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Cart’Afrik : L’urbanisation de l’Afrique est une opportunité pour créer de grandes villes

Près de 40 % de la population totale de l’Afrique, soit environ 1,2 milliard de personnes, vivent dans des villes. Ce chiffre a augmenté de 20 % depuis les années 1960. Le taux d’urbanisation rapide des villes africaines est le plus élevé au monde. D’ici 2050, la population totale du continent devrait doubler ; 80 % des plus de 2,4 milliards d’habitants vivront dans les villes africaines. Cette situation crée à la fois une opportunité et un défi.

Par Danga Mughogho*

L’opportunité est économique. La vitesse remarquable de l’urbanisation devient un système auto-induit par lequel les personnes qui se déplacent des zones rurales vers les villes créent des opportunités de revenus, créant une demande de services, de transport, d’éducation et de logement. Le défi est celui de la durabilité et de la rapidité avec laquelle les villes peuvent faire face à cette explosion démographique tout en protégeant l’environnement et les ressources essentielles, en étant inclusives et en engendrant un bien-être social.

La planification urbaine doit se transformer


Dans ce contexte difficile, il est nécessaire de transformer la planification, la gouvernance et la réglementation urbaines. Les villes doivent être à l’avant-garde du développement urbain et tirer parti des innovations technologiques pour mieux faire face aux problèmes d’urbanisation. Dans le cas contraire, elles risquent de connaître une croissance et une expansion urbaine non planifiées et non réglementées, ce qui accroît la pauvreté. En outre, les plans d’urbanisme existants sont des reliques du colonialisme, qui penchent en faveur de l’élite et limitent encore davantage l’inclusion.

Prenez le changement climatique, par exemple. L’agenda vert n’est pas une priorité pour de nombreuses villes africaines, même en Afrique du Sud, qui compte parmi les pays en développement les plus progressistes du continent. Pourtant, investir dans ce secteur critique présente des avantages considérables : outre l’impact évident sur l’environnement, cela permet de créer des emplois verts, d’améliorer l’autonomie économique, de réduire la pollution et de gérer plus efficacement les ressources, telles que l’électricité et l’eau.

Un autre aspect qui doit être examiné attentivement par les urbanistes est l’endroit où s’installent les personnes qui viennent dans les villes pour chercher des opportunités de travail. Dans la plupart des cas, ils recherchent les terrains les plus proches des possibilités d’emploi, ce qui conduit à un étalement des bidonvilles. Cela crée des espaces qui s’accompagnent d’une pauvreté accrue et d’une informalité non réglementée, qui est devenue l’épine dorsale de l’économie africaine.

Une approche de l’ensemble de la société est nécessaire


Pour relever ces défis, il faut intégrer et communiquer. En Afrique du Sud, des rapports essentiels tels que le rapport 2021 sur l’état des villes du réseau des villes sud-africaines montrent que l’approche de l’ensemble du gouvernement et de la société est une solution efficace et nécessaire. Une approche fondée sur des solutions, accélérée par des crises telles que les sécheresses, les inondations, la corruption et la pandémie de Covid-19, impliquant toutes les parties prenantes d’une ville, du secteur public et privé à la société civile et aux citoyens, présente des avantages considérables par rapport aux moyens de gouvernance historiquement fragmentés et descendants de l’Afrique.

L’Afrique du Sud est notamment unique en ce sens que ses municipalités locales jouissent d’une plus grande autonomie, ce qui leur permet de générer leurs revenus et de gérer leurs besoins individuels de manière plus indépendante. Associées à l’intégration d’autres acteurs locaux, les municipalités locales ont beaucoup plus de pouvoir pour s’attaquer aux maux sociaux et créer des conditions de vie plus équitables, ce dont d’autres pays pourraient s’inspirer.

Permettre le commerce transfrontalier


La collaboration transcontinentale est également essentielle et l’Union africaine défend la nécessité du commerce transfrontalier pour contribuer à élever les sociétés et à réduire radicalement la pauvreté ; rien qu’en Afrique subsaharienne, quelque 37 millions de personnes sont touchées. La zone de libre-échange continentale africaine vise à relier les 1,2 milliard d’habitants du continent, répartis dans 54 pays, afin de créer un marché unique permettant d’acheter et de vendre des marchandises et de renforcer le potentiel économique de l’Afrique. Bien que des réformes politiques et des mesures de facilitation des échanges soient nécessaires, les échanges ont débuté le 1er janvier 2021 et la Banque mondiale estime que d’ici 2035, les gains économiques réels pourraient s’élever à environ 450 milliards de dollars.

Il n’est pas difficile de voir que la collaboration est vitale sur le continent, non seulement d’un point de vue commercial mais aussi pour permettre l’engagement de tous les groupes de parties prenantes de la société afin de traiter collectivement les nombreux problèmes qui sévissent dans nos villes. Réfléchissons aux possibilités qui existent dans nos villes pour tous nos concitoyens en nous efforçant de travailler ensemble pour atteindre nos objectifs de création de villes sûres, résilientes et inclusives, aujourd’hui et à l’avenir.

*Danga Mughogho est le responsable du programme des villes bien gouvernées de South African Cities Network.

Source Mail & Guardian

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