• Conférence Bloomfield Investment, l’Afrique notée par elle-même
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Conférence Bloomfield Investment, l’Afrique notée par elle-même

Pour sa première édition, la conférence « Risque-pays » de l’agence Bloomfield Investment Corporation s’est tenue à Abidjan le 6 avril. L’occasion d’évaluer le produit « Côte d’Ivoire »… L’Afrique plus généralement. Selon le concept introduit par Bloomfield : porter un regard africain sur les Africains.

Moteur de la croissance en zone francophone, mais ayant connu de vrais soubresauts sur son front intérieur, la Côte d’Ivoire est un formidable cas d’étude pour valider la méthodologie de Bloomfield Investment Corporation, première agence de notation panafricaine. L’occasion en était donnée le 6 avril pour la première édition de la Conférence « Risque-pays » Bloomfield Investment Corporation.

Quand Stanislas Zézé créé l’agence de notation Bloomfield Investment Corporation en octobre 2007 – une première dans l’espace francophone –  qui opère aujourd’hui en Afrique de l’Ouest et du Centre ainsi qu’en Afrique anglophone avec un bureau à Nairobi – Bloomfield Investment Corporation, à l’instar des agences internationales de notation fait des « opérations ponctuelles d’évaluation de risque. » Mais la nouveauté réside dans un regard porté par les africains sur les africains, en proposant des analyses alternatives aux agences historiques telles que Moody’s. Avec ici, l’exemple de la Côte d’Ivoire : « Jusque-là, les rapports sur l’Afrique venaient de l’extérieur » précise M. Zézé.

Une pratique innovante

« L’évaluation du risque de crédit n’est pas une pratique courante pour les marchés financiers africains alors que partout dans le monde les investisseurs ont recours à la notation financière pour mesurer leur exposition au risque de défaut des émetteurs de titres » rappelle Bloomfield Investment. Comme l’explique son PDG « le risque pays, est une cartographie qui va permettre aux investisseurs d’avoir une idée sur le potentiel d’investissement d’un pays. Cela passe par le climat des affaires, les performances macroéconomiques, l’environnement sociopolitique, tous ces facteurs qui vont déterminer l’attractivité… Mais, il faut que  les africains aient le courage de parler de leurs faiblesses car reconnaître ses faiblesses, c’est créer une opportunité pour le développement. L’objectif n’est pas de caresser. »

Une différence d’approche

Et quoique les méthodologies divergent des agences occidentales, les notations n’en demeurent pas plus complaisantes. Par exemple, la Côte d’Ivoire, dont le rapport était soumis à l’audience pour la conférence, obtient une notation « risque-pays » de 6,1/10. Mais si Moody’s note la perspective du pays à BB, pour Bloomfield la note est revue à A2 – car là où l’agence américaine évalue la capacité de remboursement en devises, tenant ainsi compte du risque de change, Bloomfield évalue la capacité de remboursement en Franc CFA. Une façon de raisonner sur des enjeux propres à la zone UEOMA pour Stanislas Zézé : « Chez Bloomfield, nous partons d’analyses empiriques et non de scoring. Nous prenons en compte des critères qualitatifs, dont la culture… et nous intégrons aussi que le coût de l’emprunt de Côte d’Ivoire est trop élevé par rapport à sa notation. »

Une notation contrastée

Pour Bloomfield, la Côte d’Ivoire a donc encore des efforts à fournir pour améliorer ses perspectives. En cause : un contexte socio-militaire à pacifier et hérité de la réintégration des rebelles, des tensions sur le marché du cacao premier contributeur du PIB, la nouvelle constitution à mettre en œuvre avec sa réforme profonde des institutions, une dette de 45% du PIB à mieux maîtriser…

Toutefois, aucun de ces domaines ne doivent faire oublier les qualités macro-économiques du pays – telles que sa croissance à 9%, ou encore sa place de leader en zone UEOMA pour qui elle contribue à 35% du PIB. Constat positif donc que l’on partage chez Bloomfield : « le risque pour la Côte d’Ivoire est faible » – comme chez Moody’s : « La Côte d’Ivoire est le seul pays qui a eu une augmentation de sa note sur les deux ans passés dans notre agence… » confirme Aurélien Mali, lead Moody’s sur la notation de Côte d’Ivoire.

En attendant, RDV dans six mois pour la prochaine conférence « Risque-pays » de l’agence Bloomfield Investment Corporation dans une autre capitale africaine.


 

Auteur : Issiaka Nguessan // Photo : Stanislas Zézé lors de la conférence © Issiaka Nguessan

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