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Baromètre CIAN 2020 L’impact de la Covid-19 sur le climat des affaires 

Sans surprise, le baromètre annuel du CIAN 2020 sur l’économie africaine montre que la pandémie de Covid-19 a eu des conséquences négatives sur 87% des entreprises. Mais bonne nouvelle, la reprise semble s’amorcer, même si certains secteurs sont toujours à l’arrêt et d’autres ont du mal à redémarrer.

 

Par Talel de Sinta, à Tunis

 

Le baromètre du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) mesure le pouls des entreprises, les perspectives et les appréciations du climat des affaires dans le continent. Pour l’établir, des données ont été récoltées et compilées auprès de dirigeants de filiales africaines d’entreprises internationales, et le soutien du réseau des Chambres de commerce franco-africaines, la Tean France Export, Business France et les conseillers du commerce extérieur, expliquent les auteurs du baromètre.

 

Trente-un (31) pays africains ont été passés au peigne fin, toutefois, la directrice générale du CIAN, Sandrine Sorieul, indique que son organisme compte des adhérents dans les 54 pays du continent. Ce qui prouve que « les entreprises françaises sont présentes dans toute l’Afrique, et pas uniquement en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest, comme on le croit souvent », ajoute la directrice générale.

 

Quant aux critères du baromètre, ils concernent les infrastructures (au nombre de huit), à l’administration (neuf), à l’économie et la finance (quatre), au social (six), au coût des facteurs de production (sept) et au développement durable (deux).

 

Que retenir sur l’économie africaine en 2020 ?

 

Plusieurs enseignements peuvent être tirés du baromètre du CIAN 2020 sur l’économie africaine. Mais seulement trois semblent plus pertinents que les autres.

 

Premièrement, le baromètre indique qu’au début de l’année 2020, la Chine a moins acheté de matières premières que d’habitude, car elle avait verrouillé son économie, « ce qui a eu un impact négatif sur les exportations des pays africains producteurs/fournisseurs de matières premières », explique Sandrine Sorieul.

 

Deuxièmement, « des acteurs ont été contraints à l’arrêt – et certains le sont toujours – comme le transport aérien, le tourisme et le tourisme d’affaires, qui sont des activités importantes pour la plupart des capitales africaines ».

 

Enfin, toujours selon le baromètre, « l’éducation et le commerce ont été sérieusement touchés, puisque, dans certains pays, les écoles sont restées fermées pratiquement pendant un an. En revanche, les entreprises qui produisent des denrées alimentaires de base s’en sont relativement bien sorties ; le transport, la logistique et le BTP ont désormais repris leurs activités ».

 

Compte tenu de ce qui précède, l’enquête fait apparaître d’autres indicateurs. Elle indique par exemple que 87% des chefs d’entreprise sondés affirment que « le coronavirus a plus ou moins gravement affecté leurs activités, avec quelques disparités régionales ».

 

Disparités régionales

 

D’ailleurs, « plus de 70% des dirigeants d’entreprise d’Afrique du Nord et d’Afrique centrale estiment que l’épidémie a grandement perturbé leurs activités et fortement impacté leurs revenus » ; par contre, ceux de l’Afrique de l’Ouest et d’Afrique australe parlent d’un « impact modéré ».

 

De ce fait, 56% des entreprises sondées annoncent pour l’exercice 2020 un chiffre d’affaires en net repli par rapport à celui de 2019. Mais là également le baromètre montre « de réelles disparités géographiques ». C’est ainsi que l’économie de l’Afrique du Sud aurait mieux résisté à la pandémie que celle du Nigeria (deuxième locomotive du contient) mais très dépendante des hydrocarbures. Et la DG du CIAN de souligner dans ce contexte que « la Côte d’Ivoire, qui a connu une année électorale assez tendue, voit malgré cela 50% de ses entreprises conserver leur chiffre d’affaires ».

 

En somme, le baromètre du CIAN 2020, à bien des égards, montre que les entreprises internationales installées sur le continent africain ont sans doute été impactées dans leur majorité, mais les chefs d’entreprise interrogés se montrent raisonnablement optimistes.

Quant au traditionnel classement, le Maroc et Maurice prennent la tête avec la note de 3,2 sur 5 ; l’Afrique du Sud obtient 2,9, l’Algérie 2,5, l’Egypte 2,9, la Tunisie 2,8 et la Mauritanie 2,6.

L’étude a porté sur 31 pays africains qui ont obtenu différents scores.

 

Pour rappel, le Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) rassemble et accompagne dans leur déploiement l’essentiel des sociétés françaises investies sur le continent africain. Ses membres réalisent 80 pc du volume d’affaires français avec l’Afrique, estimé à 60 milliards d’Euros.

 

Pour consulter le rapport : https://www.cian-afrique.org/media/2021/03/barometre_Africaleads2021_defweb.pdf

 

 

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