ArchivesL'editorial

AFRICA TIME FOR A NEW DEAL Vers des solutions africaines aux défis du continent

A la veille de la Cop 22 qu’abritera le Maroc, Africa, Time for a new deal est un forum co-organisé par le think tank Club 2030 Afrique et le Magazine de référence Forbes Afrique qui invite les décideurs africains à réfléchir ensemble aux défis du continent et aux perspectives de collaboration inter-africaine pour des solutions africaines. La première édition, sous le thème « Vers des solutions africaines aux défis du continent », se tiendra le 2 juin à Marrakech, au Maroc, un pays qui appelle à un nouveau partenariat sud-sud

Après les indépendances des Etats d’Afrique, les échanges commerciaux entre le Maroc et les pays Africains subsahariens ont toujours constitué une priorité dans la politique économique et commerciale du Maroc. Les Hautes Autorités du pays l’ont rappelé à maintes fois et les nombreuses visites royales durant ces dernières années en constituent la plus grande manifestation. L’encouragement du développement des échanges commerciaux et le renforcement du partenariat avec cette partie du continent africain sont mis en avant avec une réelle prise de conscience, de part et d’autre, de la nécessité d’ériger ces relations à un niveau aussi élevé que possible, tant le potentiel et les opportunités de coopération sont très importants.

 

Par ailleurs, il faut souligner que le volume des exportations marocaines vers l’Afrique ne cesse d’augmenter ces dernières années. Ainsi, de 5,3% en 2008, ils ont dépassé les 8% en 2010, selon le ministère marocain du Commerce extérieur, qui a fixé un objectif de 20% d’ici 2018. Du fait d’un contexte international marqué par l’intensification de la concurrence sur les marchés du Nord, le marché africain pourrait constituer pour le Maroc une niche stratégique pour les entreprises nationales, compte tenu de sa taille potentielle, appelée à gagner en importance avec les efforts déployés par la communauté internationale en faveur du développement du continent africain. Par le biais de la mise sur pied de projets socio-économiques et la contribution au financement de la construction d’infrastructures (ligne maritime Casablanca-Nouakchott-Dakar, autoroute Nouadhibou-Nouakchott, modernisation des compagnies aériennes), le Maroc traduit concrètement son attachement à la paix et au développement en Afrique.

 

Les expériences multisectorielles du Maroc et l’expertise du Royaume en matière de développement humain ont favorisé, la mise en place d’un réel socle de partenariat Maroc-Afrique responsable et durable, basé sur un véritable cadre de co-développement, où l’Humain et son mode de vie, est au centre de la Vision Royale africaine. En effet, celle-ci est renforcée par des actions concrètes de solidarités, telles que l’annulation de la dette des pays les moins avancés du continent, l’accueil des étudiants et des cadres africains dans les universités et les formations au Maroc, la régularisation des subsahariens en situation irrégulière au Maroc, le financement de projets à caractères socio-économiques.

 

Cette dynamique de coopération, portée au plus haut niveau par SM le Roi Mohammed VI, est fortement accompagnée par le tissu économique national. En effet, les « champions nationaux » sont implantés dans de nombreux pays d’Afrique Centrale et d’Afrique de l’Ouest, dans le secteur bancaire (Attijariwafa Bank, BMCE Bank of Africa, Banque Populaire), dans les télécommunications (Maroc Telecom), dans les assurances, dans l’énergie, dans l’agroalimentaire ou dans l’immobilier. Le stock d’IDE marocains en Afrique totalise 10.5 milliards MAD en 2012 et sur la période 2008-2014, chaque année, ce sont environ 2 milliards MAD qui ont été investis en Afrique subsaharienne.

 

De par sa portée multidimensionnelle, le « modèle marocain » en Afrique, initié par SM le Roi Mohammed VI, suscite l’intérêt croissant des pays du continent.

Le Maroc est un acteur important de l’économie africaine. La marque « Maroc », forte de l’impact de la Vision Royale sur les populations africaines, est de plus en plus sollicitée par les responsables politiques et les opérateurs économiques du continent, pour s’implanter dans des pays qui ne possèdent pas de tradition de coopération avec le Royaume.

 

Le premier atout dont dispose le Maroc pour y prétendre, se décline en un package consolidé autour d’une expertise acquise à travers son partenariat stratégique avec l’Europe. Le Maroc a intégré le concept du partenariat public/privé depuis 2006 dans l’ensemble des ses stratégies sectorielles nationales. Au niveau industriel, le plan Emergence s’est décliné sous la forme d’une grande « périphérie industrielle de l’Europe » à travers l’optimisation des délocalisations vers le Maroc. L’attractivité industrielle du nouveau champion d’Afrique s’est adossée à un secteur stratégique vital, la logistique. Les Plans Maroc vert et Halieutis pour le développement et la mise en valeur de son agriculture et des ressources halieutiques.

 

Le deuxième atout se traduit par sa capacité, son expertise et sa compétitivité dans le secteur des services (Finances, Télécom, Enseignement supérieur, offre privée de Santé…). Son attractivité sociale, fiscale et son modèle d’offshore, font du Maroc la troisième zone de délocalisation mondiale après la Chine et l’Europe de l’Est.

 

Le troisième atout et non le moindre se matérialise par son rôle de sace pour les flux financiers dans leur diversité (près de deux Milliards d’€uros d’investissements annuels en moyenne en provenance des institutions financières internationales ou des pays du Golf), des transferts des MRE qui avoisinent les cinq milliards d’€uros chaque année et de ses exportations industrielles, minières et agricoles qui contribuent à hauteur de onze Milliards d’€uros.

 

Le quatrième atout se matérialise par le rôle moteur du secteur privé, des PME, de plus en plus performantes, et d’un capital humain formé selon les standards internationaux. Un environnement propice pour les affaires avec une série de réformes tendant au renforcement de la bonne gouvernance des finances publiques, de la lutte contre la corruption et du guichet unique pour fluidifier la circulation des investissements privés.

 

Le choix d’un modèle de coopération renforcée et à géométrie variable. Une nouvelle relation à l’espace économique qui progressivement tend à s’affranchir de l’inertie des organisations régionales ou continentales. En d’autres termes, une redéfinition des aires de coopérations sur des bases contractuelles souples où d’autres paramètres interviennent dans la construction des espaces de coopération. Concrètement, quels éléments communs entre le Maroc, le Gabon, la Côte d’Ivoire et la Guinée, au-delà de leur appartenance géographique au continent africain et de la francophonie ? Des nouveaux éléments d’ordre culturel, humaniste et spirituel semblent définir le socle géopolitique qui présiderait à cette destinée. En clair, s’affranchir de l’inertie liée aux organisations panafricaines obsolètes, imposées par la géographie, et, redessiner des entités dont le dénominateur commun et le partenariat, bi/tri ou multilatéral sans contraintes d’adhésion, sont la norme. Une nouvelle géographie dont le ressort est la coopération Sud Sud, qui dématérialise l’espace physique au profit de micro entités spatiales dynamiques.

Khaled Igue, président du think tank Club 2030 Afrique. Une institution à but non lucratif dont la mission principale est de mettre ses compétences, son savoir et son énergie au service des organes de gouvernance africain afin de les accompagner dans le processus d’émergence qui mènera à un développement économique et social harmonieux à horizon 2030.

 

Ce message est également disponible en : Anglais