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Afrique, nouvel eldorado des entrepreneurs ?

Tous les titres des journaux européens parlent de la croissance africaine et de ce continent en pleine effervescence. Un des vecteurs clés d’une croissance est la situation entrepreneuriale d’un pays. Le taux d’entrepreneurs augmente-t-il ? L’économie informelle véritable fléau, régresse-t-elle ? Les gouvernements ont-ils vraiment mis en place les lois inhérentes à la création d’entreprise ?

Nous assistons à un développement de couveuses, d’incubateurs et de projets entrepreneuriaux sans précédent comme par exemple en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire et au Togo. C’est une note positive mais nous savons tous que les trois défis à relever pour le continent noir sont l’agriculture, les femmes et les jeunes et au niveau entrepreneurial tout reste encore à faire. Au niveau agricole, nous avons les produits mais pas les acteurs, en ce qui concerne les femmes, nous avons les actrices mais pas les outils et enfin pour les jeunes, nous avons le potentiel mais pas l’éducation.

En Europe, la diaspora africaine essaie également de contribuer au rayonnement de l’Afrique en apportant aussi des solutions aux manquements. A Paris, vient de se terminer le 2ème Forum Economique et Entrepreneurial des Femmes de la Diaspora (organisé par l’OFAD). Des institutions financières étaient présentes et parlaient des produits bancaires et autres, que TOUS les Africains sont indispensables à la création et au développement de leur structure. Ils ont dit qu’il faut « arrêter de créer dans l’informel, cela ne fait pas marcher l’économie nationale ». Je suis tout à fait d’accord, faut même stopper ! Comment le faire quand les taux bancaires sont entre 7 et 20% dans certains pays, donc comment alors accéder aux crédits ?

Nous avons entendu également des propos du genre « les femmes, vous pouvez créer dans le secteur agricole, c’est le secteur de l’avenir ». Là aussi j’approuve à 100% mais comment se fait-il encore que de nos jours, dans la plupart de nos pays, la femme ne peut pas accéder à la propriété foncière ? Elle y travaille toute sa vie et à la mort de son mari, la terre retourne dans la famille du défunt…

Lors de la Journée Nationale des Diasporas Africaines qui s’est tenue à Bordeaux, en avril dernier, et dont les thématiques étaient l’entrepreneuriat et l’innovation, il y a eu un vibrant hommage rendu aux jeunes et à leurs capacités à entreprendre dans les nouvelles technologies. Bravo à tous les exemples de réussite présents, mais avons-nous des cursus scolaires en Afrique qui incluent l’entrepreneuriat ? Nous en sommes encore aux prémices…

En résumé, avant de parler de croissance africaine et de boum entrepreneurial, il faudrait déjà que nous Africains puissions la ressentir dans nos pays respectifs. A nous tous de revenir aux fondamentaux qui cimentent la base de toute nation à savoir une réelle éducation, une bonne gestion économique et politique. Nous ne sommes pas non plus obligés de suivre le TGV des pays occidentaux, nous pouvons continuer à notre rythme et en ayant confiance en nos capacités.

 

Cécile Barry, Entrepreneur

Présidente du Groupe Ajice et de Worldmas

Présidente de l’Association Action’Elles

Conférencière

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