs filons, prendre le temps qu’il faudra pour acquérir les qualifications nécessaires ne souffrant d’aucune négligence au top de la qualité, former des agents de maîtrise et ensuite créer une Association parallèle… à terme, il s’agira d’intégrer les types de lingots aux standards. Y-a-t-il pire que d’avoir un sac d’or invendu parce qu’en lots non conventionnels ? Saviez-vous que sur 50 Fonderies labellisées, seules 2 ou 3 fonderies sont africaines, à savoir la Rand Rafinery Ltd d’Afrique du Sud, la Fidelity Printers & Refiners du Zimbabwe, Managem au Maroc? Pourtant, le seul Japon en compte 9, l’Allemagne 3, la France 2… ?

Une organisation lissée

L’éclosion de marchés officiels d’or, autour des sites de production et dans les grandes capitales économiques, donnera naissance à d’indispensables processus industriels, pour produire des granulés d’or. Rappelons que ce sont ces derniers qui doivent être pesés pour la fonte de lingots monétaires. Derrière, il s’agira de produire des marques et poinçons, sachant qu’un lingot gravé doit comprendre un numéro de série, le sceau de l’essayeur du commerce, le poinçon de la société de raffinage et enfin le titre du lingot. En somme, une industrie aurifère intégrée…

La jeunesse africaine attend maintenant de leurs ainés, des lingots, fondus sur place par des fondeurs locaux pour approvisionner des marchés locaux dans une complémentarité qui garantirait des cours acceptables évitant des effondrements.  Elle revendique la fin de l’exportation d’or exploité contre quelques subsides…

Daouda MBaye

 

 

 

Chronicle of the weekendFeatured

The weekend chronicle An integrated gold industry in Africa

Every weekend, Daouda Mbaye, a journalist, revisits one of the important news of the week. Today’s topic, the importance of building a gold industry in Africa, one of the metal’s primary producer. 

 

By Daouda MBaye

 

More than usual, the economy is booming during the pandemic. In a continent with an abundance of water and gold resources, the time has come for inclusive development to answer unemployment questions of young people, women, and disabled people. The goldfields in the Senegal River area (Ngalam and Bambouk) and down the Fouta Djallon in Guinea, Sierra Leone, Sudan, Niger, Burkina Faso, Ivory Coast, Tanzania or in central and southern Africa are legendary. Areas located in the least developed countries.

When those lines are written, the price per ounce of gold is $1837,80, improving by 1,88% compared to the previous day. The yellow metal reached its highest level in August 2020, over $2000 per ounce. With this good health and its safe investment quality, gold, an essential element for exchange reserves and economic-financial psychology, could be a ramp for African economies. Doctor Mallence Bart-Williams, serial entrepreneur from Sierra Leone, highlighted the paradox that local stakeholders were not supported to value gold industry processes.

 

The solutions

 

Solutions would pass by the inauguration of official markets well organized and with an international reputation, raw material exchange markets, industrial gold refiners’ capacity, and regulating, regulating, regulating! Our states could support the private sector to access the gold foundry’s latest technologies to achieve it.

The gold’s quality doesn’t need to be demonstrated anymore, as I was saying before. By its contribution to local currencies, the yellow metal could boost numerous economies struggling today. The torments due to the informal sector, clandestine migration in North and South could be old memories. Among the world’s foundries accredited by the London Bullion Market Association, some could accept a technology transfer to improve a sustainable global peace. By default, to conserve the best goldfields, take the time to acquire needed skills until top training, train agent, and create a parallel association… Finally, it will be essential to integrate ingots into the standards. Is there a worst thing than having a gold bag unsell because it is not conventional? Did you know that on 50 labeled foundries, only 2 or 3 are in Africa, the Rand Refinery Ltd in South Africa, the Fidelity Printers & Refiners in Zimbabwe, and Managem in Morocco? On one other hand, Japan has 9, Germany 3, France 2…

 

A smooth organization

 

The emergence of official gold markets, near production areas, and significant economic capital will provide industrial processes to produce gold granules. Let’s recall that those need to be weighted for the melt of monetary ingots. After that, it will be necessary to produce brands and stamp to identify the ingots. To conclude, an integrated gold industry…

The African youth waits on its elders, for ingots melted here by local founders to supply local markets, guarantee acceptable prices, and avoid the collapse. It claims the end of the gold export against some subsides…