• Leadership féminin Un changement d’imaginaire s’impose !

Leadership féminin Un changement d’imaginaire s’impose !

Dans notre imaginaire collectif, la notion de leadership est encore fortement associé au masculin. Pourtant, il devient inconstatable et presqu’indéniable que la place de la femme en tant que leader dans bien des domaines est une réalité.

Par Joly Andres*

Le leadership au féminin a su se construire et se frayer une place dans nos sociétés occidentales, nos entreprises et même nos politiques. Ce sujet désormais d’actualité, soulève non seulement la question du leadership des femmes de manière générale, mais plus spécifiquement de celles issues de la diversité, qui reste encore en marge et qui nécessitent aujourd’hui un coup de projecteur.

Le monde est en pleine transformation, le contexte de crise socio-économique pousse la société vers une remise à plat de ses modèles de développement organisationnels, fonctionnels…classiques. La multi-culturalité et la diversité sont des réalités qu’il n’est plus possible de nier et/ou d’ignorer dans ce contexte de mutation. Plutôt que de les reléguer en second plan, et si on les considérait autrement, c’est-à-dire, simplement à leur juste valeur ? Autrement dit, comme de réelles forces et vives qui pourraient être pleinement intégrées dans le paysage managérial qui se construit autour de nous.

En effet, cette différence représente une réelle opportunité et pourrait contribuer à redessiner le modèle « classique » de leadership qui a démontré ses limites par l’exclusion d’un partie de managers potentiellement viables, mais mis à l’écart parce qu’ils ne rentraient pas dans certains cases de par leur origines, leurs couleurs, leur cultures etc. En un mot, leur différence. Toutefois, paradoxalement reconnus pour leur expertise. Il est encore peu commun de voir au sommet managérial non seulement des femmes, mais des femmes issues de la diversité pourtant si présentes dans la base de la pyramide.

Pourtant, en regardant l’hexagone, on ne peut passer à côté de ce que je surnomme, l’héritage « multiculturel » de l’histoire de la France ; une population issue du brassage des peuples et très diverse mais non représentée au niveau du top management. Développer un leadership avec des femmes issues de cette diversité consisterait à favoriser la différence, pour une meilleure intégration des peuples et des cultures. En développant des leaders,  qui selon moi, permettraient d’exploiter les différences pour en faire des forces.

Etre différent ne devrait aucunement être considéré comme un frein au leadership, mais bien au contraire, devrait être un facteur favorisant ce leadership principalement à deux niveaux :

D’une part, par la société (l’entreprise, les politiques…etc) qui doit s’approprier tous ces éléments différenciant d’accepter d’être déstabilisé dans ses schémas de leaderships. Accorder aux femmes les mêmes droits de réussite que les hommes par l’accès aux mêmes niveaux de postes de management. Franchir le plafond et les parois de verre imposé qui contrairement à leur confrères masculins ne permettent pas aux femmes d’aller au bout de leurs ambitions.

Sheryl Sandberg, directrice des opérations de Facebook depuis 2008, auteure de « Lean in Women, work and the will to lead » souligne dans son ouvrage le fait que les femmes progressent à tous les niveaux sauf à celui des postes à responsabilité. Le constat est similaire dans les entreprises, notamment en France, où les femmes progressent moins que les hommes, et bien moins encore, les femmes issues de la diversité. Les écarts de salaires restent encore considérables entre les deux sexes, à poste, diplôme, âges équivalents, les écarts de salaires représentent environ 24%.

D’autre part, devenir leader nécessite de se prendre en main, en assumant sa différence et ne pas se laisser enfermer dans la victimisation qui selon moi est la posture de facilité qui conduit inextricablement vers une impasse. Prendre en main son leadership réside dans la capacité à développer le marketing de soi et le networking, qui selon moi, sont des outils indispensables à la puissance du féminin.

Il n’existe pas de différences notoires dans la façons de diriger, mais on peut toutefois noter quelques caractéristiques propres au leadership féminin, notamment dans la prise de risque et la gestion des conflits, la prise en compte des émotions, qui sont autant d’éléments à prendre en compte et ce à tous les niveaux de la société.

Et peut-être que là aussi, l’Afrique devance la France : des femmes ont été élues de plusieurs pays du continent, Ellen Johnson Sirleaf, au Libéria ou Joyce Banda au Malawi sans oublier, si l’on remonte plus loin dans l’histoire, ces femmes qui ont été à la tête de grands empires, de la reine de Saba à Cléopâtre en passant par Ndaté Yalla Mbodggj, grande guerrière du royaume Waloo (Nord-Ouest du Sénégal) qui n’a pas hésité à défier le colon Français. Méconnues de l’histoire, de nombreuses femmes ont été cheffes de tribus dans des sociétés beaucoup plus matriarcales qu’on le croit. En France, on en est encore loin.


 

Par Joly Andres*
* Auteure d’A la conquête du bonheur professionnel », Juin 2017, Le livre actualité éditions (Maison Hachette), Joly Andres, membre du réseau Women In Networking, est une active militante contre les discriminations des femmes issues de l’immigration à des postes stratégiques au sein des grands groupes.

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