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Analyse : L’entreprenariat des jeunes est la clé de l’avenir de l’Afrique

Au cours des 30 prochaines années (2020-2050), les jeunes Africains constitueront à la fois une hypothèque et une opportunité pour l’Afrique. Mais avec l’innovation, beaucoup d’économistes du continent pensent que les jeunes sont plutôt l’avenir de la croissance africaine. Pour ce faire, les Etats africains doivent doter les jeunes de compétences agiles et durables afin qu’ils puissent lancer leur propre business.

Par Farai Diza, à Johannesburg 

Selon un rapport du prix Anzisha (la plus grande récompense africaine pour les jeunes âgés de 15 à 22 ans et dotée d’une enveloppe de 100 000 dollars US), sur les 2,1 milliards de personnes qui devraient rejoindre la population mondiale entre l’année dernière et 2050, la moitié se trouvera en Afrique, où l’accès à des opportunités économiques stables reste limité.

Pour sa part, la Banque mondiale estime que le segment des jeunes représente 60 % du nombre total de chômeurs en Afrique.

Mais une catégorie de jeunes Africains fait tomber les barrières en créant des entreprises à partir de rien. Les économistes y voient l’avenir de la croissance économique du continent.

Le Dr Warren Nilsson, professeur associé d’innovation sociale à l’École supérieure de commerce de l’Université du Cap (UCT GSB), a déclaré que la jeunesse africaine a prouvé que l’innovation était cruciale pour la durabilité des entreprises.

« Beaucoup de jeunes pensent que l’innovation commerciale est la chasse gardée des nations européennes. Mais la dynamique a changé et les mentalités ont évolué. Nous voyons maintenant naître des concepts d’entreprise innovants. Nous avons de jeunes Africains qui fabriquent des smartphones. Quelque chose qui était inimaginable il y a dix ans », a déclaré le Dr Nilsson.

L’innovation s’étend de l’agriculture à la couture, en passant par l’exploitation minière, la construction. C’est la seule phase de croissance que ces diplômés ont, car ils ont des droits dans la stratosphère financière.

Créer de petites entreprises avec peu de capital

De nombreux diplômés universitaires se retrouvent, plus de cinq ans, sans emploi. Cela après avoir passé quatre ans à obtenir un diplôme universitaire et à accumuler des prêts étudiants. Pour eux, la seule alternative c’est de créer leur propre emploi.

Ayabulela Mabunda, 29 ans, originaire d’Afrique du Sud, est diplômé d’une grande université, mais il a eu du mal à trouver un emploi. Et après huit mois de tentatives vaines, il s’est lancé dans les affaires, en créant une activité quotidienne atypique : le lavage des baskets. Maintenant il possède un atelier où il emploie trois personnes.

Son entreprise est assez innovante et lui a permis d’avoir une source de revenus décente mensuels. Il a même pu acheter une voiture grâce aux recettes de l’entreprise.

Doter les jeunes de compétences agiles et durables  

D’après les statistiques mondiales, l’automatisation et la demande de main-d’œuvre qualifiée exerceront, sans aucun doute, une pression énorme sur le paysage de l’emploi précaire en Afrique, en particulier en ce qui concerne la population jeune.

L’alternative, c’est l’entreprenariat qualifié des jeunes. D’ailleurs, il n’échappe à personne que le nombre d’établissements d’enseignement supérieur qui proposent désormais des études sur l’entreprenariat a augmenté.

En termes de développement des compétences, la formation entrepreneuriale dote les jeunes de compétences agiles, durables et transférables qui peuvent être adaptées à des environnements changeants.

Les emplois ne peuvent être traités qu’à travers des compétences entrepreneuriales innovantes et une volonté de contribuer positivement au PIB.

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