• PARIS VEUT RENFORCER SA COOPERATION ECONOMIQUE AVEC ACCRA

PARIS VEUT RENFORCER SA COOPERATION ECONOMIQUE AVEC ACCRA

La tournée africaine d’Emmanuel Macron s’est achevée dans la capitale ghanéenne le jeudi 30 novembre 2017 avec beaucoup de promesses faites à la jeunesse et aux opérateurs économiques. Ceci marque le pas d’un nouveau départ dans la politique africaine de l’Elysée avec l’un des pays qui enregistre une forte croissance économique en Afrique de l’ouest.

Le périple africain d’Emmanuel Macron, le chef de l’exécutif français, s’est achevé le jeudi 30 novembre dernier dans la capitale ghanéenne. Cette visite, première du genre d’un chef d’Etat français dans ce pays anglophone illustre la volonté d’une approche « continentale » de l’Afrique », au-delà des anciennes colonies, de la nouvelle administration française. Pour Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, le chef de l’Etat ghanéen, le moment est venu pour son pays de renforcer sa coopération et amitié avec la France pour le progrès et la prospérité des deux peuples et pays. Il s’est appesanti sur le caractère symbolique de cette visite et il espère qu’elle va permettre de booster les échanges commerciaux et les investissements entre les deux pays.  «Nous voulons que nos relations avec la France soient caractérisées par une hausse des échanges commerciaux et les investissements et non par les aides », a insisté Nana Addo Dankwa Akufo-Addo. Pour le nouveau locataire de Flagstaff House, la présidence ghanéenne, le temps est venu pour les pays africains de penser à financer leur propre développement. «Il n’est pas juste qu’un pays comme le Ghana, soixante ans après son indépendance, continue à financer  son budget de santé et d’éducation sur la base de la générosité et de la charité des contribuables européens. À présent, nous devrions être en mesure de financer nous-mêmes nos besoins fondamentaux», a déclaré Nana Addo Dankwa Akufo-Addo.

Ghana : 7e destination des investissements français en Afrique subsaharienne

Depuis quelques années les investissements français n’ont pas cessé de s’accroitre dans ce pays qui va célébrer en mars prochain les 60 ans de son indépendance. Selon l’hôte du chef de l’Etat français, «les investissements français au Ghana avoisinaient 1,5 milliard d’euros en 2015», faisant ainsi de son pays la 7e destination des investissements français en Afrique subsaharienne. De leur côte,  les opérateurs économiques ghanéens espèrent que cette visite permettra d’augmenter les investissements dans leur pays. «Pour le moment je me réjoui déjà du fait que le chef de l’Etat français promet d’œuvrer pour l’entreprenariat des jeunes français et ghanéens. Ceci va permettre de booster les échanges commerciaux entre nos deux pays», a fait remarquer John Tamakloe, un entrepreneur ghanéen. Toutefois, il espère que cette visite va aussi permettre de faciliter l’accès au marché français pour les produits «made in Ghana». Une forte délégation d’hommes d’affaires français avait fait le déplacement de la capitale ghanéenne. Pour le chef de l’Etat ghanéen, l’économie privée est la solution au développement pour s’émanciper de l’aide occidentale et résoudre les crises, y compris celle des migrants. Plus de 60 entreprises françaises sont actuellement installées au Ghana, dont 46 comme filiales de groupes établis en France, et une quinzaine d’entreprises individuelles de droit local détenues par des français. Leurs activités couvrent des domaines aussi divers que l’agriculture, la banque, l’assurance, la construction, la logistique, les hydrocarbures ou encore l’hôtellerie restauration.

Macron : ami des jeunes entrepreneurs ghanéens

Celui que les jeunes ghanéens considèrent désormais comme un réformateur après cette première visite dans leur pays, n’a pas hésité à se rendre en compagnie du footballeur Abedi Pelé dans un centre sportif et un incubateur de nouvelles entreprises où il touché du doigt les réalités des jeunes entrepreneurs. Là, le locataire de l’Elysée qui veut renforcer la coopération économique avec le Ghana a exprimé sa fierté. «Je suis très fier d’être le premier à visiter votre pays», a lancé Emmanuel Macron. «Je veux qu’aujourd’hui un jeune sénégalais, un jeune ivoirien ou un jeune ghanéen, puisse se dire : je vais réussir formidablement dans mon pays, je vais faire les meilleures études au monde et je pourrai avoir des diplômes avec un pays français, néerlandais ou allemand. Je pourrai avoir un visa de circulation si j’ai besoin de fonctionner entre les deux continents et les deux pays. Je vais devoir développer mon entreprise, créer de business et travailler avec ces entreprises dans un espace beaucoup plus ouvert », a conseillé Emmanuel Macron aux jeunes entrepreneurs ghanéens. L’hôte ghanéen a pour sa part aussi convié les jeunes ghanéens à rester au pays pour créer de la richesse. «Il n’y a pas si longtemps, les jeunes d’Irlande et d’Italie partaient aux États-Unis trouver un avenir. Aujourd’hui, ils restent en Irlande et en Italie. Nous voulons que nos jeunes restent», a déclaré Nana Addo Dankwa Akufo-Addo. Pour Isaac o’cloo, jeune développeur d’une startup, «les jeunes peuvent bien entreprendre et innover mais pour porter leurs projets loin ils auront besoins de plus de facilité aux crédits.»

Briser la barrière linguistique pour une coopération réussite

Les deux chefs d’Etats ont en commun le bilinguisme. En effet, Emmanuel Macron et son hôte ghanéen s’expriment parfaitement en Français et en Anglais. Lors d’un point presse tenu le jeudi 30 novembre 2017 à Accra, le président ghanéen a même précisé qu’il était francophile. Et de fait, depuis son arrivée au pouvoir il y a un an, le s’est doté de dizaines de nouvelles classes de français. Aujourd’hui, le président français espère trouver en la personne de Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, un bon avocat de la France auprès des pays anglophones qui enregistrent généralement une forte croissance économique. Ceci pourra permettre aux entreprises françaises de rattraper leur retard dans les pays anglophones à l’instar du Ghana. «Nous pouvons améliorer les choses. A cet effet, mon gouvernement a mis en place des mesures visant à faire du Ghana, l’économie la plus propice pour les affaires en Afrique. Ces mesures visent à attirer les investissements et aussi stimuler la croissance dans le secteur privé. Nous sommes entourés au nord, à l’est et à l’ouest par des pays francophones and nous reconnaissons l’importance stratégique de nos voisins et de la France dans le développement de notre pays » a souligné le président ghanéen. Pour M. Francois Pujolas, Ambassadeur de France au Ghana, une meilleure connaissance du français par les Ghanéens permettra, selon lui, une meilleure intégration du Ghana en Afrique de l’Ouest, dont la majorité des pays -y compris les voisins du Ghana – sont francophones. Une partie de cette visite au Ghana a été effectuée conjointement avec le Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, pour ainsi marquer la dimension européenne que le Président français aspire à donner à sa politique africaine.


 

Blamé Ekoué, Accra

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