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Cart’Afrik Cameroun Le tourisme renaît dans les zones en proie à Boko Haram

Privé de touristes depuis 2013, l’Extrême-Nord du pays retrouve peu à peu son attractivité portée par sa réputation celle d’être la plus belle des régions du pays avec ses multiples sites touristiques.

Par Mahamat Ben Abdel, à Maroua 

Mai 2018. Une équipe de célèbres comédiens ivoirien (Gohou Michel) et burkinabé (Siriki et Souké de la série à succès les Bobodiouf), très connus en Afrique et même au-delà, effectuent le déplacement de la région de l’Extrême-Nord. Ils s’y rendent afin de tourner un long métrage non pas à Maroua (chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord), mais à Mindif et d’autres localités attrayantes et touristiques, cadres choisis pour leur mise en scène. Un déplacement anodin mais qui a un sens fort dans cette région en proie à des attaques répétées des djihadistes de la secte Boko Haram. Signe du retour peu à peu de l’accalmie. …

Plus d’une centaine de touristes européens… 

Ils sont une centaine de touristes européens à fouler le sol de la région de l’Extrême-Nord (depuis le début de l’année), destination déconseillée par les chancelleries européennes basées au Cameroun il y a deux à trois ans. Ce climat d’accalmie est à mettre à l’actif des actions concertées des Etats engagés dans la lutte cotre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad.  Selon les statistiques des responsables locaux du ministère du Tourisme et des Loisirs (Mintoul), des touristes Allemands et Polonais sont les plus nombreux (28 en novembre 2017). Pour le délégué régional du Mintoul, le chiffre d’affaires des opérateurs économiques dans le secteur est passé de 659 543 210 FCFA en 2015 à 857 733 236 FCFA en 2017. Et le nombre de visiteurs a progressé de 45 000 en 2015 à plus de 72 000 en 2017.

« L’Extrême-Nord est le poumon du tourisme national »

A l’aéroport international de Maroua (chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord), dans les hôtels et les agences de voyage, ça grouille de touristes. « L’Extrême-Nord est le poumon du tourisme national. Nous avons vécu une période de vaches maigres due au phénomène d’insécurité que nous connaissons. Pour l’instant, nous sommes dans une situation où nous voyons la lumière au bout du tunnel, dans la mesure où il y a des petits groupes de touristes qui viennent découvrir la région », se réjouit Norbert Stede, président régional du Syndicat patronal de l’industrie de l’hôtellerie et du tourisme. « La situation s’est nettement améliorée par rapport aux années 2014, 2015, voire 2016, période pendant laquelle nous avons touché le fond en termes de chiffre d’affaires. Il y a une nette amélioration depuis quelques mois», confirme Evelé Sikelnankai, comptable à l’Hôtel le Sahel à Maroua.

En attendant la réouverture des Parcs… 

En attendant le feu vert du gouvernement camerounais pour la réouverture des grands sites tels que le parc national de Waza et de Rhumsiki, fermés aux touristes à cause de leur proximité avec l’épicentre de la violence et par prudence, d’autres sites attirent à l’Extrême-Nord. C’est le cas du lac de Maga, le sultanat de Pouss, les cases en obus de Mourla, le pic de Mindif, la célèbre chefferie du village Oudjila ; le centre artisanal, la tannerie, le village artisanal de Maroua …la liste est loin d’être exhaustive. Au campement de Rhumski, Allemands et Polonais y ont passé de bons moments, en bénéficiant d’un accueil chaleureux. Dans un livre d’or au siège de la délégation régional du ministère en charge du tourisme, le touriste Allemand, Garting Werler écrit : «La diversité culturelle, l’ambiance dans les marchés et bien d’autres choses encore se vivent, elles ne se racontent pas ».


 

Par Mahamat Ben Abdel, à Maroua 

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