Actualité

Afrique de l’Est Les enjeux de la tournée d’Emmanuel Macron

La pression maintenue par les Gilets jaunes n’aura pas détournée Emmanuel Macron de son objectif. Alors que le président français a entamé le 10 mars une tournée, inédite, en Afrique de l’Est, le seul déplacement maintenu après celui en Egypte en janvier dernier, ce dernier n’a pas caché les enjeux de cette visite dans la Corne de l’Afrique. A savoir, renforcer la présence française, et pas seulement sur le plan économique, dans une région où l’influence chinoise est très forte.

Par Dounia Ben Mohamed

Si Emmanuel Macron présidera le 14 mars, à Nairobi, la troisième édition de One Planet Summit, un événement destiné à accélérer la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat, autrement dit à sauver la planète, sa visite dans la région, revêt d’autres enjeux.

La France, un « possible contrepoids » à la Chine ?

Alors que le président français a entamé le 10 mars une tournée, inédite, en Afrique de l’Est, à Djibouti puis en Ethiopie et au Kenya, le seul déplacement maintenu après celui en Egypte en janvier dernier, ce dernier n’a pas caché les enjeux de cette visite dans la Corne de l’Afrique. A savoir, renforcer la présence française, et pas seulement sur le plan économique, dans une région où l’influence chinoise est très forte.  La France, a-t-il assuré en marge de son déplacement est un « possible contrepoids » à la Chine en Afrique de l’Est. Une région qui fait figure de nouveau poumon économique sur le continent, avec des pays tels que le Rwanda, l’Ethiopie, et le Kenya, les nouveaux tigres africains, qui affichent les plus forts potentiels de croissance, au delà des 5% déjà à l’heure actuelle.

Promouvoir « la french touch »

En janvier déjà, en visite au Caire, Emmanuel Macron avait révélé son intérêt pour l’Afrique de l’Est, un marché, articulé autour de la Comesa (NDLA : le Marché commun de l’Afrique orientale et australe),  un marché de 500 millions d’habitants, au produit intérieur brut (PIB) de 800 milliards de dollars. Mais où les entreprises françaises peinent à se positionner. Au delà de la barrière linguistique et culturel, la présence chinoise, mais également indienne, sans oublier celle de l’Allemagne qui arrive avec la locomotive de son « Plan Marshall pour l’Afrique » rend difficile la pénétration française. Même si des poids lourds continentaux, tel que Total, sont déjà en selle, le défi est d’ouvrir la voie aux PME françaises également. Macron vient ainsi jouer la carte de l’éco-diplomatie, donnant le pas au patronat français, le Medef, qui a conduit, il y a un an, une mission économique française à Nairobi. Objectif donc : promouvoir « la french touch », autrement dit l’expertise française, dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie, ou encore de l’agro-business.  A ce titre, une cinquantaine de dirigeants d’entreprise l’accompagne, dont ceux de Total, EDF, Bolloré, Peugeot, Bonduelle, L’Oréal, Essilor, Orange, Canal+, Engie, Alstom ou encore Danone. 

3 milliards d’euro de contrats

Sur sa feuille de route, alors que des têtes à tête avec son homologue Ismaïl Omar Guelleh à Djibouti, le leader kenyan Uhuru Kenyatta, présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed sont notamment au programme, la signature de contrats de l’ordre de 3 milliards d’euros, et plus si affinités…