• Tunisie Des indicateurs économiques préoccupants

Tunisie Des indicateurs économiques préoccupants

Les derniers chiffres publiés par la Banque centrale de Tunisie montrent une évolution inquiétante de la dette publique tunisienne dont le montant atteint 63,18 milliards de dinars. En un an, le total des engagements de l’Etat auprès de ses différents bailleurs a augmenté d’environ 10 milliards de dinars, pour atteindre 66,9 % du PIB foin juillet 2017 (contre 60,9 % un an plus tôt).

Le service de la dette est passé de 2,83 milliards de dinars en juillet 2016 à 3,63 milliards en juin 2017, et 4,82 milliards en juillet, (le budget de l’Etat est de 32 milliards de dinars).

Avec 43,88 milliards, la dette représente une majeure partie de l’endettement tunisien, ainsi  particulièrement vulnérable aux variations de change. Or, le cours de la devise nationale a connu un soudaine dégradation depuis la mi-avril : 1 euro s’échangeait pour 2,45 dinars le 1er janvier, et à plus de 2,90 fin septembre.

Le déficit commercial se creuse

Cette dévaluation a des effets contradictoires sur la balance commerciale, mais globalement la valorisation des recettes d’exportation en augmentation sur les huit premiers mois de l’année de 18,1 % par rapport à la même période en 2016, n’a pas compensé celle des dépenses d’importation, de 19,3%. Le déficit s’établissait fin août à 10,0 milliards de dinars, contre 8,25 milliards l’année précédente à la même période. Le commerce extérieur tunisien a bénéficié de l’augmentation des recettes de pétrole brut (+ 114 %), des bons résultats de l’industrie textile (+15,6%) et de l’ensemble des industries manufacturières. Les exportations de phosphate et des produits dérivés en revanche, ont enregistré un net recul de 15 %. La dépendance énergétique et alimentaire de la Tunisie continue de peser dans le déséquilibre des échanges.

Un budget plus déficitaire que prévu
Par ailleurs, la Tunisie ne parvient pas à diminuer le déséquilibre de ses comptes publics. Le déficit du budget de l’Etat qui se monté déjà à 3,177 milliards de dinars fin juillet (environ plus de 3% du PIB de la Tunisie), laissant augurer un dépassement du déficit prévu dans la Loi de Finances 2017 (5,345 milliards de dinars, soit 5,4% du PIB).

La dépréciation du dinar qui alourdit le coût du service de la dette n’explique pas seule ce mauvais résultat. Le paiement des salaires a augmenté de 11,4 % jusqu’à fin juillet, alors que sous pression du FMI pour diminuer la part de sa masse salariale dans le PIB, il était prévu de limiter cette hausse à 4 % pour toute l’année. Le mauvais taux de collecte fiscale (qui n’atteint  au milieu de l’année qu’un tiers des prévisions pour 2017), l’absence de recettes de la vente de biens confisqués et de dons extérieurs (au lieu de respectivement 200 et 250 millions prévus) et les mauvais résultats des sociétés publiques, ne permettent pas de compenser l’augmentation non prévue des dépenses.

Plus de taxes en 2018

Les premières indications relatives à la Loi de Finances 2018, en cours de négociations avec les partenaires sociaux, dévoilent que le gouvernent envisage d’augmenter la TVA, de créer une contribution sociale généralisée pour renflouer les comptes sociaux, et du taux de la retenue à la source sur les bénéfices distribués par les sociétés. Des mesures de nature à diminuer le pouvoir d’achat des classes moyennes, déjà touchée par l’inflation de 5,7 % à la fin du mois d’août.


Par Thierry Bresillon à Tunis

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