• Pascal KAFANDO, le génie électrique

Pascal KAFANDO, le génie électrique

Enfant « bricolleur » Pascal Kafando, a fait d’une passion une activité professionnelle solide. Zoom sur le jeune directeur général de la Nouvelle Entreprise des Technologies ELECtriques (NET-ELEC).

 Par Ibrahima SANOU

 

Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Une affirmation qui sied à Pascal Kafando. Passionné de bricolages dès le bas âge, le petit Pascal quitte ses parents pour vivre avec son oncle connu pour ses travaux manuels de dépannages domestiques. Un environnement favorable pour Pascal Kafando qui va nourrir et mûrir ce loisir jusqu’à la fin de son cycle en Génie civil (Génie électrique). Son diplôme en poche en 2000, il intègre une entreprise en pleine croissance où il y avait beaucoup à faire. « C’était mon objectif, parce que quand il y a beaucoup à faire, on apprend beaucoup également » affirme-t-il. Ainsi de 2000 à 2007, il va toucher à beaucoup de choses, affuter ses armes avant de s’installer à son propre compte en 2008.

« Cette entreprise a été un centre de formation pour moi »

« Cette entreprise a été un centre de formation pour moi » le reconnait-il. En effet, après s’être frotté et aguerri auprès de professionnels, Pascal Kafando créé en juillet 2008, NET-ELEC avec la ferme détermination de la positionner rapidement au rang des entreprises de référence dans son domaine d’intervention. Pour cela, il va se donner les moyens d’y parvenir par notamment des formations en entreprenariat. Il obtient son premier chantier, en sous-traitance dans le cadre de la construction d’une société minière de la place. « Il y avait cette peur de ne pas être à la hauteur… » confie le jeune entrepreneur. Qui relève pourtant le défi. L’entreprise NET-ELEC fera une prestation de qualité et deviendra du coup une adresse sûre pour les demandeurs de toute envergure. Le succès de ce premier chantier amène un autre. La mise en réseau de la ligne électrique de Saponé (commune située à environ 50 km au sud de la capitale, dans la région du Centresud). A ce jour, plusieurs réalisations du public et du privé portent les empreintes de NET-ELEC. Et pour le directeur général, chaque chantier est un défi. C’est pourquoi, il dit se donner les moyens de se prêter à toutes sortes de travaux liés à son domaine d’intervention. Cependant, malgré les succès, les difficultés ne manquent pas. L’une des difficultés que rencontre NET-ELEC, est selon son directeur général, l’accès à certains marchés. « Quand on dit par exemple, qu’il faut avoir un chiffre d’affaire de 500 millions ou un milliard, ça nous exclut nous les entreprises moyennes malgré notre compétence parce qu’on n’a pas les reins solides financièrement ». Et pourtant, affirme-t-il, ils payent les impôts et bien d’autres taxes et leurs agents sont déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Il préconise que l’Etat réfléchisse à ce niveau, pour permettre de faciliter les choses.

Scinder les appels d’offres pour prendre en compte les PME

Pascal Kafando fait des propositions afin de prendre en compte les petites et moyennes entreprises dans les appels d’offres. Par exemple, selon lui, au lieu de prendre l’électrification de 50 villages pour constituer en lot unique et le confier à une seule grande entreprise, l’Etat peut les scinder en cinq ou dix lots afin de prendre beaucoup d’entreprises qui ont les capacités techniques pour faire le travail. En attendant, en 9 ans d’existence, NET-ELEC, a acquis expérience et savoir-faire. D’entreprise individuelle à sa création, NET-ELEC est aujourd’hui une Société à responsabilité limité (S.A.R.L) avec environ une dizaine d’employés déclarés à la CNSS et plusieurs dizaines d’employés temporaires. A la veille de son dixième anniversaire de création, NET-ELEC a placé son curseur haut, avec en sus, des partenaires nationaux et internationaux. Aujourd’hui, NET-ELEC, prend en compte tout ce qui est électrique, tertiaire (bureaux, climatisations, éclairages, réseaux ondulés, réseaux téléphoniques, etc.), l’industrie et le primaire (système agricole par exemple). Pascal Kafando exhorte, la jeunesse burkinabè, à se nourrir de courage, de détermination et surtout de patience d’apprendre. « Le marché est là et c’est indiscutable, travailler avec sérieux, et ne pas voir l’argent au début. L’entrepreneur, c’est celui qui accepte souvent de travailler à perte pour satisfaire son client », a prôné le directeur général de NET-ELEC.


 

 Par Ibrahima SANOU

Vous pourriez aussi aimer

Parcours

Lufefe Nomjana fait fortune dans la culture des épinards

Lufefe Nomjana, un jeune entrepreneur basé à Cap Town, fait fortune dans la culture des légumes, et plus spécifiquement d’épinards. Sa société, Espinaca Innovations, génère plus de 2 250 000

Parcours

Portrait Lamine Bakayoko, le café pour avenir

Comme nombre de jeunes ivoiriens ou africains,  l’émigration, pas toujours légale, a longtemps traversé l’esprit de Bakayoko Mohamed Lamine qui a finalement opté pour l’entreprenariat en lançant une start-up industrielle

Parcours

Malya : « J’ai en tête de faire un salon consacré à la création ethnique »

Beauté, prêt-à-porter, saveurs culinaires… à travers son salon « Black is Beautiful », Malya, souhaite faire vibrer au son de l’artisanat, toute la culture afro-caribéenne préservée et représentée par les exposants conviés