• Gambie : faible croissance en 2016

Gambie : faible croissance en 2016

L’économie gambienne a connu une année 2016 difficile. Sur fond de crise politique, elle s’est développée à un taux plus lent. En raison de l’impasse laissée par le président sortant et donc par la dégradation concomitante des principaux  secteurs de l’économie.  Le ministère des Finances et des affaires économiques, de ce petit pays d’Afrique occidentale, est largement revenu sur les perspectives de croissance dans son communiqué de presse, alors que le nouveau gouvernement du Président Adama Barrow passait ses cent premiers jours dans le bureau.

D’après le ministère, en 2016, l’économie gambienne a enregistré une croissance de 2,2 %, contre 4,3% en 2015. Résultat des chocs qu’ont subi les principaux secteurs de l’économie –notamment l’agriculture et le tourisme. Conjugués à de mauvaises performances des entreprises publiques. La dette publique affiche ainsi un chiffre record d’environ 108% du PIB. Lourde tâche donc pour le nouveau gouvernement que de redynamiser chacun des secteurs tout en proposant des réformes pour la gestion de sa dette.

L’économie doit être plus productive

Pour le Dr. Matarr Njie, économiste et conférencier à l’université de Gambie, le gouvernement du précédent président a trop compté sur ses partenaires étrangers pour gérer le pays. Comme il le rappelle, exhortant ainsi la Gambie a une meilleure productivité : « Si l’Union européenne apporte son appui budgétaire, notamment au sortir de la crise, nous devons pourtant avoir une économie beaucoup plus productive ».

Par exemple, l’agriculture – qui est le moteur principal du pays et qui contribue à 20% du Produit intérieur brut (PIB) en faisant vivre 80% de la population – est restée en deçà de ses possibilités pendant des années. En cause,  de mauvais rendements et de mauvaises techniques. Mais, surtout, le secteur a été terriblement négligé pendant le long règne de l’ancien Président Yahya Jammeh, ne lui permettant pas de se moderniser autant que nécessaires.

Second secteur phare, le tourisme. Victime lui aussi de la crise politique. Si le pays reste une destination très populaire – où les touristes sont les principaux pourvoyeurs de devises et d’emplois  –   les hôtels gambiens sont passés d’un taux d’occupation de 95% avant la crise pour n’être aujourd’hui qu’à 25%. Cette industrie a donc essuyé des pertes de revenus de l’ordre  de 200 millions de dollars, pour environ 30 à 35% de chiffre d’affaires évaporés en 2016.

2017 : des réformes pour soutenir la dette et la croissance 

Pour le nouveau gouvernement, « la dette publique est un sujet d’inquiétude avec plus de 60% de la dette émise par des bons du Trésor à des taux d’intérêt trop élevé ». Le ministère l’explique à la fois par des enjeux fiscaux et inflationnistes : « au cours des dernières années, les efforts de mobilisation des ressource a mené à l’augmentation significative de l’impôt, cependant cela n’a pas suffi à éponger le niveau croissant des dépenses – et ce particulièrement sur la période 2014 à 2016. L’inflation a également repris en 2015, atteignant près de 8,9% en 2016 ».

C’est pourquoi, le jeune gouvernement a annoncé de nouvelles réformes pour soutenir la croissance.  Tout d’abord, la restructuration de la dette publique, et la réduction du coût d’intérêt de cette dernière sur le budget. En outre, des projets de défiscalisation pour les financements externes, et ce en conformité avec le cadre macro-économique souhaité pour la nouvelle stabilité du pays. Aussi, le budget 2017 de l’État se donne pour objectif de réduire les dépenses de 1% du PIB, dès cette année. Enfin, le gouvernement souhaite restructurer les entreprises d’État et effectuer un audit sur le poids réel de sa fonction publique. Autant de mesures pour favoriser la reprise.


Auteur : Momodou L JAITEH // Président Adama Barrow © DR

 

Vous pourriez aussi aimer

Actualité

Les 100 qui font l’Afrique

Réalisée par notre partenaire Financial Afrik, voici la liste 2016 des 100 personnalités qui contribuent à la transformation du continent, au regard de l’impact de leurs idées, de leurs activités,

Actualité

La BAD fixe cinq priorités pour la croissance de l’Afrique

La Banque Africaine de Développement (BAD) a réuni environ 3 000 délégués à Lusaka, en Zambie, autour des grands axes en vue de permettre au développement économique de l’Afrique. Cet

Actualité

Forum africain d’Alger, Premier coup d’essai

Malgré quelques couacs, le forum africain d’Alger, qui s’est tenu du 3 au 5 décembre dans la capitale algérienne, marque un tournant pour le pays : son retour sur le continent.