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Botswana Une économie qui redémarre…

L’économie du Botswana devrait se redresser cette année, avec une croissance prévue de 8,3 %, grâce à l’amélioration de la demande mondiale de diamants, à l’assouplissement des restrictions à la mobilité et à la politique budgétaire expansionniste.

Par Bilkiss Mentari

La reprise devrait être inégale selon les secteurs, en fonction des améliorations de l’environnement intérieur et extérieur, tandis que les déficits de la balance courante et du budget devraient se réduire, reflétant l’amélioration attendue de la demande mondiale de diamants, l’élimination progressive des dépenses ponctuelles liées à Covid, et la mise en œuvre de mesures d’amélioration des recettes et de consolidation des dépenses.

Les pressions inflationnistes devraient augmenter temporairement à court terme, suite au rebond des prix du pétrole, à l’augmentation de la taxe sur les carburants et du taux de la taxe sur la valeur ajoutée, ainsi qu’à l’augmentation des prix administrés.

Toutefois, l’inflation devrait rester dans les limites de l’objectif central de 3 à 6 % à moyen terme.

Une « forte incertitude » liée à l’évolution de la pandémie

Les perspectives de croissance sont donc soumises à une forte incertitude, les risques à la baisse provenant principalement de l’évolution de la pandémie, de la disponibilité et du déploiement des vaccins, et des recettes diamantifères plus faibles que prévu.

En revanche, un déploiement plus rapide des vaccins au Botswana et dans le monde entier pourrait stimuler la croissance, tandis que la mise en œuvre résolue des réformes de l’offre pourrait promouvoir l’activité du secteur privé et diversifier les sources de croissance.

Dans le cadre du rapport du Fonds monétaire international (FMI) faisant suite à la conclusion des consultations au titre de l’article IV avec le Botswana, les administrateurs du FMI ont noté qu’une gestion prudente des ressources minérales et une série de politiques et de cadres d’action très solides ont permis au Botswana d’entrer dans la crise avec une marge de manœuvre budgétaire plus importante que la plupart des pays et ils ont félicité les autorités pour leur réponse décisive à la pandémie.

Toutefois, les administrateurs ont observé que la reprise prévue cette année reste soumise à des risques de détérioration, notamment en raison de l’évolution de la pandémie. Ils ont insisté sur la nécessité d’un déploiement réussi des vaccins pour soutenir la reprise.

Des réformes structurelles nécessaires

Pour l’avenir, ils soulignent la nécessité de s’engager résolument dans les réformes structurelles afin d’accroître la diversification, de relever les défis du changement climatique et de stimuler la croissance potentielle.

Les administrateurs sont également favorables au maintien d’un soutien ciblé aux entreprises et aux ménages jusqu’à ce que la reprise s’installe plus fermement, et ils se félicitent de l’assainissement budgétaire prévu par une combinaison de mesures portant sur les recettes et les dépenses, qui sera essentiel pour reconstituer les amortisseurs, se prémunir contre les chocs et créer un espace budgétaire pour les investissements axés sur la croissance.

Toutefois, les administrateurs notent que la poursuite de l’assainissement budgétaire nécessitera une réforme de la fonction publique, la rationalisation des organismes parapublics et l’amélioration de leur gouvernance, ainsi que le renforcement du cadre budgétaire.

Ils sont également favorables au maintien de l’orientation accommodante de la politique monétaire, tout en soulignant la nécessité de surveiller les effets de second tour des chocs d’offre et des mesures discrétionnaires sur l’inflation et les attentes, ainsi que l’évolution du crédit.

À cet égard, les autorités botswanaises ont été encouragées à utiliser la flexibilité du taux de change dans le cadre de l’accord de crawl existant pour aider l’économie à s’adapter aux chocs et faciliter la transformation structurelle afin d’améliorer la compétitivité.

Un secteur financier « sain » 

Le secteur financier étant considéré comme « sain », les administrateurs du FMI ont en outre encouragé les autorités à surveiller les risques, notamment en améliorant les rapports, en effectuant régulièrement des tests de résistance et en assurant une surveillance financière.

Ils ont toutefois convenu de la nécessité de maintenir un soutien ciblé aux entreprises solvables mais illiquides, tout en réduisant l’aléa moral, et ont souligné la nécessité de dénouer les mesures d’abstention liées à Covid à mesure que la crise sanitaire s’estompe ; ils ont également encouragé les autorités à clarifier le rôle des banques de développement et à approfondir le marché obligataire national.

Compte tenu de ce qui précède, les autorités ont été instamment priées de remédier aux lacunes qui subsistent dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme afin d’être retirées de la liste grise du Groupe d’action financière.

Les administrateurs ont souligné que la mise en œuvre réussie du plan de relance et de transformation économique est essentielle pour accélérer la transformation structurelle, créer des emplois et promouvoir l’inclusion. 

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