• Interview exclusive : « Notre pays est stable ! »

Interview exclusive : « Notre pays est stable ! »

En août prochain, se tiendront les prochaines élections électorales au Kenya. Un scrutin perçu comme un test pour le pays, en plein essor économique mais qui a connu dans le passé des épisodes post-électoraux houleux. Un passé révolu à en croire Ken N. Osinde, directeur de cabinet du président du Kenya, de passage à Paris, pour qui le modèle kenyan est solide. Avec une croissance supérieure à 5% et 1,4 milliards d’IDE en 2016. Interview exclusive pour ANA. 

Propos recueillis par Dounia Ben Mohamed

 

Le Kenya figure parmi les pays les plus attractifs du continent avec une croissance supérieure à 5% et 1,4 milliards d’IDE en 2016. Mais l’élection présidentielle d’août prochain apparait comme un test de la solidité du modèle kenyan ? 

Le Kenya est une démocratie. Comme toutes les démocraties, elle renouvelle son gouvernement lors d’élections présidentielles. Cela ne change en rien l’attractivité du pays. Cette élection ne concerne que la classe politique. Et il n’y aucune incidence à craindre sur l’environnement des affaires. Parce que tout politicien s’est engagé à faire en sorte que ce scrutin électoral se déroule selon les règles prévues par notre constitution et dans la sérénité. A ce titre nous sommes vraiment confiants. Nous avons désormais un système de sécurité opérationnel qui assure la paix dans notre pays. Ce qui va faire qu’on va passer cette étape d’août sans heurt. Notre pays est aujourd’hui stable, nous avons une constitution et des institutions solides et notre gouvernement, mon gouvernement, mené par le président Kenyatta, a tenu ses responsabilités et à mis en place les réformes nécessaires pour consolider notre démocratie. Et le scrutin d’août le prouvera.

En termes économiques, vous vous positionnez comme le hub d’Afrique de l’Est. Mais vous avez des challengers, le Rwanda, le Kenya, l’Ouganda … 

Ne vous inquiétez pas de nos challengers. Tout le monde veut progresser. Pour nous, là où nous mettons le focus, c’est sur notre feuille de route, on maintient le cap de la croissance.  Nous croyons en notre modèle, et en notre positionnement. Nous ne sommes pas en concurrence avec nos voisins. Nous évoluons ensemble et nous avons fait de notre région l’une des plus compétitives du continent.

Votre feuille de route c’est la vision Kenya 2030. A mi-parcours, quel bilan dressez-vous du chemin parcouru ? 

On me demande souvent : pourquoi 2030 ? Qu’est ce qui va se passer en 2030 ? C’est simplement un cap. Celui vers lequel nous voulons tendre. Parce qu’il faut se fixer un cap, une vision, et des objectifs. Nous, en l’occurrence, c’est de figurer parmi les nations émergentes à l’horizon 2030. Pour cela, nous avons mis en place des réformes, et lancer des chantiers dans les infrastructures. Nous avons fait du port de Mombassa le hub portuaire de l’Afrique de l’Est. Nous avons mis en place des zones économiques spéciales et un cadre favorable pour faire des affaires.

A ce propos, le Kenya est souvent décrié pour la corruption, omniprésente, et qui pollue l’environnement des affaires… 

Le problème c’est que ceux qui parlent de corruption n’en ont eux-mêmes jamais été victimes. Le fait est que notre gouvernement a mis en place une politique de tolérance zéro vis-à-vis de la corruption. La démocratie et la méritocratie sont en pratique aujourd’hui au Kenya. Notre constitution assure la protection des biens et des personnes. La stabilité est là, garantie par la constitution, et nous avons créé les autorités et les institutions pour accompagner les investisseurs et protéger leurs investissements. Mais avant tout, ce dont nous sommes le plus fiers, c’est des hommes et des femmes qui composent ce pays. Le Kenya c’est 45 millions de personnes. Parmi lesquelles les personnes les mieux formées de la région et même au-delà. Parce que nous avons fait du capital humain notre priorité, notre principale richesse. C’est ce qui a donné des succès comme celui de M-Pesa. Les investisseurs qui s’implantent chez nous n’ont donc pas besoin de faire appel à des expatriés, ils trouvent toute la main d’œuvre dont ils ont besoin dans le pays, y compris la plus qualifiée. Et c’est la raison pour laquelle nous avons un secteur privé très dynamique et performant. Les investisseurs internationaux peuvent ici trouver les partenaires nécessaires pour développer leurs activités.  La loi sur les partenariats publics-privés est là. Et pas seulement à Nairobi, il faut saisir les opportunités qu’offre notre pays sur tout le territoire national. Les infrastructures sont là ; les hommes. La seule question qu’un investisseur doit se poser c’est pourquoi il n’y est pas encore. Il ne faut pas investir au Kenya demain… mais hier !


Auteur : Dounia Ben Mohamed // Photo : Ken N. Osinde, directeur de cabinet du président du Kenya © Ken N. Osinde

 

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