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Actualité

Cart’Afrik, Rissani, le joyaux du sud marocain 

En août, ANA publie une série de tribunes sur des destinations africaines méconnues insolites. Des Cart’Afrik qui invitent à voir l’Afrique Autrement… Loin des paillettes de Marrakech, Rissani, l’âme du Maroc, l’essence de son africanité…

Par Mérième Alaoui 

S’imprégner de sa chaleur sèche et de sa douce odeur de terre cuite, cela se mérite. Seuls quelques avions par mois atterrissent sur le tarmac de la ville voisine d’Errachidia dans la région du Tafilalet, sud-est du Maroc. Autrement, il faut compter une nuit complète en voiture au départ de Meknès sur des routes sinueuses, pour rejoindre Rissani. 

Un séjour placé sous le signe du retour aux sources

Arriver la nuit c’est admirer les nombreuses étoiles qui s’imposent à nous. Accepter que ce séjour soit placé sous le signe du retour aux sources. Et laisser le rythme de cette ville aux portes du désert nous guider. Le premier réveil est marquant pour les citadins. Après un profond sommeil, il est tonique et serin… Le soleil très chaud dès l’aube est parfois atténué par une brise fraîche. Avant tous petits-déjeuners, des femmes protégées du drap noir local et des hommes souvent en larges habaya bleu et la tête couverte, se rapprochent du marché, des hanoutes (petites épiceries) en particulier les mardis, jeudis et dimanches.

Les maisons basses, aux tons rouges et petites fenêtres sont d’autant plus harmonisées par les petits cubes qui forment une rangée de mini-pyramides. La signature du Sud marocain qui délimitent les toits des maisons. 

Les prémices de la monarchie alaouite

Nous sommes bien loin de Marrakech, de ses hôtels de luxes, de ses piscines géantes et de ses enseignes mainstream. Mais surtout bien loin des sites de tourisme de masse. Il ne faut pas le regretter… Rissani, joyeux du sud marocaine, offre un autre visage du Royaume. D’autant que c’est ici que s’écrit les premières pages de l’histoire de la monarchie alaouite.  Au XIIIème siècle, Hassan al-Dakhil, l’ancêtre de la dynastie Alaouite était venu d’Arabie pour s’installer dans cette ville au climat familier. Au XVII ème siècle, Moulay Ali Chérif l’un des fondateurs les plus reconnus, a régné sur le Tafilalet et installé définitivement la lignée jusqu’à l’actuel roi, Mohammed VI. Toute la ville est tournée vers la place centrale, le mausolée qui porte son nom. 

Construit en 1666, le vaste édifice religieux a été rénové trois fois par les artisans les plus reconnus du Royaume. Les faïences d’une grande beauté révèlent une fois de plus le niveau d’excellence des petites mains marocaines. Les jardins intérieurs sont une promesse de fraîcheur et de calme sans égal. Les grands palmiers dattiers offrent leurs meilleurs fruits. 

L’âme du Maroc, l’essence de son africanité… 

Mais la vraie raison qui doit pousser les curieux à se rendre à Rissani, c’est qu’on y trouve l’âme du Maroc. L’essence de son africanité. Autrefois nommée Sijilmassa, la ville mêle Arabes et Berbères. Ils sont blancs, ils sont noirs mais tous ont une histoire commune avec cette terre. 

L’Histoire ne ment pas. Grace à sa position stratégique, Rissani était au Moyen-Age le plus important centre caravanier du commerce transsaharien. Quoi de mieux pour mélanger des populations? La ville est un concentré étonnant de l’histoire du Maroc et des pays africains limitrophes. 


Destination incontournable pour qui veut comprendre les secrets du Maroc

De générations en générations, les habitants ont à cœur de raconter l’histoire de leurs ancêtres et perpétuent ainsi leur mémoire. Il n’est pas rare que les Marocain.e.s de Rissani s’interpellent en fonction de leur lignée, « untel fils de untel, petit-fils de untel… ». Ici, l’homme ou la femme incarnent, qu’il ou elle le veuille ou non, un héritage. 

Destination incontournable pour qui veut comprendre les secrets du Maroc, inconnu de la plupart des Marocains eux-mêmes. Un bol d’air garanti…encore faut-il le mériter.