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Burkina-Mali Une zone économique spéciale annoncée comme riposte au terrorisme

En visite de 24 h le 3 avril dans la capitale du Burkina Faso, le chef du gouvernement malien Soumeylou Boubèye Maiga et sa délégation ont eu une séance de travail avec les autorités burkinabè tout le long de la journée. Au menu, la création prochaine d’une zone économique spéciale entre les deux pays pour lutter contre le terrorisme.

Par Ibrahima Sanou, à Ouagadougou

A l’ordre du jour de la visite du président malien au Burkina, seuls deux points. Essentiels ceci dit. Une séance de travail entre les représentants des Forces de Défense et de Sécurité des deux pays en présence des gouverneurs des Régions du Nord et du  Sahel (régions régulièrement touchés par les attaques terroristes). Une séance de travail sur la création d’une zone économique avec les représentants des ministères en charge du Commerce, des Finances, de l’Administration Territoriale et de l’Intégration africaine des deux pays en présence des gouverneurs des Régions des Hauts Bassins et de la Boucle du Mouhoun. La sécurité donc et le développement de la coopération économique, prônée comme une alternative  à la menace terroriste.

Une ZES « laboratoire de prospérité »

Ainsi, au terme des séances de travail, le premier ministre burkinabè Paul Kaba Thiéba a annoncé la décision prise par les deux pays de créer prochainement une zone économique spéciale. Laquelle partirait de Sikasso (Mali) à Bouaké (Côte d’Ivoire) en passant par Bobo-Dioulasso (Burkina Faso). « Ce serait une sorte d’îlot sur lequel, nous pourrons tester différentes politiques de développement en faveur de la population. Avec entre autre des petites et moyennes entreprises dans des secteurs comme la transformation des fruits, la transformation des produits agricoles, le développement de plateformes logistiques dans les trois pays pour pouvoir exporter les biens que nous avons produits chez nous ». Selon lui, cette zone sera un laboratoire de prospérité partagée pour les populations des différents pays donc une riposte ferme contre le terrorisme qui s’appuie sur la désespérance. « C’est souvent les injustices, les iniquités, les frustrations, la pauvreté qui exposent le plus souvent les populations à l’emprise des forces du mal ». Pour le premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maiga, l’idée d’une zone économique spéciale entre les régions frontalières des trois pays, vise à créer un environnement favorable à la prospérité des différentes activités économiques. « Notre objectif, c’est de faire de cette zone, une locomotive pour nos pays respectifs». Pour la concrétisation de l’idée murie à Ouagadougou, le premier ministre malien accueillera son homologue burkinabè dans les semaines à venir à Bamako. « Cette matérialisation se fera soit au plan bilatéral entre les deux pays, soit dans un cadre plus élargi avec la Côte d’Ivoire » selon  Soumeylou Boubèye Maiga.

Une démarche concertée : la riposte militaire en direction des plus radicaux, des espaces de dialogues et d’échanges avec les modérés

Sur la question sécuritaire, aura été décidé la prise en charge des populations qui ont été amenées à se déplacer de part et d’autre de la frontière des deux pays à cause de l’insécurité. « Notre responsabilité, c’est d’assurer la sécurité de ces populations avec l’appui des organisations humanitaires qui travaillent dans le même sens » a indiqué le premier ministre burkinabè Paul Kaba Thiéba. Son homologue malien a soutenu pour sa part que les deux pays ont de très fortes convergences de vues sur le fait que la riposte militaire est primordiale pour éradiquer les éléments les plus radicaux des djihadistes et ouvrir des espaces de dialogues et d’échanges avec les modérés pour leur offrir d’autres perspectives. « Pour cela, nous avons décidé d’adopter une démarche concertée entre nos pays parce que nous avons les mêmes communautés à nos différentes frontières ». Les deux premiers ministres annoncent la relance de tous les mécanismes de coopération entre leurs deux pays notamment la commission mixte avec les ministères des affaires étrangères et tous les acteurs concernés.


 

Par Ibrahima Sanou, à Ouagadougou