• L’IAER : un exemple de coopération Nord-Sud
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L’IAER : un exemple de coopération Nord-Sud

Malgré son énorme potentiel énergétique, le continent africain manque de financements pour investir dans le secteur des énergies renouvelables. Pour pallier à cela, l’initiative africaine pour les énergies renouvelables (IAER), lancée en décembre 2015, a reçu l’adhésion des partenaires techniques et financiers à la COP 22 au Maroc.

 

Conçue par les africains pour les africains, cette initiative vise avant tout à mettre en valeur les ressources inépuisables du continent en matière d’énergies renouvelables, permettant ainsi d’atteindre les objectifs de développement fixés par les pays. Elle a reçu le soutien des partenaires au développement qui ont promis de mobiliser au moins 10 milliards de dollars. Cette initiative va permettre d’apporter de l’énergie propre, sûre et abordable aux 640 millions d’âmes qui en sont actuellement dépourvues sur le continent.

 

« Notre ambition est de produire 300 GW d’électricité. Ce n’est pas rien du tout. Car nous devons satisfaire le maximum de personnes et tout type d’énergie renouvelable doit être promu », a laissé entendre Sokona Youba, vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) et un des promoteurs du projet.

 

Un financement Nord-Sud

Pour accompagner cette initiative, un certain nombre d’engagements ont été pris par des partenaires techniques et financiers occidentaux dans un élan de coopération Nord-Sud. C’est dans cette optique que la France et la Banque africaine de développement (BAD) ont signé en novembre 2016 à Abidjan, un accord d’un montant de 6 millions d’euros pour la mise sur pied d’une unité d’exécution du projet.

 

« J’accueille très favorablement la contribution française. J’espère que cet engagement constituera aux yeux d’autres parties un important catalyseur qui nous aidera à atteindre nos objectifs de financement, à mesure que nous déployons des efforts pour répondre aux besoins énergétiques futurs de l’Afrique »,  s’est réjouie Frannie Léautier, vice-présidente principale de la BAD lors de la signature de la convention d’accord de financement.

 

Selon un communiqué de la BAD, ce financement contribuera à dresser la carte des initiatives et programmes de développement des énergies renouvelables et identifier de nouveaux projets. Il va aussi permettre de suivre les projets prioritaires portant sur le développement durable de l’Afrique d’ici 2020. Dans ce même cadre, l’Allemagne a alloué une enveloppe financière de 2 millions d’euros. D’autres partenaires traditionnelles du continent se sont aussi joints à ce projet qui aura à jouer un rôle important dans la lutte contre le dérèglement climatique.

 

Des sources multilatérales

Hormis les 5 milliards de dollars de financement public promis par les États-Unis, d’autres financements à des taux préférentiels de sources multilatérales et bilatérales et autres, y compris le Fonds vert pour le climat, seront nécessaires pour l’exécution du projet entre 2016 et 2020.

 

Ces financements vont exercer un premier effet de levier sur 15 milliards de dollars, puis pour un total d’au moins 20 milliards de dollars. Déjà, 400 projets parmi lesquels le barrage Inga III en RDC, le parc éolien du Golfe de Suez en Egypte pourront bénéficier de ces financements. Un mécanisme d’assurance et de sécurisation des bailleurs de fonds en cours d’élaboration pourra permettre aux pays surendettés de pouvoir emprunter à nouveau pour financer leurs projets dans le cadre de cette initiative.

 

La BAD à la manœuvre

L’Unité d’exécution de l’Initiative Africaine pour les énergies renouvelables sera hébergée  par la BAD. L’institution a entre autres décidé d’encadrer la mise en œuvre de cette initiative en mettant en place un département consacré exclusivement  aux énergies renouvelables et un fonds commun de libre accès – via lequel les différents acteurs prenant part à l’initiative pourront avoir accès au financement mobilisé au profit de celle-ci. Déjà, l’institution, qui a été désignée comme administratrice et gestionnaire de l’IAER, a annoncé fin décembre 2016 injecter 2 milliards de dollars dans ce projet entre 2017 et 2020.

 

Mais les experts pensent qu’il faudra associer davantage le secteur privé de même que les organisations de la société civile qui pourraient jouer le rôle de veille dans l’exécution des différents programmes. « C’est une très bonne initiative faite par les africains pour les africains. Mais nous pensons qu’il va falloir associer dans une grande mesure le secteur privé pour vérifier l’effectivité des différents programmes financés et évaluer leurs impacts sur le terrain », a expliqué Sena Alouka, président de l’ONG Jeune Volontaire pour l’Environnement.

 

Pour l’heure, tout semble présager un bel avenir pour l’IAER, vu l’engouement qu’elle suscite auprès des différentes parties prenantes. Pour rappel, l’Afrique dispose actuellement de 150 gigawatts de capacité totale de production d’électricité et ambitionne de monter à 300.


Auteur : Blamé Ekoué // Ségolène Royal, Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, chargée des Relations internationales sur le climat et Akinwumi Adesina, Président de la BAD © DR

 

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