Diagnose Me est une plateforme numérique permettant l'identification, la gestion et le suivi en temps réel des cas suspects à la maladie à coronavirus
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Burkina Faso Diagnose Me, une appli qui suit en temps réel les cas suspects

Dans le cadre de la lutte contre la maladie à coronavirus (COVID-19) qui fait des ravages dans le monde depuis décembre 2019, une association de jeunes burkinabè appelée Faso Civic a développé, une application dénommée Diagnose Me qui permet la gestion et le suivi en temps réel des cas suspects du COVID-19. Opérationnelle à 60%, la disponibilité de Diagnose Me est annoncée pour bientôt. 

 

Par Ibrahima Sanou, à Ouagadougou

 

L’application Diagnose Me est le fruit du travail de jeunes burkinabè réunis au sein de l’association Faso Civic qui a été mis en exergue grâce au concours GENIE TIC édition 2017 et les marathons de développement de plateformes organisés par le Ministère du Développement de l’Economie Numérique et des Postes du Burkina Faso.

Diagnose Me est une plateforme numérique permettant l’identification, la gestion et le suivi en temps réel des cas suspects de la maladie à coronavirus et permet aussi de sensibiliser sur les moyens de prévention. «C’est juste une application mobile qui ne pèse pas du tout. Il faut juste la télécharger et l’installer. Il y a un questionnaire qui est là qui demande la température et d’autres questions par rapport au contact avec d’autres personnes infectées ou si on était dans un lieu déclaré zone infectée», explique Adama Sy Traoré membre de l’équipe de Faso Civic. Depuis l’apparition de cas positifs au Burkina Faso en début mars 2020, l’association travaille à adapter l’application en tenant compte des réalités du pays (langues, connectivité, appareils, etc…) pour  qu’elle soit accessible à la majorité de la population. Pour cela, l’équipe de Faso Civic s’est étoffée avec la participation à ses travaux, de deux étudiants Burkinabè de wuhan et elle bénéficie aussi de l’aide de personnes anonyme à travers le monde ainsi que de d’autres participants au concours.

« Nous protéger nous-mêmes, nos proches, nos concitoyens et de préserver des vies »

Selon Adama Sy Traoré, avec cette plateforme, chaque citoyen aura la possibilité d’évaluer les symptômes depuis son domicile afin d’obtenir un suivi et une prise en charge rapide par les agents de santé. «Cela permettra de nous protéger nous-mêmes, nos proches, nos concitoyens et de préserver des vies. A ce jour, la plateforme est opérationnelle à un taux d’environ 60%. Pour sa disponibilité, tout dépendra de la mise en place des infrastructures nécessaires à cet effet». L’Association a présenté le lundi 16 mars dernier, la plateforme à la ministre du Développement de l’Economie Numérique et des Postes, Madame Hadja Fatimata Ouattara/Sanon. Après une démonstration de la plateforme, Hadja Fatimata Ouattara/Sanon a félicité Faso Civic pour cette créativité et promis accompagner les initiateurs. «Le ministère se tient disponible pour les accompagner. Nous avons regardé, nous avons évalué et si on s’implique avec eux, en principe, au bout d’un moment, on doit pouvoir mettre cette plateforme en exploitation. Je pense que ça va vraiment aider».

 

La ministre de l’économie numérique, Hadja Fatimata Ouattara Sanon promet accompagner les initiateurs de Diagnose Me

 

L’association a développé Diagnose Me pour participer à un concours en ligne dénommé « Hack for Wuhan » organisé du 28 février au 8 mars 2020, par la Communauté Open Source Wuhan 2020 de la République populaire de Chine en vue de lutter contre la maladie à Coronavirus. A l’issue de la compétition qui a enregistré plus de 500 participants du monde entier répartis en 56 équipes issues de 33 pays, Faso Civic a été classée parmi les 12 équipes finalistes, avec son application. Selon le coordonnateur de l’Association Faso Civic, Adama Sy Traoré, leur participation au concours en ligne « Hack for Wuhan » leur a permis de vivre une expérience enrichissante auprès d’acteurs passionnés par la recherche de solution, la relève des défis, et l’engagement pour le bien-être des communautés. «Nous avons côtoyé et beaucoup appris des ingénieurs (mentors) qui interviennent dans de grandes firmes connu dans le domaine du numérique. Nous avons aussi développé l’esprit d’équipe et la collaboration à distance, puisque nous étions tous dans des pays et villes différents avec des fuseaux horaires opposés».