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Cameroun : Douala, l’émergence d’une nouvelle zone économique

Située à l’aile gauche du pont sur le fleuve Wouri, lorsqu’on vient du rond point Deido et à droite venant de côté du quartier  Bonabéri, la Base Elf devient petit à petit un espace de forte concentration économique. Si la voie qui conduit au site n’est pas des meilleures, l’endroit est un vivier de ressources financières. ANA a fait un tour dans cet univers économique où l’offre et la demande se côtoient.

L’érection de la cimenterie Dangoté, du milliardaire nigérian Aliko Dangoté, dans la zone, il y a trois mois, a impulsé un développement rapide de la nouvelle zone économique. Des camions chargés de ciment made in Cameroun y sortent à toutes les heures de la journée. Le sac de ciment Dangoté de 50 kg vendu à 4450  francs est le moins cher du pays. L’entreprise qui est en passe de donner son nom à l’ancienne Base Elf promet une production annuelle de 1,6 million de tonnes de ciment. « Il suffit de dire Dangoté pour que le taximan vous transporte dans la nouvelle zone économique », indique Alain Fiong, travailleur dans une entreprise de location d’engins lourds, rencontré sur les lieux. Juste devant lui, Olivier Batoum nettoie ses chaussures. Elles ont été salies par la boue sous une fine pluie. Ce dernier tient soigneusement une chemine en carton entre les doigts. A l’intérieur il ya un CV, une demande d’emploi et une photocopie de sa carte nationale d’identité. Il est accompagné de sa petite sœur. « Je suis venu avec ma petite sœur. Nous allons à Dangoté déposer nos dossiers pour un éventuel recrutement ». Comme Olivier Batoum et sa cadette, des dizaines de chercheurs d’emploi vont et viennent dans cette zone qui abrite de nombreuses sociétés. Entre autres, Spin, Satom, Razel, Schumberger et l’agence de promotion maritime.

Ici, il est difficile de rencontrer un chef d’entreprise sans rendez-vous. Partout, le temps est à la production. « Nous n’avons pas trop de temps. Les clients attendent et chacun doit être à son poste de travail. Il faut beaucoup de concentration pour satisfaire toutes les sollicitations »,  explique un chef d’équipe de retour de sa pause de midi.

La nouvelle zone économique de Douala dominée par l’industrie de transformation est devenue un véritable îlot d’affaires. Petits commerces, restaurants de fortune et buvettes s’y sont installés. « Nous trouvons notre compte ici. Les affaires marchent malgré les temps qui courent », confie un vendeur à la sauvette.

Le lieu dit Base Elf, qui servait de cadre dans le passé aux redonnées touristiques et aux manifestations culturelles, notamment la fête du Ngondo, se transforme chaque jour et Douala, la capitale économique du Cameroun, conforte, avec la nouvelle zone économique, sa place de leader économique dans la zone CEMAC. Les hommes d’affaires algériens et turcs y étaient en prospection, il y a 4 semaines.

La fin très prochaine de la construction du deuxième pont sur le fleuve Wouri et l’amélioration du réseau routier viendront bientôt donner une plus value dans le climat des affaires au Cameroun.


 

Par Pierre Eric Mbog Batassi

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