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CAN 2019 Une vitrine pour le retour des Pharaons sur le continent


C’est sans aucun doute la manifestation sportive la plus populaire du continent. Alors que le football est roi en Afrique, la Coupe d’Afrique des Nations est le RDV des amateurs de ballon rond sur le continent. Et cette année, l’épreuve se tient en Égypte, qui occupe par ailleurs la présidence actuelle de l’Union Africaine, et qui joue là son retour sur la scène continentale. 

Pour Bilkiss Mentari 

Des touristes ciblés par un attentat ; le décès de Mohamed Morsi, ancien leader des Frères Musulmans ; et des tensions sociales encore palpables alors que la répression contre les opposants et les journalistes se poursuit depuis la révolution de 2011… A la veille d’accueillir la 32ème Coupe d’Afrique des Nations, le pays hôte, l’Égypte, connaît une actualité brulante. Et pourtant, rien n’aura empêché les Pharaons de lancer le coup d’envoi, le 21 juin, de l’évènement sportif le plus populaire du continent. 

« L’Égypte veut faire de cet évènement une vitrine de son retour sur la scène continentale »

Si ce n’est pas un première pour l’Égypte, qui organise la compétition pour la cinquième, aujourd’hui, l’enjeu se veut différent cette fois en raison notamment de la situation socio-politique que rencontre le pays : traversé par le printemps arabe, l’Égypte est encore marquée par l’instabilité depuis la chute du régime Moubarak et la prise du pouvoir par les militaires avec à leur tête le maréchal El Sissi, à la tête du pays depuis 2014. 

Par ailleurs, en pleine reprise économique, en dépit de la menace terroriste toujours présence, et l’instabilité socio-politique, l’Égypte renoue avec la croissance depuis 2018 et s’est lancée dans une série de chantiers « pharaoniques ». Ainsi, l’Égypte veut faire de cet évènement une vitrine de son retour sur la scène continentale. D’autant qu’El Sissi occupe la présidence tournante de l’Union Africaine.  

Résultat, désignée en janvier, suite à la disqualification du Cameroun, écarté en raison du retard dans la préparation des infrastructures et de la situation sécuritaire, avec donc un délai très court pour assurer la logistique, c’est l’armée qui mène le jeu. L’organisation de l’évènement est entre ses mains tandis que 120 000 policiers ont été mobilisés pour assurer la sécurité, assistés par des drones qui survoles les sites concernés. La tarification, élevée, et l’achat des billets, conditionné au profil du participant, aura limité l’accès aux stades à une catégorie de personnes. 

25 millions de dollars alloués à la compétition… pour des gains beaucoup plus importants

Sans oublier l’enjeu économique. L’Égypte a alloué environ 25 millions de dollars mais ses gains devaient être beaucoup plus importants. Alors que le pays hôte reçoit 20% de tous les revenus générés par le tournoi auprès de l’Union africaine, notamment les billets, les retransmissions télévisées, les publicités sur le terrain et tous les gains de la fédération, sans oublier toutes les recettes générées par la compétition (hôtels, commerces, artisanats, industries, etc.) 

En attendant le 19 juillet, et la finale, si l’Égypte compte parmi les favorises, il semble qu’elle a déjà relevé le pari. Et en vise déjà un autre : une candidature possible pour l’organisation des JO de 2032…