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Afrique de l’Est Le réveil des criquets et de la famine

La sécurité alimentaire est mise à mal en Afrique de l’Est en cette fin d’année. Les criquets pèlerins, qui ont ravagé les récoltes au début de l’année 2020, pourraient faire leur retour dès septembre. Un phénomène qui met en exergue les difficultés d’adaptation au réchauffement climatique dans la région, coincée entre sécheresses et pluies torrentielles. Sans compter une crise sanitaire et économique mondiale.

Par Simon Vermot Desroches

 

« Rien qu’en Éthiopie, ce sont quelque 356 000 tonnes de céréales et près de 1,3 million d’hectares de pâturages qui ont été détruits par les criquets à ce jour », annonçait début juillet dans un rapport la fondation OXFAM. Et si le début d’année a vu l’une des invasions les plus importantes des dernières décennies, le phénomène n’est pas terminé. L’arrivée des pluies, qui non seulement provoque des inondations comme récemment au Soudan où le Nil a atteint des niveaux historiques, offre également un parfait terrain de reproduction pour le criquet pèlerin. L’ICPAC, institut de prédiction météorologique, alerte d’ailleurs les autorités : « Lors des six dernières semaines, des larves de criquet ont été reportées au Nord-Ouest du Kenya, au Sud, au Nord et au Nord-Est de l’Ethiopie et au Nord-Ouest et Nord-Est de la Somalie. » 17 millions de personnes souffrent actuellement d’une grave insécurité alimentaire et ont besoin d’une aide alimentaire dans les 4 derniers pays cités.

 

Des solutions mises à mal par le Covid-19

 

Pourtant l’ICPAC est d’ores et déjà capable de prédire les futurs mouvements des populations de l’insecte grâce notamment à la prédiction des vents, des températures et des précipitations. L’application eLocust3, développée par les Nations Unies, permet également de surveiller et prédire les migrations du ravageur. Mais seul l’épandage par voie aérienne d’insecticide semble une solution pour se débarrasser des criquets. Un épandage mis à mal lors des derniers mois, en raison des fermetures des frontières dues au Covid-19 et donc à une diminution de l’approvisionnement en insecticide d’abord mais aussi en matériel. Une autre solution pour éradiquer le ravageur en cette fin d’année serait une sécheresse, qui provoquerait la mort des larves. Mais pour la sécurité alimentaire, ce serait loin d’être une solution, au vu de ce qui se produit actuellement en Afrique australe. Les prévisions météorologiques, la compréhension scientifique et l’anticipation semblent des clés essentielles du futur de l’agriculture africaine pour lutter contre l’insecte mais aussi contre des crises naturelles qui sont appelées à se multiplier en raison du réchauffement climatique.

 

L’AgriTech à la rescousse

 

Mais pour le moment, l’Afrique de l’Est est confrontée à des pénuries alimentaires et est dans l’obligation de se montrer inventive. Encore plus cette année, avec une aide humanitaire diminuée en raison de la crise économique du Covid-19. Le prix des denrées alimentaires augmente quand, dans le même temps, la population a perdu une partie de ses revenus. Le développement de plateforme comme Farmers Pride, au Kenya, qui propose des informations et des services pour les petits agriculteurs tout en les mettant en relation avec des acheteurs, et permet ainsi de limiter les intermédiaires, peut offrir aux exploitants des revenus décents malgré de faibles récoltes. Ainsi que des prix plus bas pour les acheteurs. Dans le même ordre d’idées, l’entreprise éthiopienne Kedame Gebeya Commerce and Logistics, propose, elle aussi, une plateforme de e-commerce accompagnée d’une chaine d’approvisionnement, ce qui permet de diminuer les pertes. De quoi limiter l’impact d’une crise alimentaire qui s’annonce bien plus meurtrière que la crise sanitaire actuelle.

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