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Cart’Afrik Sinatou Saka « 2050 et nous… »

Journaliste, spécialiste de l’entrepreneuriat numérique, Sinatou SAKA est par ailleurs co-fondatrice de la plateforme Idemi Africa destinée à encourager la création de supports numériques dans les langues africaines sur la toile. Pour cette Cart’Afrik, elle nous projette dans l’Afrique de 2050…

2050 et nous…

En 2050, il n’y a plus de dialectes, d’idiomes mais simplement des langues.

En 2050, il n’y a plus de langues officielles ou langues non officielles, toutes les langues ont la même valeur et le même statut dans tous les pays africains.

En 2050, les langues africaines ne sont plus des objets d’études abstraites dans des universités occidentales. Elles sont aussi étudiées partout sur le continent par les Africains eux-mêmes.

En 2050, les élèves de Bujumbura, Dakar, Cotonou, Abidjan ou Nairobi apprennent à l’école en deuxième langue le swahili, le wolof, le pulaar au lieu de l’allemand ou de l’espagnol.

En 2050, en France, on enseigne aussi le mandingue à l’école ! Pourquoi pas finalement, si les maliens apprennent le français.

En 2050, outre les fondamentaux dans les langues africaines, on enseigne les mathématiques en pulaar en Afrique et le taux de réussite scolaire n’a jamais été aussi élevé.

En 2050, les langues africaines ne sont pas à la mode, non c’est ordinaire de parler le bambara sur Facebook, Twitter ou Tiktok.

En 2050, les films sur Netflix ou Amazon sont également sous-titrés en Wolof, swahili et en goun

En 2050, les Africains parlent leurs langues sur les réseaux sociaux et les Européens utilisent Google traduction pour comprendre ces conversations et ces discours.

En 2050, les films sur Netflix ou Amazon sont également sous-titrés en Wolof, swahili et en goun. Pour Netflix, son chiffre d’affaire n’a jamais été aussi haut.

En 2050, 50% du contenu sur Internet existe dans des centaines de langues. Le web est enfin inclusif.

En 2050, un podcast en swahili est l’un des dix podcasts les plus écoutés sur Apple Podcast et c’est normal, personne n’est surpris, nous l’avons tous intégré que c’était possible.

En 2050, ma tante qui n’a jamais utilisé Siri, dispose d’un assistant vocal virtuel qui lui parle le fon. Elle s’émerveille, elle entre enfin dans ce futur tant désiré.

En 2050, la traduction, ce formidable espace est partout et investit par des personnes talentueuses qui font la passerelle entre différentes cultures.

En 2050, tous les pays africains ont réalisé des traductions de leurs sites officiels dans plusieurs langues africaines.

En 2050, le plurilinguisme des Africains est enfin reconnu : ils mettent fièrement sur leurs CV qu’ils parlent le fon, le goun, le yoruba ou le mina.

En 2050, les langues africaines n’auront pas enfin la place qu’elles méritent, non, elles auront simplement une place.

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