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Actualité

Africa Startup Summit Les acteurs du digital africain et international réunis à Tunis les 24 et 25 septembre

Lors du sommet des chefs d’État tenu en marge de Transform Africa, le 14 mai dernier, à Kigali, a été décidé de confier à la Tunisie la mise en œuvre d’un événement, “Afric’Up”, dédié à l’innovation, l’entrepreneuriat et à la valorisation des talents de la jeunesse africaine aux yeux du monde. Tunis s’apprête à relever le défi :  la capitale tunisienne accueille les 24 et 25 septembre prochains, Afric’Up – Africa Startup Summit. Explications avec son instigateur, Mohamed Zoghlami. 

Propos recueillis par DBM 

Vous organisez, à Tunis, les 24 et 25 septembre prochains, Afric’Up – Africa Startup Summit. Les évènements dédiés à la Tech africaine se multiplient sur le continent et au-delà. Quel est la particularité du votre ? 

Effectivement ce ne sont pas les événements qui manquent sur le continent et en dehors concernant la Tech africaine. C’est tout à fait normal, chaque pays, chaque incubateur, chaque réseau souhaite organiser son événement et mettre en valeur son écosystème. C’est de bonne guerre et cela prouve la vitalité du digital africain. Dans tous les continents, nous assistons au même phénomène. Mais je pense, que ce qui nous caractérise, c’est en premier lieu d’être un événement placé sous l’égide de l’Alliance Smart Africa et soutenu par le Gouvernement tunisien, la GIZ, Make IT Africa et de nombreuses institutions internationales.

C’est lors du sommet des chefs d’État qui a eu lieu à Kigali le 14 mai 2019 lors de Transform Africa, qu’il a été décidé de confier à la Tunisie la mise en œuvre d’un événement, “Afric’Up”, dédié à l’innovation, à l’entrepreneuriat et à la valorisation des talents de la jeunesse africaine aux yeux du monde. Car dans le programme et les objectifs de l’Alliance, c’est à la Tunisie qu’a été confié « le flagship » de l’écosystème startup & innovation.

Par ailleurs, il existe de nombreuse manifestation mais aucune, qui met en relation les écosystèmes du Nord & du Sud, du Centre, de l’Ouest & de l’Est, francophone, anglophone, lusophone et arabe.

Concrètement, qui sera présent et comment va se dérouler la rencontre ? 

Afric’Up s’adresse à l’ensemble des acteurs du digital africain et international, investisseurs, incubateurs, experts, chercheurs, startups, associations, institutionnels, des représentants de la diaspora africaine et des professionnels, et invités venant d’autres continents – et célébrera les femmes « digital maker ».

Deux journées d’évènements exceptionnels consacrées à l’innovation, la Tech africaine, l’entreprenariat, les success stories et les talents africains qui seront orientées, axées sur, le financement de startups, le networking, l’échange d’expériences, des meetup, des « deal room », des sessions / ateliers de coaching et de mentorat encadrés par des intervenants à l’expérience internationale reconnue, mais aussi un espace d’exposition de startups et des conférences.

De nombreuses activités en marge d’Afric’Up animeront le Sommet, le premier Makeathon africain réalisé avec les allemands d’ITQ, l’Africa TechUp Tour co-organisé par l’association Hackafrica et la société Rintio, est une série de hackatons dont les vainqueurs se retrouveront à Tunis, le concours « Best African Legal Tech Startup », « l’Afro Creative Challenge » ou il s’agit d’imaginer, de penser, dessiner l’Afrique de 2063, le « E-commerce Mobile Application Africa AWARD », mais aussi l’Afric’Up Pitch un concours qui permettra d’accueillir 15 jeunes startups africaines tous frais payés à Tunis pour rencontrer des investisseurs. Aujourd’hui, nous avons reçus plus de 1400 réponses provenant de plus de 38 pays ce qui exceptionnel ! Les trois premiers seront incubés au Canada au Digihub de Schwanigan tout frais payés pendant plusieurs mois. L’Afric’Up Stage, prendra en charge 35 startups représentatives de l’écosystème Smart City africain tous frais payés, afin de rencontrer investisseurs, experts, et la presse internationale. Ce sera la vitrine du savoir-faire, de l’innovation, et la créativité des startups africaines.

Tunis, qui accueille l’évènement, se positionne par ailleurs comme un hub technologique régional. Quels sont les atouts et les limites du pays à ce titre ? 

C’est parce que la Tunisie est « hub » de talents, de savoirs, d’éducation, de recherche et d’innovation à l’échelle africaine, qu’elle a été choisie par l’Alliance Smart Africa pour mener la réflexion sur le développement de l’écosystème startup africain.

Mais la Tunisie est un pays de paradoxe, il collectionne les titres, reconnue pays africain le plus innovant (Bloomberg), la première place pour la qualité de son environnement entrepreneurial (Global Entrepreneurship Index) et dispose de la meilleure connexion internet mobile du continent (Speedtest Global Index). La Tunisie regorge de talents inexploités, c’est ce qu’a révélé Forbes dans un article publié le 11 janvier 2018.

Le pays dispose de nombreux atouts pour être « un hub technologique régional », les TIC représentent, 7,2 % du PIB autant que le tourisme, 7,5 % de taux de croissance, 100 000 emplois (création de 7500 postes/an), 1 200 entreprises TIC implantées, il produit environ 10000 ingénieurs par an pour une population de 11,6 millions, soit autant que la France proportionnellement, pour une population de 67 millions qui forme environ 32000 ingénieurs an.

C’est un des écosystèmes startups africains les plus actif, intéressant dans sa diversité et son approche. La Tunisie n’a-t-elle pas été le premier pays en mettre en place un cadre pour faciliter le lancement et le développement de startups, le « Startup Act », mais elle n’en demeure pas moins inconnue à l’échelle du continent et dans le monde. Pourquoi ? C’est à cette question que nous tenterons de répondre lors d’Afric’Up.

Sachant que la Tunisie est déjà une pépinière de start-up. La jeunesse tunisienne exprime sa soif d’entreprendre à travers les Tics…

Effectivement, l’écosystème startup est très productif on estime à plus de 600 startups membres de l’Association Tunisian Startups, et on oublie celles qui ne sont pas déclarées certainement deux fois plus nombreuses. C’est aussi de nombreux incubateurs/accélérateurs (plus de 20) très performant, dont IntilaQ, Flat6Labs, Factory 619, BIAT Labs, Cogite, Wiki Startup, U Accelerator, …des Universités de renom Esprit, Université Centrale, des fonds d’investissement, Diva Sicar, Faster Capital, UGFS, et ceux reconnu à l’échelle du continent tel qu’Africinvest, Orange Digital Venture…

Cette soif d’entreprendre on la retrouve au travers de nombreuses manifestations et concours. Le jeune tunisien n’aspire qu’à créer sa startup, son métier, son emploi…Et il l’exprime par les TIC soit dans son pays, soit de plus en plus souvent en partant à l’étranger. Depuis la création du Startup Act, on a constaté une augmentation de près de 30% de créations de jeunes pousses.

Justement, quelle est l’expertise tunisienne dans le domaine qui peut être mise à profit sur le continent ?

Je pense que l’expertise tunisienne est multiple, nous avons cette chance, pour un petit pays, d’avoir de bonnes universités et instituts technologiques, qui couvrent bien le territoire et qui ont une approche multisectorielle, informatique, mécatronique, robotique…  Mais force est de constater qu’actuellement de grands efforts sont réalisés autour de l’IA. Le Gouvernement tunisien a pris conscience de l’importance de l’IA & de l’industrie 4.0, et en a fait une priorité, il peut compter sur un écosystème startup très performant, et sur sa diaspora.

La Tunisie se classe ainsi 2ème en Afrique du Government AI Readiness Index (2019) qui évalue la capacité des gouvernements à tirer parti des avantages de l’IA.

Mais il y a un secteur totalement méconnu qui a émergé autour de l’École 3D Netinfo, c’est un écosystème lié à l’industrie créative culturelle digitale, c’est-à-dire le jeu vidéo, l’animation, la 3D, la VR, les effets spéciaux, qui permet à la Tunisie d’être avec l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigéria en pôle sur cette industrie du futur. L’expertise tunisienne commence à être reconnue en Afrique sub-saharienne et est recherchée.

Vous avez par ailleurs un projet de smart city dans les tuyaux…

La Tunisie porte plusieurs projets de Smart City, au travers de l’initiative Tunisian Smart City. Mais c’est à l’association Bizerte 2050 crée en 2009 et qui opère pour le développement de la région de Bizerte à travers des concepts innovants, inclusifs et futuristes qui est à l’heure actuelle la plus active. 

L’association Bizerte 2050 fonctionne en étroite collaboration avec des sociétés régionales, des institutions publiques et privées et des associations locales nationales et internationales.

Bizerte Smart City intervient avec une vision horizontale sur les mégaprojets du gouvernorat de Bizerte planifiés à l’horizon 2050. Sa vision consiste à faire intégrer les composantes Smart dans l’élaboration de ces futurs projets à savoir dans la gestion de la mobilité, l’énergie, le bâtiment et logement, le service public, la mobilité et la gestion intégrée.

Bizerte Smart City est devenue partenaire de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications), et la ville de Bizerte a pu bénéficier d’une affiliation au programme international U4SSI à la suite d’un audit réalisé par des experts de l’UIT qui concerne plus de 100 indicateurs de performance. (Certificate / United 4 Smart Sustainable Cities). L’UIT a inscrit Bizerte parmi les quatre premières villes intelligentes et durables au monde, aux côtés de Dubaï (EAU), Pully (Suisse) et Singapour. Et l’Union Africaine, a inscrit Bizerte dans l’Agenda 2063 concernant la transformation de l’Afrique.

Un mouvement qu’accompagne votre structure Afric’Up…

Afric’Up a été créé par la société TPM de Skandar Haddar spécialisée dans l’organisation d’événements en Tunisie, comme Tunisia Digital Summit, Ryeda, Batimaghreb moi-même, spécialiste de l’écosystème digital africain, et récemment c’est joint à nous M’Hamed Dalla ambassadeur de l’Alliance Smart Africa. Je dois dire que l’on se complète très bien, il y a la partie organisation, vision et stratégie portée par chacun d’entre nous. Nous croyons en l’Afrique, et nous espérons qu’Afric’Up soit ce lieu de synergie, d’échange, de créativité et d’innovation panafricain qui permettra de booster, mettre en valeur l’écosystème digital et ses success stories. Notre vœu est de voir émerger, naître une future licorne africaine.