• Télécoms  Yoomee Mobile, le MVNO 100% camerounais qui veut bousculer les géants étrangers
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Télécoms Yoomee Mobile, le MVNO 100% camerounais qui veut bousculer les géants étrangers

Le nouvel operateur de téléphonie mobile détenu par des actionnaires locaux, est à la conquête de ses  premiers abonnés depuis le 25 août 2017.

Une opération de charme inédite ! A peine installé, son image est déjà présente sur plusieurs panneaux publicitaires des villes du pays. Les coins stratégiques sont les carrefours. A ce niveau, les passants sont suffisamment servis. Ils découvrent en effet des images inhabituelles sur un fond noir et rouge, d’un nouvel operateur de téléphonie mobile aux ambitions grandioses. A travers cette campagne publicitaire, Yoomee Mobile, qui a inauguré son immeuble-siège le 25 août dernier, à Akwa (quartier commercial de la capitale économique camerounaise) en présence de la ministre des Postes et des Télécommunications (Minpostel), Minette Libom Li Likeng, veut se faire connaitre et adopter par les populations.

Au même moment, des points de commercialisation des produits de l’entreprise s’ouvrent à travers le triangle national. Emmanuel Forso, son directeur général rassure sur la disponibilité des premiers produits de l’entreprise. « Les clients peuvent déjà obtenir des puces dans nos showrooms et à travers notre réseau de distribution ». Toutefois, la plus grande bataille que l’operateur privé soutenu par l’operateur public Camtel (Cameroon Telecommunication), veut à tout prix remporter, est la conquête des parts de marché de la téléphonie au Cameroun. Le marché local est actuellement dominé par MTN, Orange et Nexttel.

Orange et MTN contrôlent à eux seuls, 93, 8% du marché. Les statistiques de l’Agence de régulation des télécoms (Art), révèlent que le Cameroun compte 16, 8 millions d’abonnés (sur une population de 22 millions d’habitants) à fin septembre 2015, contre 16, 6 millions en 2014. Le sud-africain MTN se taille la part du lion avec 57, 04% du marché, contre 36, 8% pour le français Orange. Le vietnamien Viettel qui opère sous la marque Nexttel, s’en sort avec 4, 66% de parts de marché à la même époque. Camtel, l’operateur historique contrôle 1, 4% du marché de la téléphonie au Cameroun selon les statiques de l’Art.

Des chiffres que Yoomee Mobile veut bousculer en s’appuyant sur le taux de pénétration du mobile au Cameroun, qui se situe à 80%. Mais le marché est dominé par des clients à multi-SIM. Des études plus approfondies sur des utilisateurs uniques font ressortir des taux de pénétration avoisinant les 40%. « Tout cela pour vous dire qu’il y a encore plus de 60% de la population qui n’a pas encore un téléphone mobile que nous allons aller chercher. Nous comptons nous démarquer par notre couverture qui est nationale avec une expérience client différente et innovante pour mieux satisfaire notre clientèle », explique, tout confiant, le Dg de Yoomee.

Les services de l’operateur de téléphonie mobile 100% camerounais, sont donc déjà opérationnels. Dans les coulisses, on annonce l’arrivée des modems dans les prochains jours. Entre temps, l’entreprise a déployé un maillage dense du territoire avec des showrooms à Yaoundé, Douala et dans les principales agglomérations du pays. Au cours de cette opération, des packs mobiles smartphones premium, ainsi que des packs mobiles économiques sont commercialisées.

Une ambition panafricaine

Le jour de l’inauguration de son immeuble-siège, le directeur général, Emmanuel Forso, est revenu sur l’historique de Yoomee. C’est alors qu’on apprendra que c’est HTT Telecom SA, une entreprise de fourniture d’accès Internet créée depuis 2011, qui est devenue Yoomee Mobile. On se rappelle qu’elle a été pionnière dans l’avènement du haut débit sans fils au Cameroun « ce, alors  que les populations urbaines se connectaient encore à un débit moyen de 256 Kbs. Dès 2012, Yoomee assimile très vite la notion de mobilité et alimente le marché urbain camerounais de Mifi (Wifi mobile) et de clés Internet », se souvient encore Emmanuel Forso.

Tuée par la concurrence, Yoomee qui réapparait aujourd’hui, plus armée et plus confiante que jamais, a investi, à l’époque, dans un projet universitaire de Wifi Campus à savoir, l’accessibilité wifi aux 70 000 étudiants de l’Université de Douala. Avec la nouvelle donne en marche, l’operateur qui dispose de sa propre licence d’exploitation d’un réseau MVNO (Mobile Virtual Network Operator), étend ses services à la voix afin d’être un operateur de télécom global. « Ce choix stratégique nous permettra d’augmenter plus rapidement notre base d’abonnés sur un marché encore dominé par la voix. En tant qu’opérateur économique détenu à 100% par des camerounais nous sommes convaincus que le défi de l’émergence doit être relevé tout d’abord par nous-mêmes. Permettre à un plus grand nombre de communiquer, voire la majorité de la population sur toute l’étendue du territoire est notre ambition en nous associant à Camtel ». C’est depuis octobre 2016 que le capital de l’entreprise, initialement suisse, est détenu à 100% par des investisseurs camerounais.

Des emplois créés

David Nkotto Emane, le Dg de Camtel compte contribuer à fond à l’épanouissement de son partenaire. C’est donc un coup de pouce du patrimoine national à une structure privée devenue la propriété du Cameroun. Les deux structures sont liées par une convention de partenariat. Il y a eu la signature avec Camtel, d’un partenariat de MVNO, qui fait de Yoomee Cameroun le premier full MVNO du pays, et qui constitue l’acte de naissance de Yoomee Mobile, devenant ainsi le premier opérateur privé 100% camerounais.

D’ores et déjà, Yoomee Mobile promet plus de 200 emplois directs et 700 indirects, d’ici fin 2017. En plus de vouloir arroser le monde rural et désenclaver l’arrière pays, Yoomee vise également le continent africain. L’entreprise est déjà présente en Côte d’Ivoire avec un réseau LTE.  « Yoomee souhaite contribuer à un accroissement significatif du taux de pénétration des technologies de l’information et de la communication, et par ricochet donc du taux de « lettrisme » informatique en Afrique francophone. Comme je le dis souvent, il serait regrettable pour les futures générations du continent de rater la révolution numérique comme ça été le cas avec la révolution industrielle », ambitionne Emmanuel Forso.


 

Didier Ndengue

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