• Côte d’Ivoire Hausse de la production de cacao de 28%

Côte d’Ivoire Hausse de la production de cacao de 28%

Ambiance morose pour la 4è édition des Journées Nationales du café et du cacao (JNCC), qui se tenaient ce week-end à Abidjan. Malgré une hausse de la production de 28%, un prix d’achat garantit maintenu à 700 F/Kg, la filière se remet difficilement de l’impact des chutes cours sur les marchés mondiaux.

Par Issiaka N’GUESSAN, à Abidjan

La 4è édition des Journées Nationales du café et du cacao (JNCC), qui se tenait du ce week-end sur le site de la Caisse ivoirienne de stabilisation des produits agricoles (Caistab) à Abidjan, s’est tenue “dans la sobriété”, selon les organisateurs. Après des années fastes, la JNCC, qui se veut la vitrine du “made in Côte d’Ivoire”, est à l’image de la filière cacao. En plein tumulte. Et c’est dans ce contexte qu’Yves Koné a pris les rênes du Conseil Café-Cacao, qui faisait son baptême de feu lors des JNCC. L’ingénieur agronome, ancien du Conseil café-cacao, diplômé de l’Ensa (Ecole Nationale supérieure d’agronomie, Yamoussoukro) succède à Massandjé Touré-Litsé, emportée par la chute des cours et une perte sèche de 43 milliards de FCFA de l’Etat. Même si le prix bord champ d’achat du cacao ivoirien a été maintenu à 700 F/Kg pour la campagne 2017-2018. De quoi rassurer les producteurs. En partie…

Production toujours en hausse

En dépit donc de la chute des cours mondiaux qui a impacté la commercialisation interne, ramenant le prix d’achat bord champ de 1100F/Kg à 700 F, la production 2016-2017 s’est établie à 2 015 113 tonnes contre 1 568 304 tonnes en 2015-2016, une hausse de 28.49% pour des exportations de 1 926 371 tonnes, une hausse de 23.31%. Preuve selon  Lambert Kouassi Konan, le président du conseil d’administration du Conseil Café cacao, l’institution qui encadre la filière, que, « la réduction du prix n’a nullement entamé l’enthousiasme et l’ardeur des producteurs. »

Impact de la chute des cours

« La chute des prix l’année dernière a été très compliquée et continue d’être compliquée pour les producteurs. Quand il n’y a pas d’argent sur le terrain, ceux qui disposent d’un peu de cash spéculent véritablement avec les producteurs. Les gens arrivent toujours à passer dans les mailles du filet  pour venir proposer des prix dérisoires aux producteurs » soutient Obed Blondé Doua, producteur de Man, président du syndicat de tout travailleur agricole de Côte d’Ivoire.

Il précise que « cette rentrée scolaire est particulièrement difficile pour le monde agricole qui met en  garantie la parcelle de cacao pour 50 000F parce que les planteurs ont des impératifs à régler. Les gens ont commencé par vendre par usure les productions parce qu’ils ont besoin de cash pour vivre. C’est cela l’incidence négative de la chute des prix ».

Nouveaux défis

« Faisons l’effort de cultiver l’épargne » a recommandé Coulibaly Siaka Minayaha, Directeur de cabinet du ministre Mamadou Sangafowa Coulibaly.  Alors que l’année 2018 ne devrait pas voir une amélioration des cours, l’alternative reste à augmenter le taux de transformation locale du cacao, pour atteindre les 50% de la production nationale.


 

Par Issiaka N’GUESSAN, à Abidjan

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