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Algérie En quête d’un plan de sortie crise

Sous pression avec la chute de ses recettes d’exportations qui représentent 60% du budget de l’État, les autorités algériennes planchent sur un plan de sortie de crise.

 

Par Bilkiss Mentari

 

l’Algérie, dont l’économie repose sur la manne pétrolière, figure parmi les pays les plus touchés par la crise Covid 19.« L’Algérie doit faire face à un choc provoqué à la fois par une baisse de moitié des prix du pétrole, une crise de santé publique et les conséquences des bouleversements économiques à l’échelle mondiale à la suite de l’épidémie de Covid-19», analyse la Banque Mondiale dans un rapport récemment publié.

 

«A 30 dollars le baril de pétrole en 2020, les recettes budgétaires totales de l’Algérie diminueraient de 21,2 % »

 

La baisse des cours du brut dans un pays où les hydrocarbures restent la principale source de devises a été lourde de conséquence. «A 30 dollars le baril de pétrole en 2020, les recettes budgétaires totales de l’Algérie diminueraient de 21,2 %. Malgré la réduction des investissements publics (-9,7 %) et de la consommation publique (-1,6 %) prévue par la loi de Finances pour 2020, le déficit budgétaire augmenterait pour s’établir à 16,3 % du PIB». De même, souligne la Banque mondiale, « la baisse importante des recettes d’exportation (-51 %) entraînera un creusement du déficit commercial qui s’élèvera à 18,2 % du PIB et une détérioration du déficit du compte courant qui atteindra le niveau record de 18,8 % du PIB en 2020, malgré les mesures prises pour limiter les importations et circonscrire les effets de la faible demande intérieure. » L’Institution prévoit par ailleurs un taux d’inflation de 4% en 2020, avec la baisse drastique des livraisons de la Chine principal partenaire de l’Algérie.

 

L’uranium, l’or ou le phosphate

 

En somme pour éviter la banqueroute et attiser un contexte social déjà plus que tendu_ le mouvement de contestation que connait l’Algérie depuis février 2019 a mis ses activités en sommeil en attendant la fin de la pandémie, les autorités, fraichement arrivées au pouvoir doivent adopter des mesures d’urgence relancer l’économie. A ce titre, des pistes ont été annoncées la semaine dernière. Pour l’heure, essentiellement exportateur de pétrole et de gaz, le pays prévoit de développer d’autres ressources naturelles comme l’uranium, l’or ou le phosphate. Nous sommes prêts à développer ces secteurs avec l’aide de partenaires étranger, selon une annonce du président algérien Abdelmadjid Tebboune à la télévision d’état, le 1ermai.Le coronavirus a gelé certains plans et projets. Mais ces plans seront mis en chantier dès que la crise sanitaire sera finie, assure-t-il. »

 

 » La vulnérabilité de l’économie algérienne en raison de notre négligence pendant des décennies à la libérer de la rente pétrolière »

 

En attendant, il convient de trouver des alternatives à la chute des recettes liés à l’exportation d’énergie lesquelles sont essentiellement employée à l’importation de biens comme de la nourriture, pour un budget annuel d’environ 45 milliards de dollars. Sur le long terme, l’Algérie qui peine à développer une économie moins dépendante de la rente pétrolière, devra se doter d’un nouveau modèle de développement socio-économique.  Le président Abdelmadjid Tebboune a lui-même reconnu « la vulnérabilité » de l’économie algérienne « en raison de notre négligence pendant des décennies à la libérer de la rente pétrolière. » Ce qui passe, indiquera-t-il par « mettre un terme aux mauvaises pratiques inculquées pendant la période de l’aisance financière, à l’exemple du gaspillage et de l’esprit de fainéantise et de surconsommation. » Il conviendra également de promouvoir l’entreprenariat et la production locale en améliorant le climat des affaires ainsi que le recommande la Banque Mondiale.