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Algérie : Le paiement par chèque désormais obligatoire

Depuis  1er juillet, le paiement par chèque est devenu  obligatoire en Algérie. Les transactions immobilières supérieures à cinq millions de dinars et l’achat de véhicules neufs dont le prix est supérieur à un million de dinars se font désormais par chèque. Un décret exécutif  dans ce sens  est déjà publié, le  24 juin dernier, au Journal officiel. Il fixe, en effet, le seuil applicable aux transactions  qui doivent  être effectuées par les moyens de paiements scripturaux à travers les circuits bancaires et financiers.

« Tout paiement égal ou supérieur aux montants, ci-après, doit être effectué par des moyens de paiement scripturaux à travers les circuits bancaires et financiers: cinq millions de dinars (50 000 euros) pour l’achat de biens immobiliers; un million de dinars (10 000 euros) pour l’achat de yachts ou bateaux de plaisance avec ou sans voile, avec ou sans moteur auxiliaire, de matériels roulants neufs et d’équipements industriels neufs, de véhicules neufs, de motocyclettes et de cyclomoteurs soumis à immatriculation, auprès des concessionnaires automobiles ou autres distributeurs et revendeurs agréés; de biens de valeur auprès des marchands de pierres et métaux précieux; les objets d’antiquité et d’œuvres d’art;  de meubles et effets mobiliers corporels aux enchères publiques ». Tel est le contenu d’un texte de loi entré en vigueur, depuis une semaine,  pour lutter contre toute forme de fraude. Elle s’inscrit aussi dans l’optique de la protection de l’économie de ce pays d’Afrique du Nord, au moment où le prix du pétrole poursuit son déclin. De l’avis d’Abderrahmane Benkhelfa, ministre des Finances, depuis  le 14 mai 2015, le décret exécutif, pris à la mi-juin, visait à offrir confort et sécurité  à la clientèle.

 

Alors que l’Algérie traverse une période difficile conséquemment aux chutes des prix de l’or noir sur les marchés internationaux, la réduction  des paiements par cash et la restriction  des transactions qui se font en dehors du circuit bancaire deviennent nécessaires. Et l’idée est loin d’être de fraiche date  puisqu’un décret, dans ce sens est entré en vigueur le 1er septembre 2006,  avant d’être  abrogé par un autre décret exécutif. Le premier argentier du pays, en estimant que « les banques ont besoin de cet argent pour le financement de l’économie nationale » ajoute qu’ « il faut en finir avec la thésaurisation. L’argent doit se trouver dans les coffres des banques et non pas dans les armoires ou les placards de cuisine », soutient-il. Cet expert financier  explique aussi que les mesures prises n’ont pas pour but de réprimer mais plutôt d’aller vers la modernisation. Par la bancarisation de l’argent, la politique de lutte  contre l’informel peut s’avérer efficace même si le pays accuse un grand retard dans le paiement par carte. La traçabilité recherchée est censée permettre de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Dans la même perspective, les autorités algériennes maintiennent que les dispositions de la loi de finances complémentaire pour l’année en cours contiennent plusieurs mesures visant à encourager l’investissement et à booster l’économie nationale.


 

Par Kaci Racelma