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2ème forum de la Francophonie : Diaspora et pôles de compétences

Le soutien de la diaspora aux investissements en Afrique est un point qui a longuement été traité lors du 2ème forum économique de la Francophonie qui s’est tenu à Paris, ce 27 octobre 2015. Un véritable appel à l’action vers les cadres moyens afin de contribuer au développement économique de l’Afrique.

Différents chefs de gouvernements, des personnalités publiques, membres de la Francophonie issus de 80 Etats étaient présents à cette deuxième édition du Forum économique de la Francophonie. Ce second événement a permis aux participants d’échanger sur des thèmes, non seulement liés à la Francophonie, mais aussi à l’impact qu’elle peut avoir sur l’économie, le développement durable, la santé…

Plusieurs thèmes ont été soulevés, notamment celui du rôle de la diaspora francophone et sa contribution à attirer l’investissement à travers les pôles de compétitivité en Afrique. Les secteurs économiques à développer sur le continent sont nombreux et passent avant tout par la création d’infrastructures : routes, aéroports, réseaux téléphoniques… et les différents intervenants ont souligné l’importance de partenariats entre la diaspora et les pays africains, aussi bien dans le secteur public que privé. « Avant toute chose, il est nécessaire de mettre l’accent sur l’innovation, et quand on parle de l’innovation, ce n’est pas nécessairement l’innovation technologique, mais c’est de développer des projets dans divers domaines pouvant développer économiquement les pays de l’Afrique et créer de l’emploi », explique Bertin Nahum, Président Fondateur Medtech France, une société spécialisée dans la conception de robotique médicale et chirurgicale.

 

A l’heure actuelle, la situation économique et financière de la diaspora est en pleine mutation. Les grandes vagues d’immigration africaines ayant formé des milliers d’ouvriers ne sont plus à l’ordre du jour. « Nous avons développé, il y a deux semaines, un pôle de ressources humaines qui invitent les jeunes investisseurs à émettre leurs projets en direction de l’Afrique. Aujourd’hui, une majeure partie de cette diaspora est née en Europe et représente 13,5% de la population africaine présente en Europe, contre 13% en provenance d’Afrique. Auparavant, l’immigration africaine poussait les gens à investir dans leur propre pays. A présent, nous souhaitons amener cette jeunesse à développer les partenariats sud-sud. C’est une tendance qui commence à se marquer et qui se développera davantage dans 5, voire 10 ans », précise Elie Nkamgueu, Président Club Efficience Cameroun, un organisme qui permet de réfléchir et de proposer des solutions pour les initiatives économiques liées à l’Afrique.

 

Faciliter les investissements en Afrique

 

« Notre rôle est aussi d’accompagner la diaspora à investir en Afrique. Pour y parvenir, nous sommes en train de mettre en place, un fond d’investissement destiné à développer les activités sur l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. Nous souhaitons ainsi pouvoir élaborer une sorte de carte qui répertorie toutes les opportunités d’investissement sur tout le continent. Par ailleurs, nous estimons que si nous réussissons à convaincre seulement 2% sur les 5 millions d’Africains vivants en France à donner 50 euros par mois, en une dizaine de mois, nous pourrions obtenir 50 millions d’euros, à investir dans un projet. Pour ceux qui ne peuvent ni emprunter en France, ni dans les pays d’Afrique, nous souhaiterions mettre en place un fonds de garantie leur permettant d’investir », déclare Elie Nkamgueu. Ce dernier a également souligné l’importance de diminuer les coûts de transfert, qui, selon lui, seraient à hauteur de 12,4% en les ajustant à 5%, ce qui permettrait d’économiser un montant de 4 milliards de dollars. Les solutions d’accompagnement se profilent, les études de faisabilité aussi, les projets se multiplient, il reste encore à développer davantage les outils permettant aux porteurs de projets de pouvoir trouver les informations nécessaires leur permettant d’investir en Afrique, dans les meilleures conditions.


 

Par Darine Habchi