A la uneActualité

Africalead : les leaders africains optimistes quant à l’avenir du continent

Selon le baromètre Africalead, réalisé par le CIAN, 55% des leaders d’opinion africains sont optimistes quant au futur du continent. Un rapport qui confirme par ailleurs la redistribution des cartes de l’influence en Afrique.

 

Talel de Sinta, à Tunis

 

Le baromètre CIAN / IMMAR vient de livrer son verdict sur « les attentes de ceux qui influencent l’Afrique en 2021 », à savoir les leaders d’opinion. En gros, le continent s’en sort mieux que d’autres contrées du global.

 

Le baromètre est « un instrument d’aide à la réflexion et à la décision, tant pour les acteurs du secteur privé – les adhérents du CIAN – que pour les pouvoirs publics, les universitaires ou les acteurs de la coopération ». Il est de ce fait d’une grande utilité surtout « en ces temps de grands bouleversements car il nous instruit sur le ressenti et les attentes de ceux qui influencent l’Afrique en 2021, c’est-à-dire les leaders d’opinion ».

 

« 71% estiment que leur continent a fait preuve d’une résilience insoupçonnée face à la crise sanitaire »

 

Ce baromètre fait ressortir que 55% des leaders sondés de son panel, panel qui couvre 12 pays – constituant environ 60% de la population du continent africain – sont optimistes quant à la poursuite de la progression de la situation de l’Afrique pour les 5 prochaines années.

 

En outre, « 71% estiment que leur continent, qui a fait preuve d’une résilience insoupçonnée face à la crise sanitaire, a les moyens de mieux résister que les autres régions du monde sur le plan sanitaire ». Ceci étant dit, une majorité estime que « la crise économique risque de durer ». Même si, considèrent les sondés, l’Afrique a les atouts pour y faire face, grâce à sa jeunesse et l’expérience des autres épidémies.

 

Ainsi, il ressort du baromètre Africalead 2021 que, globalement, « les leaders d’opinion demeurent confiants pour l’avenir mais sont inquiets pour l’éducation, la santé et la sécurité » ; 39% d’entre eux pensent que la situation en Afrique s’est améliorée, 55% sont optimistes pour l’avenir du continent.

 

Et si « le numérique reste le secteur jugé le plus en progrès », en revanche les secteurs de l’éducation, de la santé et de la sécurité se sont détériorés.

 

Donc, à la question de savoir quels sont les secteurs à traiter en priorité, les sondés ont majoritairement répondu la sécurité (59%), l’éducation (47%) et la lutte contre la corruption (36%).

 

Redistribution des cartes de l’influence en Afrique

 

Par ailleurs, « l’image des pays étrangers auprès des leaders d’opinion africains, étroitement corrélée à ce qu’il est convenu d’appeler leur softpower, constitue un précieux indicateur de leur attractivité. Les États anglo-saxons et l’Allemagne trustent les quatre premières places, suivis de la Chine, dont l’image a perdu 15 points en trois ans. Celle de la France s’est banalisée. Elle n’occupe plus que la septième place, distancée par tous ses compétiteurs traditionnels… », indique le baromètre.

 

En matière de diplomatie économique, l’image d’un pays qui se détériore auprès des leaders d’opinion (africains) peut avoir un impact négatif sur ses entreprises. D’ailleurs, les auteurs du baromètre estiment que « le déficit de l’image de la France…  souligne une difficulté à renouveler efficacement le récit de sa relation avec l’Afrique, quand bien même cette relation demeurerait adossée à des fondamentaux solides et à des diasporas nombreuses et entreprenantes. Quelque chose n’imprime plus. Il y a là un sujet à interroger lucidement et collectivement ». Et les « fondamentaux solides » de la France ont pour nom TOTAL, ORANGE, RENAULT, entre autres.

 

« L’Allemagne et les pays anglo-saxons obtiennent les faveurs des leaders d’opinion africains, tandis que la France est reléguée à la 6ème ou 7ème place, et la Chine perd du terrain »

 

A la question de savoir quels sont les « partenaires les plus bénéfiques pour le continent », le baromètre révèle que quatre pays sont crédités de plus de 70% d’opinion favorable, à savoir la Chine (76%), les États-Unis (74%), le Canada (72%), l’Allemagne (71%) et le Japon (70%). Toutefois, la Turquie et les pays du Golfe font « une percée spectaculaire » auprès des leaders d’opinion africains.

 

Et en ce qui concerne « les partenaires privilégiés pour l’Afrique francophone », l’Allemagne et les pays anglo-saxons obtiennent les faveurs des leaders d’opinion africains, tandis que la France est reléguée à la 6ème ou 7ème place, et la Chine perd du terrain. Cependant, « les médias français internationaux et les réseaux sociaux demeurent essentiels pour s’informer », selon le baromètre.

 

L’Afrique du Sud, le Maroc, le Rwanda et le Ghana « sont les pays ayant la meilleure image »

 

Par pays, l’Afrique du Sud, le Maroc, le Rwanda et le Ghana « sont les pays ayant la meilleure image » auprès des leaders d’opinion africains.

 

En effet, « bien que très durement impactée par la crise sanitaire, et confrontée à une récession économique d’une ampleur inédite, l’Afrique du Sud reste le pays leader en termes d’image positive sur le continent, avec 40% de citations (+3%). Très impacté lui aussi, le Maroc conserve sa place mais ne totalise plus que 23% de citations (-6%). Le Rwanda (23%) et le Ghana (idem), qui ont connu des fortunes diverses face au Covid-19, font maintenant jeu égal avec le Royaume chérifien. Ces deux pays bénéficient d’une image de dynamisme économique et de bonne gouvernance », peut-on lire dans les conclusions du rapport.

 

En outre, à la question de savoir quelle image ont-ils des institutions panafricaines, la Banque africaine de développement récolte 79% d’opinion positive, l’Union africaine en récolte 66%.

 

Ce message est également disponible en : Anglais