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Rapport : La pandemie de COVID19 a annulé plus de deux décennies de progrès en matière de réduction de la pauvreté sur le continent

Les perturbations causées par la pandémie de COVID-19 ont poussé environ 55 millions d’Africains dans l’extrême pauvreté en 2020 et ont annulé plus de deux décennies de progrès en matière de réduction de la pauvreté sur le continent. C’est ce qu’indique le Rapport économique sur l’Afrique 2021 (ERA2021) lancé en marge de la Conférence annuelle des ministres des finances, de la planification économique et du développement (CoM2022), de la Commission économique pour l’Afrique à Dakar, au Sénégal.

Intitulé : « Lutter contre la pauvreté et la vulnérabilité en Afrique pendant la pandémie de COVID-19 », le rapport montre que la pandémie a causé des pertes d’emplois, réduit les revenus et encore plus limité la capacité des ménages à gérer les risques. On estime que 12,6 % de personnes de plus sont susceptibles d’être poussées dans la pauvreté en une seule année de plus que le total combiné des pauvres supplémentaires depuis 1999.

En outre, les ménages pauvres entrent et s’affranchissent de la pauvreté en raison de chocs exogènes comme la pandémie de COVID-19 et leur incapacité à gérer les risques non assurés ne fait qu’accroître leur vulnérabilité. Pour parvenir à une réduction durable de la pauvreté, il faut donc une compréhension approfondie du lien qui existe entre la pauvreté, les risques et la vulnérabilité.

« 12,6 % de personnes de plus sont susceptibles d’être poussées dans la pauvreté en une seule année de plus que le total combiné des pauvres supplémentaires depuis 1999« 

« Selon les projections actuelles, la pandémie est susceptible d’augmenter le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, en Afrique et dans le monde », indique le rapport.

Hanan Morsy, Secrétaire exécutive adjointe de la CEA et Économiste en chef à la CEA, déclare que le rapport analyse les répercussions de la COVID-19 en termes de pauvreté mais apporte une nouvelle dimension soulignant la vulnérabilité en Afrique. Il apporte l’élément d’analyse centrée sur les personnes de ce qui s’est passé pendant la COVID-19 et de ce que nous devons faire pour garantir que la population vulnérable soit protégée en termes de filet de sécurité sociale et de mise en place des bonnes politiques.

« Ce rapport est particulièrement pertinent compte tenu de la répercussion la plus critique de la COVID-19, qui a été l’annulation des gains très durement acquis que le continent a réussi à réaliser en matière de réduction de la pauvreté », affirme Hanan Morsy.

Tout en présentant les principales conclusions du rapport, Adrian Gauci, Chargé des affaires économiques, à la CEA, déclare que les pays africains ont réagi aux effets de la pandémie de COVID-19 sur la pauvreté en partie par le biais de politiques budgétaires et monétaires expansionnistes pour maintenir la consommation et la demande globale et empêcher les entreprises de fermer et d’enregistrer des pertes d’emplois.

« Un besoin urgent d’explorer des régimes d’assurance innovants et abordables, y compris des initiatives stratégiques axées sur le marché qui peuvent assurer les pauvres contre les chocs futurs »

« Une contribution majeure du rapport est l’accent mis sur la centralité du risque et de la vulnérabilité aux chocs dans la conception des stratégies de réduction de la pauvreté en Afrique », déclare Adrian Gauci.

Le rapport appelle à « un besoin urgent d’explorer des régimes d’assurance innovants et abordables, y compris des initiatives stratégiques axées sur le marché qui peuvent assurer les pauvres contre les chocs futurs. Il note que la collaboration entre les gouvernements et le secteur privé est primordiale.

Selon le rapport, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est une opportunité pour mieux construire l’avenir. La plupart des pays africains dépendent encore des exportations de matières premières et des importations de biens essentiels tels que les denrées alimentaires et les produits pharmaceutiques.

« « La ZLECAf aiderait l’Afrique à s’industrialiser et à se diversifier, en réduisant la dépendance commerciale vis-à-vis des partenaires extérieurs et en faisant passer la part du commerce intra-africain d’environ 15 % aujourd’hui à plus de 26 % »

« La ZLECAf aiderait l’Afrique à s’industrialiser et à se diversifier, en réduisant la dépendance commerciale vis-à-vis des partenaires extérieurs et en faisant passer la part du commerce intra-africain d’environ 15 % aujourd’hui à plus de 26 % ».

Le rapport recommande  aux gouvernements africains d’adopter des mesures de protection sociale ciblées ; de fournir une assistance sociale à court terme aux personnes les plus vulnérables et d’assurer la protection de la santé pour tous.

Renforcer la résilience des pays africains en investissant dans la protection de la santé pour tous

À plus long terme, les pays africains doivent renforcer leur résilience en investissant dans la protection de la santé pour tous, qui offre également un fort potentiel de création d’emplois ; construire un système national et régional de préparation et de réponse aux urgences sanitaires pour les futures pandémies ; renforcer les capacités nationales de production de vaccins grâce à des initiatives telles que les partenariats pour la fabrication de vaccins en Afrique ; tirer parti de la Zone de libre-échange continentale africaine et d’autres initiatives à l’échelle du continent pour créer des emplois décents et réduire la pauvreté.

Le rapport a été produit par la Division de la planification stratégique, du contrôle et des résultats, la Division du genre, de la lutte contre la pauvreté et de la politique sociale et de la Division de la macroéconomie et de la gouvernance de la CEA.

Pour en savoir plus : https://www.era-report.org/fr

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