En Bref

Cameroun: «détérioration de la situation politique et sécuritaire» (UE)

L’Union européenne a mis en garde, dans un communiqué diffusé le 5 mars, contre une « détérioration de la situation politique et sécuritaire » au Cameroun après l’arrestation fin janvier du principal opposant, Maurice Kamto, et de plusieurs de ses sympathisants.

« L’arrestation et la détention prolongée de plusieurs dirigeants d’un parti de l’opposition, dont son leader Maurice Kamto (…), ainsi que l’ouverture de procédures disproportionnées à leur encontre(…) accroît le malaise politique au Cameroun », a déclaré la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, dans un communiqué. 

Maurice Kamto, principal opposant au président Paul Biya après la présidentielle d’octobre à laquelle il est arrivé deuxième, a été arrêté, ainsi qu’environ 150 personnes, à la suite d’une manifestation fin janvier. Ces derniers ont été présentés mi-février devant le tribunal militaire de Yaoundé, où une information judicaire pour des faits allégués d' »hostilité contre la patrie » et « insurrection », notamment, a été ouverte à leur encontre. Depuis, Maurice Kamto a plusieurs fois été convoqué par le parquet.

Dans son communiqué, l’UE s’est également inquiétée de « la persistance de la violence et des violations des droits humains dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun ». Ces deux région anglophones sont le théâtre d’un violent conflit armé depuis fin 2017. Des combats opposent régulièrement l’armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes. Selon l’ONU, 437.000 personnes ont été déplacées par le conflit. L’UE a estimé que « la réponse aux défis importants auxquels le pays est confronté ne pourra que passer par un dialogue politique inclusif » ainsi que par »le respect des libertés fondamentales ».