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Francophonie Les couleurs de la stratégie économique et numérique

Vert, bleu, mauve, gris… La Francophonie décline son action en autant de couleurs que compte l’arc en ciel pour relever le pari de la transition économique et numérique. Une stratégie présentée à l’occasion de la deuxième édition des Journées de la Francophonie économique et numérique (JFEN) organisée à Paris le 14 septembre dernier.

 

« Nous avons voulu inscrire cette édition sous le signe des couleurs de l’espace francophone. » Dès son discours d’ouverture Kako Nubukpo, directeur de la Francophonie économique et numérique, instigateur des JFEN, qui se tenaient le 14 septembre dernier à Paris, peint le tableau. Ainsi, le vert pour une économie qui tient compte des enjeux du développement durable et de la préservation de la nature ; bleu pour celle qui tend à tirer profit des ressources des fonds marins sans nuire aux écosystèmes ; mauve pour les activités à développer autour de la culture ô combien créatrice de richesse et de valeur ajoutée ; transparente pour le numérique et toutes les nombreuses révolutions qu’il entraîne ; jusqu’au gris pour l’intelligence humaine. Une feuille de route colorée qui dessine les actions à venir de la Francophonie économique et numérique.

Née des conclusions du Sommet de Dakar de 2014, au cours duquel les chefs d’Etat et de gouvernement ont voulu doter la Francophonie d’une stratégie économique, était ainsi présentée au cours de la seconde édition des JFEN. Préambule à la prochaine conférence de la Francophonie qui se tiendra à Lomé en novembre prochain sur le thème : « Les économies nouvelles, bleu grise et verte, nouveaux moteurs de croissance ». « A l’heure où les inégalités s’accroissent dans le monde où le vivre ensemble pose problème, où l’insécurité devient lourde dans nos quotidiens, la recherche de solutions idoines est un véritable impératif pour nous tous, rappelle l’économiste de formation Kako Nubukpo. Quand on parle de recherche et de stabilité, on ne parle pas d’une petite élite francophone qui perpétue un système d’économie de rente d’un autre temps avec une absence  de prise en compte de l’intérêt général. Nous pensons au contraire aux dizaines de millions de jeunes et de femmes qui doivent se battre pour survivre dans un contexte de violence économique et politique souvent insoupçonné. »

Les jeunes et les femmes, plus que jamais priorité des actions de l’OIF et par conséquent de sa stratégie économique, seront également au centre du discours de la secrétaire générale de l’Institution, Michaëlle Jean, qui leur dédiera cette journée.

« Ce marché commun mérite d’être mieux valorisé et exploité, d’être plus dynamisé et structuré. »

« Votre présence, très nombreuse à notre invitation confirme, s’il fallait encore le démontrer, l’attractivité, l’immense potentiel que recèle l’espace Francophone en matière économique. » Ceci étant dit, la secrétaire générale qui arrive en fin de mandat cette année, tâchera toutefois de le démontrer, chiffres à l’appuie. « Quelles sont nos forces ? La langue française, troisième langue des affaires ; 84 États et gouvernements sur les 5 continents ; un immense vivier de forces vives ; un marché de plus de 800 millions d’habitants rien que dans nos pays membres, sans compter les pays observateurs, une part importante, donc, du commerce mondial. Les faits sont là, notre espace foisonne déjà d’échanges économiques, mais ce marché commun, – et c’est ainsi que nous devons nous penser désormais -, mérite d’être mieux valorisé et exploité, d’être plus dynamisé et structuré, à l’aune des spécificités qui sont les nôtres. » La Francophonie c’est aussi, ne manquera-t-elle pas de souligner, un bel exemple de solidarité entre les États membres, parmi lesquels des « pays riches, industrialisés, membres du G20, du G7, des pays qui tracent résolument leur chemin vers l’émergence, (…) des pays moins avancés, mais qui ont néanmoins beaucoup à offrir et à réaliser ». A ce titre, elle poursuit, afin de « tordre le coup à certaines idées reçues » en soulignant les performances économiques de l’espace francophone, se référant au dernier rapport de la Banque Mondiale, en Afrique notamment. « Pour la quatrième fois en 5 ans, l’Afrique subsaharienne francophone a réalisé les meilleures performances économiques du continent. Cet ensemble de 22 pays a, en effet, enregistré une croissance globale de 3,7%, tandis que le reste de l’Afrique subsaharienne affichait un taux de 0,8%. En Afrique de l’Ouest, les pays francophones de l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaines (UEMOA) ont enregistré une progression globale supérieure à 6 %. »

«  L’objectif de cette irruption de l’économie dans les priorités de notre Organisation est clair : aider à accélérer la croissance de nos pays » 

Meilleure résilience aux chocs exogènes, amélioration du climat des affaires, avancées en matière de bonne gouvernance ; diversification des économies… Autant de facteurs qui contribueraient à cette embellie, et qui confirme la pertinence, du virage économique amorcée pour l’OIF. « L’objectif de cette irruption de l’économie dans les priorités de notre Organisation est clair : aider à accélérer la croissance de nos pays en renforçant les capacités et les compétences, sécuriser l’environnement des affaires, en soutenant l’entrepreneuriat et la création d’emplois, en valorisant les filières stratégiquement diversifiées, en identifiant l’offre et la demande pour activer les chaînes de valeur, en favorisant l’innovation et la création d’emplois qualifiés et pérennes pour les jeunes et les femmes. Tout cela aidant : pour plus de stabilité, plus de cohésion sociale, plus de synergies constructives, tant à l’échelle locale, nationale, régionale, qu’interrégionale. » Admettant que l’espace francophone n’a pas encore pris la place «  légitime » qui lui revient dans la mondialisation, elle invite ses pairs à «  relever avec la plus grande volonté et la plus grande confiance les nombreux défis qui se posent encore dans notre espace à l’instar du reste du monde. » Et l’urgence, compte tenu des défis qui restent à surmonter pour éradiquer la pauvreté, les inégalités de genre, les déficits en matière d’infrastructures, d’énergie, et autres, conclura-t-elle, « est de faire de la jeunesse un dividende, de faire des femmes, également, un autre précieux dividende. »

« Nous voulons affirmer haut et fort que notre monde sera solidaire où ne sera pas. »

Et Une fois n’est pas coutume, la première plénière de la journée sera justement consacrée aux femmes, habituellement reléguée en fin de conférence ou à des ateliers parallèles. Sur le thème « Qu’elle stratégies et plaidoyers pour un accompagnement efficace de l’entreprenariat des femmes? », la discussion se veut être un préambule à un autre Rdv majeur de la Francophonie, à Bucarest, ‪du 31 octobre au 2 novembre, consacré à l’entreprenariat féminin. Suivront des échanges sur la culture, l’impact du numérique ou encore… Les fondamentaux de la nouvelle stratégie économique de l’OIF qui vise à, rappellera Kako Nubukpo, porter un «  message de démocratie, de justice sociale et économique au monde. Nous voulons affirmer haut et fort que notre monde sera solidaire où ne sera pas ! » De belles promesses qu’il faudra décliner en actions fortes et concrètes. C’est tout le défi de cette nouvelle feuilletée route de l’OIF. Aussi belles soient ses couleurs, restent à leur donner vie.


Par Dounia Ben Mohamed, à Paris

 

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