Ouagadougou Un pari gagné pour le président Emmanuel Macron

En décidant d’aller prononcer son discours à l’Afrique, au Burkina Faso et plus particulièrement à l’université Ouaga 1 Pr Joseph KI-ZERBO, le président Français Emmanuel Macron s’est engagé dans un pari risqué qui finalement a été gagnant et pour lui, et pour les relations entre la France et le Burkina Faso.

S’adresser à la jeunesse africaine à partir de Ouagadougou. Le pari était risqué pour le président Emmanuel Macron. Et pour cause, une partie de la jeunesse burkinabè qui a réussi la prouesse de mettre fin au pouvoir du président Blaise Compaoré en fin octobre 2014, voit en la France, un pays colonisateur et impérialisme, soutien du président déchu. La preuve, à quelques heures de l’arrivée ce lundi 27 novembre 2017 à Ouagadougou du président Français, des étudiants par un acte symbolique ont déclaré avoir débaptisé l’avenue Charles de Gaulle qui longe le mur de l’université Ouaga 1 Pr Joseph KI-ZERBO, en boulevard Thomas Sankara. Dans la journée du mardi 28 novembre 2017, peu avant l’arrivée du président Macron à l’université, plusieurs étudiants protestaient au sein du Temple du Savoir, à l’appel du mouvement Deux heures pour Kamita et de l’Association nationale des Etudiants (ANEB-Ouaga). C’est donc sur un terrain pas conquis que le président Français Emmanuel Macron a posé le pied pour s’adresser à la

jeunesse africaine pendant une heure 45 minutes. Dans le jeu des questions-réponses, il a accepté répondre au de-là des quatre questions initialement prévues qui n’a omis aucune des questions taboues. L’orateur a séduit l’auditoire en face de lui qui l’a régulièrement applaudi.

Dossier Thomas Sankara

«Sur le sujet de l’assassinat de Thomas Sankara, compte tenu des délais, les archives sont aujourd’hui disponibles et ouvertes en particulier à la justice burkinabè. Pour les documents couverts par le secret de défense nationale, ces documents seront déclassifiés pour la justice burkinabè. La justice burkinabè aura donc accès à tous les documents concernant l’affaire Sankara».

Extradition de François Compaoré

«Pour ce qui est du cas de François Compaoré, il a été interpellé le 29 octobre dernier à son arrivée sur le territoire français. Son interpellation est le résultat d’une coopération exemplaire entre nos justices qui sont toutes deux indépendantes. Il a été placé sous contrôle judiciaire. Il lui est interdit de quitter le territoire français. Il doit se présenter régulièrement à la police française. Les autorités burkinabè ont fait parvenir rapidement une demande d’extradition. Il appartient donc à la justice française de prendre cette décision. Pour ma part, je ferai tout pour faciliter cette décision».

Le cas du FCFA

«La France n’est pas le maitre du FCFA. Elle en est le garant. C’est un choix des Etats membres de la zone FCFA. Personne n’oblige quelque Etat que ce soit, en être membre. Si le président Kaboré décide demain: ‘’je ne suis plus dans la zone Franc’’. Il n y est plus!».

L’assassinat du Colonel Kadhafi

«Président de la République française, je n’aurais pas soutenu l’intervention en Libye. Je ne crois pas aux solutions militaires quand elles ne s’inscrivent pas dans une vision diplomatique et une solution politique construites sur le terrain». Interpellé sur sa présence dans un amphi construit par le défunt leader de la Libye, le président Emmanuel Macron l’assume. « On m’a dit, ici c’est un amphithéâtre marxiste et panafricain ! Donc je me suis dit, c’est peut-être l’endroit où je dois aller pour m’exprimer».

Concernant les images sur l’esclavage ayant cours en Libye

« J’ai profondément été choqué par les images atroces que nous avons vues qui sont des images de traites humaines et d’esclavagistes contemporains. La France condamne avec force ce qui est un crime contre l’humanité».

De la nécessité de se tourner vers l’avenir

Le président Emmanuel Macron a invité les jeunes burkinabè et africains à arrêter de se ressasser le passé sans jamais vouloir en sortir. «Ce n’est pas le discours contre la colonisation qui donnera une

éducation, un travail, un avenir, de l’espoir à la jeunesse du Burkina Faso comme à celle du reste de l’Afrique», a assuré Emmanuel Macron. Pour l’avenir, il a relevé des défis qui s’imposent au continent africain. Le défi de l’immigration, du terrorisme, des conflits politiques, de l’extrémisme religieux, de la démographie et des changements climatiques. Des défis pour lesquels, la France se tient aux côtés des pays africains en tant que partenaire, pour les relever. Le chef de l’Etat français a aussi pris des engagements notamment celui de financer la construction d’une maison des jeunes à Ouagadougou. Elle rassemblera, selon son vœu, campus France, France volontaire, des instituts de recherches, un incubateur pour les jeunes créateurs d’entreprises, tout ce qui est à destination de la jeunesse et qui lui permettra de réussir, d’étudier, d’entreprendre, de se projeter. Il souhaite que la maison soit inaugurée le 14 juillet prochain.


 

Par Ibrahima SANOU

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