• INTERVIEW « Les Rencontres Africa, un challenge énorme, logistique, technique et humain »

INTERVIEW « Les Rencontres Africa, un challenge énorme, logistique, technique et humain »

Du 2 au 6 octobre se tiendront les Rencontres Africa. Une manifestation voulue comme un partenariat entre les entreprises françaises et africaines. Et pour leur seconde édition, elles auront lieu dans trois villes du continent, Abidjan, Tunis et Nairobi. Une première. Le commissaire général, Marc Hoffmeister, nous en livre les enjeux.

Apres une première édition, il y a un an à Paris, les Rencontres Africa reviennent avec une innovation majeure : elles se tiendront en Afrique. Une demande des partenaires africains ? 

Quand il est parti des Rencontres Africa l’année dernière Daniel Kablan Duncan qui était à l’époque Premier Ministre de Cote d’ivoire, aujourd’hui Vice-Président du pays, nous a dit « vous ne pouvez pas dire que vous faite une manifestation de rencontre entre la France et l’Afrique sans venir en Afrique ». Il venait de passer deux jours sur notre manifestation à rencontrer des chefs d’entreprises et des personnalités économiques, nous avons relevé le challenge et nous lui avons promis d’y réfléchir. En réunissant nos partenaires tout le monde a été d’accord pour tenter l’aventure. Nous voilà donc partis au mois de décembre dernier pour faire les Rencontres Africa en Afrique. Mais l’Afrique c’est grand ! Nous avons décidé de faire alors trois manifestations en une semaine de mobilisation intense des chefs d’entreprises Français comme Africains. Nous avons opté pour Abidjan pour l’Afrique de l’Ouest, Nairobi au Kenya pour l’Afrique de l’Est et Tunis pour l’Afrique du Nord. Un challenge énorme, logistique, technique et humain. Car c’est la plus importante manifestation économique jamais organisée sur le continent africain. Plus de 300 dirigeants français se déplaceront et plus de 2000 dirigeants africains, répartis sur les différentes étapes de la manifestation.

La vocation de ce forum est précisément de repenser le partenariat franco-africain. Depuis un an, quels ont les actes posés en vue de ce renouvellement ?

Tout d’abord nous avons conçu la manifestation totalement comme un partenariat. Les autorités et acteurs africains sont impliqués à part égales dans la conception de la manifestation et dans le choix des thèmes. Nous réunissons depuis six mois des comités de pilotage dans chacun des pays. Nous nous sommes donc placés à l’écoute de l’Afrique et nous n’avons pas imposé nos vues et nos concepts. En intégrant de nombreuses initiatives de nos partenaires. Par exemple Africa France  a conçu une opération innovante qui sera lancée à l’occasion de la manifestation : « les Young leaders ». 20 jeunes dirigeants  africains à fort potentiel auquel l’association va ouvrir les portes de tous les milieux d’affaires les plus fermés… Proparco a décidé de fêter son 40ème anniversaire en Afrique à Abidjan …

Comment s’est fait le choix des trois villes, Abidjan, Tunis et Nairobi pour accueillir les rencontres ? Tunis, plutôt que Casablanca interpelle. Sachant que les Marocains ont déjà leur propre évènement, le Forum Afrique développement porté par Attijariwafa, ils ne souhaitaient peut être pas s’associer à ce projet concurrent d’une certaine manière…

Si le choix d’Abidjan s’est fait de façon naturelle en réponse à l’invitation ivoirienne, les autres villes ont fait l’objet d’un choix qui résulte d’une enquête faite auprès des visiteurs de 2016. Les résultats ont abouti à ce choix, à savoir Abidjan, Nairobi et Tunis. Il faut dire que le Maroc attire déjà de nombreuses manifestations est n’est plus une découverte pour beaucoup d’entreprises.

Justement vous indiquiez à Tunis inviter les partenaires publics et privés tunisiens à s’associer à leurs homologues français pour aller conquérir de nouveaux marchés sur le continent. Comment être alliés sans être concurrents? La question se pose notamment  pour les Marocains, devenus premiers investisseurs étrangers en Afrique francophone, supplantant ainsi la France…

Je crois profondément à ce partenariat Europe Méditerranée Afrique, d’abord par ce que je le vis en tant qu’entrepreneur et à travers les entreprises que nous accompagnons soit dans notre fonds d’investissement soit par notre accélérateur. La complémentarité est réelle avec les pays du Maghreb et c’est à partir de là que nous pénétrons les marchés africains. Parfois pour des raisons très mercantiles : pour contrer les offres chinoises il faut être capable de faire une partie à moindre coût et les pays du Maghreb nous font gagner en compétitivité. Parfois pour des raisons d’ordre relationnelles et multiculturelles : on ne se dit pas les mêmes choses entre Français et Africains et entre Maghrébins et Africains.

En ce qui concerne Nairobi, un choix plus que stratégique, la France a plus qu’intérêt à se positionner en Afrique de l’Est où Nairobi joue se rôle de hub. Pas simple ceci dit … 

Oui on a beaucoup à faire en Afrique de l’Est où l’on n’est pas attendu, et la position du Kenya comme un hub est tout à fait adéquate. La réponse côté kenyan pour la manifestation a été très bonne,  notamment de la part du patronat kenyan, le Kepsa qui s’est beaucoup  impliqué. Ce sera la première fois qu’autant d’entreprises françaises se déplaceront au Kenya et c’est un bon signe de l’appétit de nos entreprises à se développer sur la zone.

La situation politique dans le pays ne risque-t-elle pas d’entraver le déroulement de la rencontre ? 

Non en aucun cas. Le pays est calme, nous avons confiance dans le déroulement démocratique.

Le Kenya montre un très bel environnement pour les investisseurs et les entreprises françaises qui ont des projets. Le timing est parfait, car nous sommes avant les élections présidentielles qui comme vous le savez ont été invalidées et on peut saluer la maturité kenyane dont la tradition démocratique est récente. Je ne pense pas qu’il y ait à craindre quoi que se soit pour le business dans les prochaines semaines, c’est en tout cas l’avis des autorités françaises.

Concrètement, qu’elles sont vos attentes quand à cette seconde édition ?

Nous attendons de cet événement des débouchés concrets en terme de partenariats commerciaux entre chefs d’entreprises français et africains. La mission première des Rencontres Africa est de générer du business aux participants chefs d’entreprise ! La manifestation à également pour objectif de créer un écosystème pratico-pratique facilitant l’accès aux marchés africains grâce à la mobilisation de l’ensemble de nos partenaires et exposants. Enfin, nous avons à coeur de sensibiliser et mobiliser sur des sujets cruciaux pour l’avenir du continent, comme la formation, la ville durable, l’agriculture, le numérique ou encore la santé.

Qu’est ce qui nous attend l’année prochaine, retour en France ?

Oui retour en France l’année prochaine où nous ferons la troisième édition des Rencontres Africa, début octobre 2018, qui s’annonce comme un évènement exceptionnel et avec beaucoup d’innovations …


 Propos recueillis par la rédaction, à Paris.

 

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