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Actualité

Africa Cyber Security La contre-attaque est déclarée

A l’aune de la 4 ème révolution industrielle, Africa cyber Security fait le pari, depuis quatre ans, de transformer le potentiel du continent, encore de l’ordre du virtuel, en réalité matérielle. Abidjan, tristement célèbre sur la scène internationale de la cybercriminalité pour ses « brouteurs », autrement dit des pirates du web, mais qui assiste également à l’éclosion d’une Ivoir’Tech, aura été l’hôte par excellence de la rencontre qui s’y tenait les 3 et 4 octobre.

 

Reportage, pour Dounia Ben Mohamed à Abidjan

 

Un homme, cagoulé, assis devant un écran d’ordinateur sur lequel défilent des codes, que s’est ouvert, à Abidjan, la quatrième édition de l’Africa Cyber Security (ACS) qui se tenait à Abidjan les 3 et 4 octobre derniers « Cela peut être votre frère, votre cousin , un collège, ici ou à l’autre bout du monde… un hacker, c’est avant tout passionné d’informatique ». Et parce qu’Abidjan est devenue, malgré elle, tristement célèbre sur la scène internationale de la cybercriminalité en raison de  ses « broutteurs », ces pirates du net qui escroquent localement mais également à l’échelle internationale, particuliers, institutions, sociétés… que les organisateurs ont pensé cet évènement.

 

 

« La cybercriminalité freine l’accession de l’Afrique à cette nouvelle ère technologique »

 

« Après trois années de succès, nous nous retrouvons ici, plus grand, avec ce thème, futuriste, La feuille de route de l’Afrique pour la 4ème révolution industrielle (4IR), rappelle  Mack M. Coulibaly, fondateur de la rencontre et CEO de Jighi, avant de s’en expliquer. Dans le classement global de la compétitivité économique, 17 pays africains figurent parmi les 20 derniers. La question qui se pose : comment, compte tenu de ces statistiques, parler de 4e révolution industrielle ? Pour préparer le futur bien sûr ! Nous nous retrouvons ici pour préparer 2030, date à laquelle la révolution industrielle aura atteint sa pleine capacité. Et l’Afrique, bien qu’en retard, a beaucoup d’atouts pour prétendre à ce futur plein de promesses. » A condition toutefois, souligne l’entrepreneur qui loge à la Silicon Valley, d’apporter des réponses à la « cybercriminalité qui freine l’accession de l’Afrique à cette nouvelle ère technologique. »

 

« Si nos entreprises, nos institutions sont victimes de hackeurs, nous en avons les solutions »

 

C’est le pari qu’ose ACS. En réunissant 1500 participants, parmi lesquels des leaders internationaux en matière de cybersécurité, mais également des opérateurs de télécom, des start-uppers, des formateurs en coding et autres… Ainsi que des hackers. Dans l’idée que derrière chaque hacker se cache un sart-uppeur en sommeil, un hackaton a été organisé. 1500 inscrits ont été invité à « hacker » le site de l’évènement pour s’y inscrire. 50 ont relevé le défi et ont été invité à participer au Babi hacking challenge. Une compétition au cours de laquelle des cyber attaques sont simulées pour lesquelles les challenges doivent trouver des solutions. « Si nos entreprises, nos institutions sont victimes de hackeurs, nous en avons les solutions ». Localement. Et elles étaient belles et bien présentes les solutions made in Côte d’Ivoire. Dans l’edutech, l’agrotech, l’e-santé ou autre, la jeunesse entrepreneuriale ivoirienne était au RDV, invitée à se faire connaître des leaders mondiaux, éventuels futurs clients… « Ce sont les atouts de notre continent : sa population, sa jeunesse et le digital. C‘est 3 éléments combinés nous donne un pouvoir énorme, assure Mack Coulibaly. La population de l’Afrique en 2030 est estimée à 1 milliard 6 de personnes. Surtout, c’est une population très jeune : en 2030, plus de 600 millions auront moins de 19 ans. Un milliard moins de 25 ans. Imaginez si ce milliard était initié au digital, s’il était composé d’ingénieurs, on commence alors à voir l’énorme potentiel que cela nous offre. Ce futur doit commencer aujourd’hui ! Par la mise en place des institutions compétentes.  Des formations…Pour que ces efforts se matérialisent en pouvoir économique, pour sortir de la liste des 20 derniers en termes de compétitivité économique, il faut que le monde ait confiance en nos produits, nos infrastructures, nos solutions, digitale. Cette confiance se matérialise par la cybersécurité. C’est la logique que nous suivons ici. »

 

Même si elle ne concerne pas que l’Afrique, loin de là, la cybercriminalité figure parmi les grands défis de ce siècle. «  La semaine dernière, Airbus subissaient des attaques majeures via ses sous-traitants, souvent le maillon faible. Plus les volumes de données stockées sont importantes, plus il y a de menaces, juge Stéphane Varre, DGA d’Orange Côte d’Ivoire.  La stratégie doit reposer sur l’anticipation afin d’apporter les réponses les plus adaptées. » Selon l’approche développée par l’opérateur de télécom français à travers sa branche d’Orange Défense, un des leader sur le marché européen.

 

Si la menace est mondiale, en Afrique elle revêt d’autres enjeux. Sécuritaire, mais également économique, sociaux…

 

Or, si la menace est mondiale, en Afrique elle revêt d’autres enjeux. Sécuritaire, mais également économique, sociaux… Le continent apparait ainsi dans l’œil du cyclone : à la fois proie facile, mais également point de départ de la menace. D’avril à juin 2019, plus de 5,06 millions d’incidents liés à des logiciels malveillants téléchargés depuis internet ont été recensés au Maroc, précisent les chiffres du bulletin trimestriel de Kaspersky. Son voisin, l’Algérie, affiche le pourcentage le plus élevé d’utilisateurs attaqués par des menaces véhiculées par le web au cours de cette période.

 

Le spécialiste mondial de système de sécurité informatique était présent à Abidjan pour cette nouvelle édition d’ACS, avec Visa, Bitdefender, Main One ou encore Atos. Au total plus de 6000 participants dont plus 700 entreprises et structures, plus de 300 CEOs et C-level, et plus de 90 speakers venant d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique dont plus de 56 femmes leaders. Tous réunis, à Abidjan, pour lancer la contre-offensive…