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Bénin : Le PSIE, un programme pour renforcer l’employabilité des jeunes 

Initié par le président Patrice Talon en 2020, le Programme spécial d’insertion des jeunes dans l’emploi (PSIE) a pour ambition d’aider les jeunes diplômés béninois à acquérir une première expérience professionnelle. Revue de détail d’une initiative à suivre. 

Par Ulrich Viany, à Cotonou

Lancé officiellement le 15 juin 2020, le Programme spécial d’insertion des jeunes dans l’emploi (PSIE) se veut une solution innovante au problème de l’insertion durable des jeunes candidats à l’emploi. Le principe général du PSIE est simple : l’Etat subventionne la rémunération de postes de travail dans les entreprises locales pour, d’une part, satisfaire les besoins quantitatifs et qualitatifs en ressources humaines des sociétés concernées, et d’autre part, accompagner les besoins d’apprentissage des jeunes diplômés dans un environnement professionnel balisé. 

De fait, dans un pays où le taux de pauvreté demeure persistant (39 % en 2019) et le sous-emploi endémique (72 % en 2018 selon la Commission économique pour l’Afrique [CEA]), le PSIE se veut un levier d’action effectif pour améliorer l’employabilité des jeunes, tout en contribuant à l’amélioration de la compétitivité des entreprises.

2 000 jeunes diplômés recrutés chaque année au frais de l’État 

Au total, l’objectif est de « recruter, chaque année, aux frais de l’État, 2000 jeunes diplômés à placer dans des entreprises privées ou publiques, sur une période de deux ans, avec l’espoir qu’ils sauront se rendre utiles et efficaces pour se faire recruter à l’issue de la période d’insertion, ou alors qu’ils sauront voler de leurs propres ailes dans l’auto emploi… », a précisé le président béninois, Patrice Talon, dans son discours à la nation, à la veille de la célébration du 59anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale, le 31 juillet 2019.

Le programme cible tous les secteurs d’activité à fort potentiel d’emplois, tels que l’agriculture, l’industrie de transformation de produits agricoles, les TIC, la production de matériaux de construction, les énergies renouvelables, l’assainissement, l’aménagement, le textile et la confection, mais aussi les services comme le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, la microfinance, les services à la personne…

Concrètement, les offres d’emplois sont formulées par les entreprises éligibles au PSIE, suivant leurs besoins en ressources humaines. « De 2020 à 2021, nous avons enregistré un total de 4086 entreprises qui se sont inscrites sur la plateforme. Mais seules 442 entreprises ont rempli les conditions d’éligibilité, à savoir, être formelle, avoir l’encadrement qu’il faut, s’engager à mettre les moyens de travail à la disposition des jeunes », détaille le coordonnateur du programme, Charlemagne Lokossou, pour qui « il est hors de question d’envoyer les jeunes diplômés en pâture ». 

Insérer 8 000 jeunes diplômés sur le marché de l’emploi

Ce dernier précise, en outre, que les 442 entreprises éligibles ont formulé un besoin pour 2 039 postes à pouvoir, dont 1 535 ont été mis directement en ligne sur la plateforme du PSIE. Du côté des demandeurs d’emploi, c’est plus de 71 000 candidatures qui ont été enregistrées. Des chiffres qui font dire à Charlemagne Lokossou que « le besoin est là pour les jeunes… ». 

Au final, sur 9 480 candidats évalués, 3 422 ont été présélectionnés et proposés aux entreprises, qui en ont retenu plus de 800. « Ce sont ces candidats retenus qui reçoivent aujourd’hui leur salaire directement du Trésor public », se réjouit le coordonnateur du programme, qui rappelle par ailleurs qu’il s’agit de « salaires très intéressants, suivant le diplôme du candidat ». Le programme s’étend sur cinq ans. Un intervalle de temps durant lequel l’équipe du PSIE espère insérer 8 000 jeunes diplômés sur le marché de l’emploi. Un premier pas dans la bonne direction mais sur un chemin qui s’annonce long et ardu.  

Pour en savoir plus : https://psie.bj/

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