A la uneActualité

Banques : la fintech pour accélérer l’inclusion financière en Afrique

Avec le taux de bancarisation le plus faible de la planète, l’Afrique n’a jusqu’à maintenant que peu compté sur l’offre bancaire traditionnelle pour améliorer son inclusion financière.  Une donne que pourrait bouleverser la banque digitale, estiment la fintech TagPay et ses partenaires bancaires. 

Comment permettre à la majorité de la population africaine d’accéder enfin aux services financiers dont elle a besoin ? C’était tout l’enjeu d’un récent webinaire organisé par la start-up française TagPay, une plateforme digitale de services bancaires, très présente sur le continent. Le constat est connu : en s’appuyant sur les procédures traditionnelles, les banquiers africains n’ont jusqu’à présent couvert qu’une faible part de la population du continent (moins de 20 % dans la plupart des pays). C’est ce goulot d’étranglement que la banque digitale cherche aujourd’hui à faire sauter, en nouant notamment des partenariats avec les acteurs de la fintech.

  

« Toutes les sociétés deviennent aujourd’hui des sociétés technologiques, banque ou pas »

De fait, les participants à la réunion interactive ont tous souligné l’opportunité que représentait la digitalisation des banques en Afrique et l’importance de collaborer avec les fintechs pour relever les défis de l’inclusion financière. Djiba Diallo, expert fintech du groupe Ecobank,  a ainsi  insisté sur la nécessité (pour les banques) de « s’adapter  à l’évolution du continent ». Un contexte de transformation qui rend « essentiel » selon lui, le partenariat avec les fintech.  La même urgence de se mettre à la page du changement transparaissait dans les propos d’Obinna Ukwuani, directeur du numérique à la Bank of Kigali (Rwanda), pour qui « toutes les sociétés deviennent aujourd’hui des sociétés technologiques, banque ou pas ». À cette occasion, le dirigeant de la BK a confirmé que son établissement financier- comme d’autres sur le continent- avait d’ores et déjà « investi dans cette transition pour  [s’engager] dans cette nouvelle ère ».  

Les participants ont par ailleurs rappelé le défi majeur posé par la prévalence de l’argent liquide sur le continent, un moyen de paiement  à la traçabilité complexe et aux coûts réels (impression, stockage, transport…) En comparaison, les solutions d’argent numérique sont transparentes, sécurisées et abordables. Invité au webinaire, Carl Manlan, vice-président et directeur de l’impact social chez VISA- le leader mondial des paiements digitaux-a estimé pour sa part que cette forte dépendance aux espèces ne ferait que renforcer « l’opportunité d’introduire des paiements numériques pour améliorer l’inclusion financière. Mais il est essentiel de veiller à ce que la formation et le développement des compétences dans le domaine des finances soient adéquats pour que davantage de personnes puissent y avoir accès », a-t-il toutefois prévenu. Un appel à plus de financiarisation qui ne peut qu’aller dans le sens d’une collaboration renforcée avec les acteurs de la fintech africaine. 

L’Afrique, Silicon Valley de la banque

De quoi assurément réjouir Yves Eonnet, le président de TagPay, qui voit l’Afrique comme «la Silicon Valley de la banque», le continent où se construit « la banque du futur ». Un optimisme chevillé au corps qui a convaincu les investisseurs : lancée en 2005, la fintech française a levé en début d’année 25 millions d’euros auprès du fonds d’investissement américain Long Arc Capital. Un nouvel apport de carburant pour accélérer encore un peu sur le chemin de la banque digitale. 

Ce message est également disponible en : AnglaisArabe