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Les cafés AGM : une autre manière de penser l’Afrique

Plateforme dédiée à l’agrobusiness en Afrique, Afrique Grenier du Monde, innove avec les Cafés AGM. Un concept loin des grands forums ‑ une dizaine de participants réunis autour d’une personnalité pour débattre d’un thème ‑  qui invite à réfléchir aux défis du continent. Aux questions liées à l’agriculture en particulier. Une initiative de Charlotte Libog. Nous l’avons rencontrée lors d’une des éditions des Cafés AGM.

 

Par Dounia Ben Mohamed 

 

11 mai, hôtel Sheraton dans le 16 arrondissement parisien. 19h et des poussières, les participants arrivent les uns après les autres, démarrant aussitôt les échanges. La maîtresse de cérémonie, Charlotte Libog, présidente fondatrice d’Afrique Grenier du monde, présente les uns aux autres. Quand l’invité du jour arrive, David Djipi, un serial entrepreneur. La rencontre peut démarrer. Charlotte commence par en rappeler le concept. « Merci  d’avoir répondu à notre invitation, vous êtes plus nombreux que prévus ce qui confirme l’intérêt de ce type de RDV. Les cafés AGM offrent un cadre d’échanges plus favorable que pendant les grands forums et conférences. Compte tenu de la demande, on va passer à deux par mois. »

« AGM : Une plateforme d’information, mais aussi une tribune pour un plaidoyer en faveur de l’entreprenariat agricole. » 

En attendant, la session se déroule selon le format voulu par son initiatrice : concept loin des grands forums ‑ une dizaine de participants réunis autour d’une personnalité pour débattre d’un thème ‑  qui invite à réfléchir aux défis du continent. Aux questions liées à l’agriculture en particulier. La passion de Charlotte, présidente-fondatrice d’Afrique Grenier du Monde, plateforme dédiée à l’agrobusiness sur le continent. « Je suis informaticienne, à l’origine, je travaillais tranquillement dans une grosse boite, un collègue qui vivait aisément grâce à l’agriculture m’a convaincue de m’y intéresser. Je me suis lancée un peu par hasard avec mon époux. On a commencé à acheter plusieurs hectares dans une région du Cameroun, mon pays d’origine. L’aventure s’est soldée par un bel échec. Mais je n’ai pas abandonné pour autant : cela m’a confirmé dans l’urgence de mettre en place un outil pour que cela n’arrive pas à d’autres. C’est comme ça qu’est née AGM. Une plateforme d’information mais aussi une tribune pour un plaidoyer en faveur de l’entreprenariat agricole. » Et la jeune femme de souligner : « L’entreprenariat agricole a toujours existé mais aujourd’hui on fait face à trente ans d’échec de politique agricole. Si on ne se bouge pas, nous secteur privé, pour plaider notre cause, on n’avancera pas. »

30 ans d’échec de politique agricole 

Le décor étant planté, tour à tour les participants se présentent. Des étudiants, entrepreneurs, analystes, déjà présents dans le secteur de l’agriculture en Afrique ou tentés par l’aventure, en quête précisément d’informations « concrètes ». David Djibi, c’est son rôle, diplômé d’une grande Ecole d’ingénierie à Paris, trader pendant quinze ans avant de rentrer au Cameroun pour se lancer dans l’agriculture en 2007. Il fonde DJIPI AGRO-INDUSTRIE, une société spécialisée dans la production, la collecte, la transformation, la commercialisation des produits agricoles et forestiers, implantée dans la région du littoral Cameroun dans les villes de KOMBE et KOMPINA. A la tête d’une plantation de plus de 500 ha, il est devenu milliardaire grâce à l’agriculture. Une expérience qu’il partagera avec l’assistance, multipliant les recommandations et mises en garde. « J’ai démarré avec des erreurs de débutant comme tout le monde et au fur et à mesure que je progresse, je m’adapte, confie David. Tout ce que vous investissez au début de votre projet va porter toute la vie de l’exploitation ! »

« Tout ce que vous investissez au début de votre projet va porter toute la vie de l’exploitation ! » 

Il poursuit ainsi tout au long de soirée. Plus de trois heures au cours desquels chacun partagera son expérience, ses bonnes pratiques, les obstacles rencontrés et les moyens de les contourner. Ce qui est tout l’objectif des cafés AGM, des rencontres en petit groupe destinées à mettre en place des synergies dans une approche collaborative. Avant de se quitter, l’assistance se donnera un autre RDV, le 18 mai, pour un échange autour de Pierre Alexandre Moussa, CEO de JT AGRO, qui fera connaitre son expérience. Celle d’une structure agroalimentaire illustrant parfaitement un modèle de coopération économique entre la paysannerie et le secteur privé d’une part et respectueux de l’environnement d’autre part.


 

Auteur : Dounia Ben Mohamed // Photos : Edition Cafés AGM du 11 Mai © DR

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