Expansion en Afrique
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Expansion en Afrique : La Société générale avance 4 milliards d’euros

La Société générale a prévu d’investir 4 milliards d’euros pour renforcer et étendre son implantation en Afrique, entre 2014 et 2016. Elle prévoit l’ouverture d’agences, de filiales et de nouvelles acquisitions.

La Société générale a révélé à Abidjan, le 17 avril 2015, lors du lancement de sa nouvelle campagne institutionnelle, qu’elle allouera 4 milliards d’euros de ressources supplémentaires à son expansion en Afrique, entre 2014 et 2016. Son objectif : une croissance de 7% par an de son produit net bancaire sur les 2 prochaines années.

Pour l’atteindre, la banque va maintenir son rythme d’ouverture de 50 à 70 agences par an, mais ouvre également de nouvelles filiales. Dernière en date, son implantation au Togo, annoncée le 4 décembre 2014, vise d’abord une clientèle d’entreprises. En fonction des opportunités, la SG rachète également de petites banques pour servir de base à une nouvelle implantation. Elle a annoncé, le 19 mars 2015, une prise de participation majoritaire au capital de la Mauritius Commercial Bank au Mozambique, mais attend toujours l’autorisation des autorités nationales.

La banque a également plusieurs projets pour améliorer ses services bancaires : la création d’une offre de cash pooling régionale, élargir l’offre d’internet banking, créer une salle de marché régionale à Abidjan, créer des plateformes régionales de financements structurés, élargir les solutions spécifiques d’affacturage et de crédit-bail au bénéfice des PME, déployer son offre mobile banking panafricaine … « Le Groupe va continuer ces expériences de mutualisation avec la création, en juin 2015, d’un « hub » marketing qui vise à harmoniser les offres produits et les efforts de marketing pour toute l’Afrique subsaharienne, et d’un « hub » leasing en Afrique Centrale », ajoute le banque.

Son but, améliorer et conforter une position déjà avantageuse sur le marché africain. Le Groupe compte déjà 1000 agences, dans 18 pays, et plus de 11 000 collaborateurs pour 3 millions de clients dont 150 000 entreprises. « première banque en Côte d’Ivoire et au Cameroun, première banque à capitaux privés en Algérie,  2ème banque en Guinée et au Sénégal. Dans plus de la moitié de ses filiales, Société Générale affiche des parts de marché supérieures à 10%, et même supérieures à 20% au Cameroun, en Guinée, au Sénégal et en Côte d’Ivoire », assure le Groupe.

« Nous sommes la première banque de Côte d’Ivoire et de l’UMOA. Nous avons eu pourtant tendance, récemment, à baisser la garde. D’autres banques ont pu prospérer. Nous avons cependant, depuis fin 2013, commencé à renverser la tendance. Et cela porte ses fruits », assurait Bledou Habib, Head of corporatebanking, à la SGBCI, filiale ivoirienne de la Société générale lors du forum économique maroco-ivoirien, en janvier 2015. La Société générale fait aujourd’hui face à la concurrence d’Ecobank, mais aussi des réseaux bancaires marocains comme Attijariwafa Bank ou la Banque Populaire avec le rachat du groupement Banque atlantique.

Comme la Société générale, mais dans une moindre mesure, la PBCE projette également, dans son plan stratégique 2014-2017, d’allouer 300 millions d’euros à son expansion dans la banque de détail sur le continent africain, notamment en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale.

Si dans les années 90, des banques françaises comme le Crédit Agricole se sont détournées de l’Afrique, le continent est aujourd’hui en bonne place dans les stratégies des banquiers et assureurs internationaux. Selon une étude du cabinet de conseil en stratégie Bain &Company, rendue publique en fin 2014, lles banques et les compagnies d’assurance peuvent miser sur une progression des revenus de 15 à 20 % dans la région.

« Le Groupe entend capitaliser sur le fort potentiel de croissance économique, supérieur à 5% par an,  et de bancarisation du continent avec des taux inférieurs à 20% dans beaucoup de pays d’Afrique, pour accélérer son développement », reconnaît la SG. Le crédit intérieur fourni par le secteur bancaire est encore très faible. Evalué à 60,6% du PIB, en moyenne, en Afrique subsaharienne, par la Banque mondiale, il est de 166% en moyenne dans le monde et de 202,7% dans les pays de l’OCDE.

« Je pense que nous bénéficions de taux d’intérêt plus élevés aujourd’hui en Côte d’Ivoire que dans l’Union européenne et au Maroc. Ils permettent une marge plus avantageuse pour les banques », expliquait Bledou Habib en CI. Les banques essaient également de capter les flux financiers importants des diasporas africaines.

 

Par Julie Chaudier

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