• Tunisie : Au royaume des olives
  • Tunisie : Au royaume des olives
  • Tunisie : Au royaume des olives

Tunisie : Au royaume des olives

Culture introduite en Tunisie par les Phéniciens (anciens peuples fondateurs de Carthage en 814 avant J-C), l’olivier est une culture emblématique dans le pays, deuxième producteur mondial d’huile d’olive, un secteur qui emploi plus d’un million de personne, une véritable alternative à la crise socio-économique qui perdure.  Et la prochaine récolte s’annonce prometteuse… Reportage.

Par Mohamed Abdellaoui

Samedi, il est déjà 6h00 (5h00 GMT) à Sidi Saâd, localité rattachée à Mornag, dans le Sud-est de Tunis et des dizaines d’hommes et de femmes, jeunes et moins jeunes, sont déjà sur la route. Il faut slalomer dans les sentiers pour atteindre les oliveraies perchées sur les hauteurs de la bourgade.

L’heure de la cueillette a sonné en Tunisie et la saison vient de démarrer. Pour cette année, la récolte s’annonce prometteuse. Les chiffres de l’Office national de l’huile (ONH) tablent, en effet, sur plus de 180 mille tonnes.

C’est plus qu’un produit de terroir

Une euphorie générale règne, en ce début d’ automne, dans ce pays fraîchement sorti d’une crise politique et sociale. L’olivier aide à maintenir l’espoir face à un marasme économique qui dure, du fait d’une croissance allant cahin-caha : de 1,6% en 2016 à 1,9% pour le premier trimestre de 2017, selon l’Institut national de la statistique (INS).

« As-tu ramené les peignes et les bâches en plastique ? », demande Halima à sa fille Noura. Enthousiaste et débordante d’énergie, la petite Noura répond par l’affirmative. Et la mère de s’exclamer d’une voix tonitruante : « La cueillette des olives, c’était tout un beau spectacle. Oh ! Bon vieux temps si tu reviens ». Le champ d’olives à cueillir par Noura, sa mère et bien d’autres employées saisonnières payées à la journée (15 dinars/ 5,99 USD), compte plus de mille arbres. Une fortune considérable, de l’avis de Halima.

L’Etat s’est engagé à planter 10 millions d’oliviers entre 2016 et 2020

«  Cette année, le litre d’huile d’olives est fixé à 14 dinars (5,59 USD). Une aubaine pour les propriétaires », soupire-t-elle. Des propos qui n’ont guère plu à Ibrahim, le propriétaire du champ : « Quand la saison est bonne, tout le monde en tire profit. L’olivier, ce présent divin, est très précieux, en ce qu’il peut sauver une économie aux arrêts. Voilà pourquoi l’Etat s’est engagé à planter 10 millions d’oliviers entre 2016 et 2020, à en croire le ministre de l’Agriculture Samir Bettaieb ».

Un secteur qui emploie plus d’un million de personnes

Cette orientation est, à bien des égards, stratégique, vu que le secteur  fait vivre, directement ou indirectement, plus d’un million de personnes et fournit 34 millions de journées de travail par an, ce qui équivaut à plus de 20 % de l’emploi agricole, d’après des statistiques officielles.

Sur le point de partir, Ibrahim salue ses ouvriers, alors que Halima verse dans un monologue d’une voix à peine audible, cette fois-ci. Le reste des ouvrières glanent, silencieusement mais soigneusement, les graines éparpillées ici et là, dans les ombres dansantes des arbres.

Un emblème tunisien, un levier de croissance

Culture introduite en Tunisie par les Phéniciens (anciens peuples fondateurs de Carthage en 814 avant J-C), l’olivier est présent dans toutes les régions ou presque du pays. Cette culture occupe, en effet, 1,8 millions d’hectares, soit 1/3 des terres labourables du pays, selon le Centre de promotion des exportations (Cepex). Le Centre-ouest du pays représente 29% de la superficie totale cultivée, le Sud du pays 21%, la région de Sfax (Sud-est) 19%, le Sahel 16% et le Nord 15%, d’après l’ONH. Ces régions totalisent 22 variétés d’olives. Les plus connues étant le « Chemleli », cultivé dans la région de Sfax, le « Oueslati » variété présente à kairouan, dans le centre du pays et le « Sahli » dans les zones côtières.

180 mille tonnes, dont 70% destinées à l’exportation

La production moyenne en huile d’olive est estimée, elle, à 180 mille tonnes, dont 70% destinées à l’exportation, selon le Cepex. L’importance des superficies réservées à l’oléiculture et la contribution à raison de 8% dans la production mondiale placent la Tunisie au rang de 2ème producteur mondial après l’Espagne, d’après l’ONH.

Très appréciée pour ses nombreuses vertus, l’huile d’olive tunisienne est présente dans  14 pays du Vieux Continent, 15 d’Afrique et 15 pays d’Asie, en plus des Etats-Unis, d’après l’ONH. Mais les parties concernées s’activent et œuvrent à s’introduire dans de nouveaux marchés, notamment en Russie, en Inde et au Japon.

Le secteur oléicole a représenté 40% des exportations agricoles et 10% des exportations totales du pays en 2016. Ce qui a permis de fournir 2 milliards de dinars de devises, selon le ministère du Commerce. L’agriculture contribue, quant à elle, à hauteur de 8% au PIB tunisien, d’après la même source.


 

Par Mohamed Abdellaoui

Vous pourriez aussi aimer

Nord-Sud

One Planet Summit : la question du financement au cœur des échanges

Le Sommet climatique s’est ouvert le 12 décembre 2017 dans la capitale française Paris, avec une priorité : la question du financement des pays vulnérable en vue de soutenir leurs efforts

Actualité

Gabon : Les PME en difficulté

Les petites et moyennes entreprises (PME) du Gabon sont confrontées au problème de trésorerie. Beaucoup n’arrivent plus à payer leurs employés depuis plusieurs mois, selon des informations proches du Conseil

Actualité

Energy Generation, des solutions nouvelles pour éclairer l’Afrique

Promouvoir et accompagner la jeunesse africaine à concrétiser ses projets dans le domaine de l’énergie et de l’électrification sont les ambitions principales de l’association Energy Generation. Pour accompagner ces jeunes