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BPI Génération Inno 2020 Liberté, fraternité… innovation !

L’édition 2020 de BIG, le rendez-vous parisien de l’innovation s’est tenu dans un contexte particulier, celui de la pandémie Covid-19 qui a frappé les entrepreneurs et l’économie française. Annoncée comme celle du « renouveau », cette édition aura mis à l’honneur l’Afrique, plus que jamais résiliente et innovante et source d’inspiration pour les entrepreneurs français.

 

Par Dounia Ben Mohamed, à Paris

 

 

Bravant la pluie et les restrictions imposées par la Covid-19, un millier de personnes, des entrepreneurs en premier lieu, des quatre coins du monde, se sont donné rendez-vous à l’Arena, à Paris pour la 6eédition de BPI Generation Inno. Dans un contexte plus que particulier, « une année un peu triste », ainsi que le rappelait l’hôte de cette édition, Nicolas Dufourcq, directeur de BPI France. Mais la Banque Publique d’Investissement française, plus que jamais déterminée à remplir sa mission, à savoir accompagner les entreprises tricolores, a saisi l’opportunité de ce rendez-vous, maintenu contre vents et marées, pour inviter les entrepreneurs à « accélérer » et participer au « renouveau » français, thème de l’édition.

 

 

« Une banque d’investissement comme la BPI, avec vous tous, la communauté des entrepreneurs, est là pour accompagner ce renouveau, sans céder à l’angoisse. Dans les mois qui viennent, il va falloir absorber ce stress sans se laisser contaminer, exhortera-t-il avant de poursuivre : Au printemps nous avons vécu une guerre éclair, il a fallu répondre à la crise cardiaque du 16 mars, où tout s’est arrêté (…) Le choc a été absorbé et le pont aérien de cash réalisé, on démarre un autre moment. On passe de la guerre éclair à une guerre de positions qui va durer plusieurs mois. » Invitant ses pairs à transformer « cette énergie négative » et à exprimer leur créativité, il souligne : « Le carburant de notre riposte, inscrit dans la deuxième strophe de la Marseillaise, liberté chérie, c’est bien de cela qu’il s’agit, un esprit de créativité. A savoir que seuls les gens libres sont créatifs, seule la créativité dure, le renouveau viendra de cette créativité. »

 

 

« Il y a tout un tas de secteurs dans lesquels nous avons des choses à apporter, une nouvelle image de ce que nous sommes et de ce que nous sommes en Afrique »

 

 

Un message repris, avec force, par le président français, Emmanuel Macron, lequel, après avoir énuméré les outils du « package » mis en place par le gouvernement pour accompagner ce « renouveau », encouragera les entrepreneurs français à se saisir des opportunités qu’offre l’Afrique, le Kenya tout particulièrement, invité d’honneur et notamment représenté par son chef d’État. Ce, sans attendre la fin de la crise. « Vous avez un marché extraordinairement jeune que le président stabilise alors que le pays fait face à tous les défis que doit affronter l’Afrique dont celui de la sécurité pour lequel il a fait un travail remarquable. Un point d’entrée à un vaste marché. Et des Français qui étaient très peu présents. Par habitude, parce qu’il n’est pas dans notre radar. Les choses ont profondément changé parce que le Kenya l’a voulu et le veut. Avec le désir de trouver de nouveaux partenaires. » Rappelant sa visite au Kenya, en mars 2019, « la première d’un chef d’État français ce qui est incroyable », qui s’est traduite par près de 2 milliards d’euros de contrats signéset par la suite par une plus grande présence des entreprises françaises au Kenya (une centaine parmi lesquels PSA, Accor, Carrefour…), il assure : « Il y a tout un tas de secteurs dans lesquels nous avons des choses à apporter, une nouvelle image de ce que nous sommes et de ce que nous sommes en Afrique. » Soulignant le lancement de Digital Africa, « une plateforme unique de connexion entre les entreprises françaises et africaines », il exhorte ses compatriotes : « Dans ce moment difficile, pour ceux dont l’activité n’a pas été touchée, n’attendez pas ! Oui on va vivre avec le virus encore un moment, mais plus on va être innovant, plus on va mettre de la technologie, moins on ira vers la réduction de nos activités. Nous avons une chose en tant que Français, nous savons innover ! Le monde d’après a déjà commencé. »

 

« Un marché d’1,3 milliard de consommateurs qui ont besoin de tout »

 

Une invitation également exprimée par le président kényan. « Cette pandémie nous a tous frappés, globalement, même si nous devons nous protéger, nous devons comprendre que le monde ne peut s’arrêter, the show must go on », a-t-il exhorté devant un parterre d’entrepreneurs français. « C’est une guerre mondiale, personne ne peut la gagner seul, on doit se battre ensemble ! » Ainsi, accompagné par une importante délégation kényane, parmi laquelle Betty C. Mainan, ministre de l’Industrie et du Développement des entreprises (Industrialization & Enterprise Development), Moses Ikiara, directeur de KenInvest (Kenya Investment Authority), Richard Ngatia, Président de Chambre de commerce et d’industrie kényane (KNCCI), Kiprono Kittony, président de la Nairobi Securities Exchange, ainsi qu’une multitude de chefs d’entreprise kényans, Uhuru Kenyatta, ne manquera pas de promouvoir sa destination auprès des investisseurs de l’Hexagone. « Les opportunités sont en Afrique. Et je suis ici pour cela ! » Des opportunités loin de se limiter au pétrole, au gaz et aux diamants soulignera-t-il avant de rappeler l’entrée en vigueur de la ZLECAf, « un marché d’1,3 milliard de consommateurs qui ont besoin de tout », ouvrant de nouvelles opportunités pour les industriels européens et français en particulier. A condition d’être innovant !

 

« Si depuis des années le Kenya s’est tourné vers la Chine, c’est parce qu’elle amène des financements »

 

En termes de mécanismes financiers notamment, point faible du « package français » ainsi que le concèdera Emmanuel Macron.  « Si depuis des années le Kenya s’est tourné vers la Chine, c’est parce qu’elle amène des financements. Mais, eux ne sont pas dans l’OCDE et ne respectent pas les règles du jeu, contrairement à nous. » Annonçant une nouvelle stratégie avec l’AFD sur cette question du financement « avec des lignes plus compétitives », il évoque « une équipe plus structurée et plus compétitive », composée notamment de l’AFD et son bras armé Proparco, BPI France et Business France. Et un rendez-vous supplémentaire, la tenue, au printemps prochain, d’un sommet « pour redéfinir ensemble les règles du financement de l’économie africaine ».

 

Reste à savoir si le Kenya dont l’économie est très endettée auprès de la Chine, aura les mains libres pour se trouver de nouveaux partenaires, français entre autres. En attendant, cette nouvelle ère dans les relations France-Kenya, cette collaboration a déjà été matérialisée par la signature d’un contrat, la veille, entre l’Unité de Partenariat Public-Privé et de l’Autorité nationale des Autoroutes du Kenya (KeNHA), la société Rift Valley Highway, filiale de VINCI Highways (mandataire), VINCI Concessions, et Meridiam SAS, pour le développement du projet d’autoroute Nairobi – Nakuru – Mau Summit. « Le plus grand projet routier jamais construit au Kenya », soulignera Kenyatta. Un PPP d’un montant d’environ 1,3 milliard d’euros.

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