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Algérie : Les prix baissent malgré le Ramadan

Depuis jeudi18 juin, l’Algérie débute le Ramadan en pleine chute des recettes de pétrole. Ce qui pouvait laisser libre cours à des folles prémonitions quant à une augmentation exorbitante des prix des produits de large consommation. Aujourd’hui, force est de constater qu’il n’en est rien. Les prix ont non seulement été stables pour plusieurs produits, mais ils ont baissé pour d’autres.

Le gouvernement algérien a allégé la situation des chefs de famille en établissant des marchés dits de la Rahma où tous les produits de large consommation ont vu leur prix baisser de façon sensible. A ce point, ce pays où l’Islam est religion d’Etat s’est vu se développer des espaces où tout est disponible et à des prix dépassant tout entendement. Ce qui permet aux Algériens qui dépensaient plus de 60% de leur budget pour la consommation de respirer. Si les prix des viandes rouges sont restés les mêmes avec 1300 dinars (13 euros) pour l’ovin et 850 dinars (8,5 euros) pour le bovin, la tomate qui était de 60 dinars avant le Ramadhan est passée à 25 dinars. La pomme de terre a connu la même tendance baissière. Même le poulet qui s’envolait pendant le Ramadhan a aussi fini par raccrocher ses ailes. Il n’a pas dépassé les 250 dinars. A la capitale de la Grande Kabylie Tizi-Ouzou où les prix ont toujours dépassé le cap de la normale en cette période sacrée de l’année, ceux-ci ont fini par atterrir cette année au grand bonheur du consommateur.

« C’est la première fois de ma vie que je constate cet état de fait. Tous les produits de large consommation qui étaient dans le temps inabordables sont devenus accessibles aux ménages. La formule koule yalguelil (mange ô pauvre, NDLR) est ainsi de mise dans ce marché , devenu un lieu de pèlerinage pour des milliers de chefs de famille qui s’en approvisionnent joyeusement », nous fait remarquer Mahdi Sayah, un habitué de ce marché. A Alger et au quartier de Bab el Oued, la tendance baissière est traductible par le prix abordable des produits de large consommation. Ceux qui souffraient, des années durant, de la dégradation de leur pouvoir d’achat se retrouvent aujourd’hui en mesure de faire face aux différents événements qui se multiplient et se rapprochent. « Dieu merci, les prix sont abordables et les produits sont disponibles. Ceci nous permet de respirer un peu et passer le mois sacré de Ramadan sous de meilleurs auspices », nous fait joyeusement remarquer un jeuneur au quartier de Bab el Oued. L’abondance des fruits et légumes et leur prix abordable est aussi l’un des éléments importants de la réussite de la politique agricole privilégiée, il y a quelques années, par le gouvernement et qui donne pleinement ses fruits.

La politique agricole conduite depuis quelques années, couplée avec l’essor de l’irrigation, se traduit par une augmentation de la production dans les wilayas du Tell et du Sud. Le secteur de l’agriculture est en train de vivre une révolution remarquable avec le recours aux techniques modernes qui induisent une meilleure productivité. L’intérêt que portent beaucoup de jeunes à l’arboriculture ou à l’élevage et le développement de la plasticulture est aussi un élément non négligeable de cette réussite. « A entendre le ministre de l’Agriculture dire que l’Algérie a enregistré un taux de croissance agricole moyen annuel de 13%, une progression de plus de 88% de la valeur de la production agricole et une contribution de plus de 9,8% au PIB , l’on ne peut que se réjouir. D’ailleurs la politique agricole engagée par les pouvoirs publics pour rendre disponibles les produits agricoles s’est matérialisée sur le terrain au grand bonheur de tous », déclare Abdelkader commerçant de fruits et légumes à Alger. La couverture des besoins alimentaires en Algérie par la production nationale se situe à hauteur de 72%. C’est ce qu’affirment les responsables du secteur qui maintiennent le cap pour un équilibre meilleur du marché. Ainsi, les autres wilayas du pays ne sont pas en marge, ce qui amène le ministre du Commerce, Amara Benyounes, à se féliciter des prix pratiqués et jugés « très abordables ».


Par Kaci Racelma