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Actualité

Cart’Afrik Bazoulé, l’écotourisme, une alternative à l’exode rurale


Le village de Bazoulé, au Burkina Faso, est réputé à la fois pour ses crocodiles sacrés mais aussi pour la gestion de l’activité touristique, entièrement aux mains des habitants du village, et qui a permis un réel développement économique et social. 

Par Dounia Ben Mohamed

Il était une fois Bazoulé… Un village situé à 30 km de Ouagadougou devenu la destination touristique privilégiée des Ouagalais et des visiteurs pour sa fameuse mare aux crocodiles sacrés. Selon la légende,quand les premiers hommes sont arrivés à Bazoulé, tout n’était que forêt. Point d’eau. Un jour, des femmes croisent des crocodiles. En les suivant, elles découvrent la marre. Pour les sages du village, les crocodiles ont ainsi sauvé le village. Depuis, les crocodiles sont considérés sacrés et hommes et reptiles vivent en parfaite harmonie. De quoi attirer bien des curieux. Et à Bazoulé, qui signifie en moré, la langue locale, « la terre des hommes qui ne sont pas bêtes », les villageois ont compris l’intérêt de créer une activité touristique autour des crocodiles pour développer le village. Les jeunes surtouts. A travers l’Association Tourisme et développement de Bazoulé, ATDB, créée en 1998. 

Un exemple en termes de d’éco-tourisme

Pour rendre le site plus attractif, l’offre touristique a été enrichie. Artisanat ; rencontre avec la chefferie, les villageois, visite du village pour une initiation au mode vie rural ; hôtellerie avec la création d’un centre d’hébergement traditionnel, des cases mais avec un minimum de conforts ; restauration… Dernière nouveauté, un musée. Résultat, en 2012, malgré la crise au Mali, le site reçevait plus de 10 000 visiteurs. Parmi eux, 60 % de nationaux. Des scolaires également. « Notre village s’est profondément modifié grâce au développement du tourisme, observe Alphonse. Au niveau économique, des mentalités surtout. Les jeunes ne cherchent plus à aller en ville. » Grâce aux recettes du tourisme, une école et un dispensaire ont été mis en place. « On parraine des enfants pour payer leurs frais de scolarité, on vient en aide aux aînés, quand la récolte n’est pas bonne on achète du maïs pour nourrir la population… » Le personnelle a également été renouvelé, mieux formé, plus compétents. Dans son développement, Bazoulé a bénéficié du soutien, conséquent, du Territoire de Belfort, jumelé avec la commune de Tanghin-Dassouri. 

L’objectif est avant tout d’accompagner les villageois afin de les amener à l’autonomie. En développant l’activité agricole notamment par l’adoption de bonnes pratiques. « Par exemple, au lieu de ne planter que du mil, on les encourage à diversifier, à laisser des terres enchère, à mettre en place des fausses fumières pour éviter l’engrais chimique, à introduire de nouvelles espèces au niveau de la végétation, au lieu de n’avoir que de l’eucalyptus, on peut avoir également des manguiers ce qui permet d’éviter les maladies causées par le manque de vitamine en diversifiant l’alimentation… » Une organisation et une réussite qui font de Bazoulé un exemple en termes de d’éco-tourisme. « Aujourd’hui, on discute avec les autorités pour délimiter la zone du village sur une superficie de 14 000 km², ce qui inclue Bazoulé et les petits villages aux alentours. Parce qu’avec l’extension de Ouagadougou, on a peur de voir les Ouagalais les plus nantis venir acheter des terres ici alors que la question de l’alimentation se pose tous les jours. »